‹ La Tache Rouge, volume 1Chapitre 78 sur 86 · AU · texte numérisé non relu

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serait une absurde calomnie, mais il y aurait aveugle ment à contester l’innombrable quantité de ruines pro À A voquées par le patient et froid calcul des intendants infidèles. ‘ae

Et dans la haute vie parisienne, qui n’est plus tout à 7

. fait le grand monde, maïs qui le remplace, vous trouveriez, sans beaucoup chercher, de magnifiques positions pécuniaires (et mêmes politiques) auxquelles on prête pour origine première le savoir-faire de l’intendant, le savoir-sucer de la sangsue !

Depuis vingt-cinq ans et plus, Toussaint Chauffour d’abord, puis Chauffour père et fils, chargés non-seulement de gérer les biens des deux familles, mais encore

LI de liquider les indemnités de Saint-Domingue et de l’émigration, fournissaient de l’argent à toute réquisition

et proposaient périodiquement de rendre leurs comptes.

|. Mais on ne voulait que de l'argent; à quoi bon compter?

« L'intégrité puritaine de ces Chauffour et leur dévoue-

, ment profond avaient passé en proverbe.

+ sis grandissaient d’ailleurs, et c'était par pur obligeance qu'ils continuaient d’exercer leur mandat.

Justement à l’occasion du mariage d’Adèle, il arriva

que les deux maïsons de Saint-Pierre et de Thiais furent

6 obligées d'examiner un peu leur situation pour régler

les intérêts respectifs des époux dans le contrat. Ce fut

comme si un bandeau tombait de leurs yeux. Dès que

à. On. |

leur regard pénétra dans ce dédale de comptes désormais inextricables, ils restèrent frappés de terreur. k

Deux circonstances principales ressortaient de l’examen : la première, c’est que les Chauffour, déduction faite des indemnités touchées par eux, se portaient créanciers de sommes considérables; la seconde, c’est que M. le comte et M"° la comtesse de Saint-Pierre d'Agave s'étaient attribué, sauf règlement ultérieur à intervenir, la presque totalité de l'indemnité de Saint-Domingue, que la marquise Constance devait partager par moi- «SO

Celle-ci passait pour une pauvre tête, ancienne jolie femme dans toute la force du terme, ne sachant ni penser ni compter. Quand elle s’étonna pour la première = fois de l’énorme différence qui existait à son sens entre les sommes versées par les Chauffour et celles qui ressortaient à leur crédit, on accueillit ses observations par un sourire.

Les dissipateurs, en effet, n’ont jamais conscience exacte de l’argent qu’ils ont dévoré. IIS croient qu'on leur redoit : c’est dans toutes les comédies.

Mais le comte Raymond Lamiral de Thiais, qui faisait è valoir ses terres de Bretagne, savait du moins aligner ÿA les chiffres d’une addition. Non-seulement il fut de l'avis de la marquise, mais encore il établit lui-même, et sans l’aide d’aucun homme de loi, un contre-état de si- P.

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