TE
| face de nous au moment où la première figure començait.
— 5 e ne vous ai pas bien compris tout à l’heure. Les | Bretons sont timides, n'ayez, pas piur " moi. Toutes
res. Ce n’était pas une réponse, c'était une supplication tun aveu. Je RAR, je ne saurais plus dire en M
en
Es
Mes deux mains se joignirent malgré moi, et je balbutiai :
— Puis-je espérer que vous me pardonnerez ?
La figure de la petite femme était à peindre pendant qu’elle écoutait cela.
— Pauvre grand enfant, murmura-t-elle, comme tu es bon et comme elle doit t'aimer!
— Pour réponse, continua Raymond, je n’eus qu’un regard qui pénétra jusqu’au fond de mon cœur. La contredanse était finie, Angélique me quitta pour rejoindre sa mère.
Esther vint me trouver au bout de quelques minutes et me dit :
— Aux innocents les mains pleines. Vous pouvez vous en aller, je vous attends chez moi demain matin.
Dehors, il faisait une pluie battante, je revins à pied sans m’apercevoir que j'étais trempé jusqu'aux os. Je courais comme up fou dans la rue, une joie extravagante * me faisait bondir le cœur. Je ne voyais plus d'obstacles au-devant de moi, ou plutôt je me sentais de force à briser tous les obstacles. Angélique ne m’avait rien dit, mais dans son sourire il y avait pour moi de si douces paroles!
Quand mes camarades me demandèrent gaiement le lendemain des nouvelles de mon fameux bal, il me sembla qu’ils violaient une chose sainte, et je mis une telle
AA mr Rouck: Ce
udesse à je repousser que jamais on ne me reparla de l'hôtel d’Agave.
Je courus chez Esther aussitôt que l'heure le permit. ans Rerquer je croisai encore une fois M. le baron
—M. de Saint-Brix, j'ai le plaisir de vous rencontrer bien souvent.
Je ne pense pas que ce fût une provocation; entre sa * position et la mienne il y avait pour cela trop de distance. En tout cas, je ne répondis même pas, tant il m'inspirait une profonde indifférence; je continuai de . monter l'escalier quatre à quatre pour arriver plus vite chez Esther, où j’espérais que le ciel allait s'ouvrir pour # moi.
Qu’avait-elle à me dire? de quel délicieux message
était-elle chargée ?
, *- Esther me reçut avec cet air moqueur qui était son |" accueil ordinaire depuis quelque temps.
— Quand je pense, me dit-elle, que vous êtes pauvre comme Job et que c’est vous pourtant qui m’aurez donné mon hôtel, mes châteaux, mes équipages et mes diamants ! Je vous dois bien quelque chose pour cela, et je vais payer ma dette. Vous avez produit sur notre chère
les historiettes de M. Berquin. J'ai vu des pendules en
+ poupée l'effet d’un héros en carton, comme il y a dans
FASSEREREEE =
doré mat, du temps de la Restauration, où il y avait des . couples d’amoureux presque aussi candides qu’elle et vous. Quand elle est venue me trouver après la contretredanse, elle m’a ‘dit en rougissant : « Comme il ést drôle ce jeune homme!»
Dans la bouche des ingénues ce moi signifie toute sorte de choses; j’ai voulu savoir laquelle de ces choses Angélique prétendait lui appliquer.
Angélique n’a lu qu’un roman, et encore je crois que ce roman est de la comtesse Athénaïs, qui possède tous les talents.
Dans ce roman, voyez si vous êtes né coiffé, Raymond! il y a précisément un jeune fou qui s’introduit chez sa belle sous un nom d'emprunt; seulement le jeune fou du roman de M”° la comtesse n’est pas un étudiant, mais bien un-berger, et je suppose que sa belle est pour le moins princesse.
— Mais que vous a-t-elle dit Esther? m’écriai-je, car elle me mettait à la torture. è
— Je suis en train de vous le rapporter, répliqua-t-
berger du roman écrivait à la princesse de jolies petites . pensez qu’il osera m'écrire ?
Elle s'interrompit pour ajouter: du bout des lè- | vres:
RP, LA TAGE Rouge à à"
elle; Angélique a vu en vous son berger; et comme le *
lettres bien fades, Angélique m'a dit : Est-ce que vous *
ui raconter, vous pouvez prendre la Se - Et vous lui feriez parvenir ma lettre? deman-
: pi de la fille du prince de la chaumière du RP
ant que dure le jour, le berger regarde la princesse à vers les arbres; mais quand la nuit ramène l’ombre
c’est comme cela que parlent les livres de -
traverse sans bruit le jardin, et va déposer furtivement
: a le “balcon À de la princesse une lettre de quatre pa-
x ME nherel
à “explosion de sie”
— Elle vaut mieux que vous ne croyez, reprit Ray- L L]
I Lure r em ee
mond, mais son sarcasme glacé m’indignait comme
“vous, et je sortis de chez elle décidé à n’y point remettre
* es pieds. Seulement je me ravisai, et je revins dès le
: soir même avec une lettre dans ma poche. Esther était , ‘ ju |
A F. # … d'humeur moins impitoyable; elle m’expliqua qu’Angé-.
æ < er lique, tout en la traitant avec amitié, gardait supérieu- ; su A
D CE à € 2 ln IN
ment s sa idistines et Sofhscrait irès-probablement un. message d'amour apporté par elle. j . += 11 faut redevenir un enfant puisque vous aimez une SE
enfunt, ajouta-t-elle, c’est votre première punition. Dieu
Ve UT
veuille que vous n’en ayez pas d’autres !
]1 faisait nuit noire. Sa fenêtre donne au-dessus d’un Ée petit toit qui descend en pente douce jusqu'à un mètre de à. jardin de l'hôtel. s a Je priswette route, qui n’était pas bien dangereuse : $ } physiquement parlant, mais qui m’exposait à de sérieux |
. périls en cas de surprise; je traversai les bosquets, et à ï a l'aide d'un berceau en treillage qui semblait fait ex-.
“À pi ès, j j'allai déposer ma lettre sur le balcon d’Angélique.
Du — Et vous répondit-elle ? demanda maman Marquis
. non Sans émotion. F 4 We —— Pas par écrit, répliqua Rayitond, et comme je ae men plaignais un jour à Esther, celle-ci me dit que dans le roman de la comtesse, la fille du prince avait gardé
Îa même réserve vis-à-vis du berger. Seulement il y avait une confidente qui apportait à l’humble amoureux les sensations éprouvées par la princesse à la lecture de . ses lettres. Esther n’était pas tout à fait la confidente * d’Angélique, mais elle m’apprit, toujours en riant eten. Er qu'Angélique ART à moi sans cesse et fre ce
“ par moi hier soir avant de partir pour le bal de l’O-