Voir obligation
voir la ruine d'une propriété, n'est pas explicite sur l'état des autres. Mais le document même, en son entier, ne proclame-t-il pas assez haut le besoin d'argent dont elles souffrent? Et ce ne sont pas surtout des petits possesseurs qui se jettent avidement sur la manne impériale, ce sont des grands. Et les grands propriétaires qui s'engagent ne sont pas seulement quelques individus isolés parmi les Veleiates, ils tiennent tous les grands domaines des pagi de l'ouest. C'est toute la terre qui est obérée ; c'est à toute la cité que l'empereur oiTre son aide pécuniaire. Il nous reste à étudier sous quelles formes et dans quelles conditions.
bi: Pachtkhi;.
LA PROPRIÉTÉ ET L'INSTITUTIOiN ALIMENTAIRE.
L'ENGAGEiMENT GLOBAL ET LE TAUX DES VERSEMENTS IMPERIAUX.
L'inscription de Veleia olfre à l'étude une riche collection de chiffres. Chaque propriétaire y fait une déclaration d'ensemble, puis de détail, sur la valeur des biens qu il engage. Il reçoit de l'empereur une somme globale, répartie ensuite sur chaque fonds ou groupe de fonds de son domaine. Il importe de retrouver les règles de cette comptabilité et le sens des chiffres qu'elle manie.
Un premier examen porterait à décourager de cette tentative. Si le détail des versements distribués sur les terres se totalise exactement, sauf quelques erreurs, en une somme égale à celle qui fut assignée à chaque propriétaire, il est bien rare que l'addition donne les mêmes résultats quand on l'opère sur le prix des fonds. Enfin, il n'est aucune relation visible des valeurs engagées à l'argent reçu, qu'il s'agisse de l'obligation d'ensemble ou des obligations particulières. L'anarchie semble maîtresse parmi tous ces chiffres.
Elle ne peut être pourtant qu'une apparence qu'il faut chasser. L'inscription est trop correcte dans sa tenue générale pour qu'on la suppose négligée dans ses comptes. Les calculs sont trop longs pour n'être pas nécessaires, trop précis souvent pour n'avoir pas volonté d'exactitude, trop exacts, en l'une au moins de leurs séries, pour n'avoir pas en tout leur détail le même souci. Bref, un document financier, aussi public, ne peut mentir à son aspect. Il faut donc en présumer l'intelligence et la rechercher patiemment parmi tous ces nombres.
En toute équité, il convenait d'abord que l'argent assigné par l'empereur à l'institution fut partagé entre les propriétaires au prorata des valeurs pour lesquelles ils s'obligeaient. Or, si l'on dresse la liste par ordre d'importance des sommes globales engagées et qu'on place en regard la liste des versements impériaux