‹ La taille dans les villes d'AllemagneChapitre 12 sur 24 · Comparer aux villes de Hollande, ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Comparer aux villes de Hollande, ci-dessus, p

rité avec la coutume française l'empêche : d'évaluer exactement l’allemande. à | |

Dans les cas de Bâle et d’Augsbourg, nous nous trouvons clairement en face de deux exactions : premièrement, l'ancienne taille annuelle, qui dans le cours des années était devenue fixe et était partagée avec le Vogt ; deuxièmement, un supplément de circonstance, établi pour satisfaire aux besoins exceptionnels de l'évêque et n'étant pas inclu dans le jus advocati lors du premier accord passé entre les deux parties. Car tant que le seigneur avait le droit de taxer ses sujets aussi souvent qu'il le jugeait nécessaire, une définition de ces aides spéciales ne devait pas être de rigueur. Mais les droits. de cette espèce disparurent peu à peu dans les villes à partir du douzième siècle ; et au treizième ils tendaient à devenir surannés même dans toute une partie des districts . ruraux. En Allemagne comme en France, les aides accordées dans des cas spéciaux paraissent au moment de la disparition des exactions arbitraires !. Nous pouvons donc supposer que chaque fois que nous trou.ons le Bede extraordinaire, le Bede ordinaire avait cessé d'exister, ou qu'il avait été converti en une espèce de cens — ce qui offre une autre méthode pour évaluer les obligations des’ Reichsstädite. |

Exception faite pour les villes épiscopales, les rois d'Allemagne n'avaient pas fait preuve de grande générosité envers leurs villes, et sous Frédéric II la plupart de celles-ci étaient apparemment toujours sujettes aux traitements arbitraires. Et nous ne trouvons aucune preuve certaine, en cette période reculée, que le roi jouît d’un quelconque de ces.

1. Comme Zeumer en fait la remarque (p. 16), des Extrasteuern prélevés sur les districts ruraux apparaissent au treizième siècle. Le seul exemple d’une époque plus ancienne — celui de l’archevêque de Mayence: en 1183 (p. 9) — peut très bien ne se rapporter qu'à l’ancienne taille arbitraire. Pour des exemples d’autres villes redevables d’aides extraordinaires, voir Zeumer, p. 32. |

{r9] LA TAILLE DANS LES VILLES D'ALLEMAGNE CL

revenus extraordinaires que les rois de France obtenaient alorsde leurs villes et-que les roisd’Angleterre avaient perçus depuis un siècle !. Après l’Interregnum, cependant, la situation changea complètement. Grâce à la rivalité entre les factions rivales et à la désorganisation du gouvernement, les villes parvinrent à obtenir de Rodophe de Habsbourg la considération qui leur avait été continuellement refusée sous le règne des Hohenstaufen. Pour la première fois, la limitation de la taille devient fréquente dans les chartes des Reichsstüdle ; et même en l'absence de telles chartes, la coutume doit avoir aboli, pour la plupart des villes, ce que les exactions pouvaient avoir conservé d’arbitraire ©. Car Rodolphe, dans les nombreuses occasions où ses ressources ordinaires ne lui suffisaient plus, fut forcé d'entrer en négociation avec les villes pour l'octroi de contributions spéciales.

1. Zeumer (p. 100 et suiv., et dans Historische Zeitschrift, LXXXE, p. 24 et suiv.) donne un récit détaillé de la politique royale envers les villes ; mais en dehors des documents cités nlus haut, il ne se base sur presque rien que les renseignements vagues et douteux des chroniqueurs. Ces derniers nous montrent les rois recevant à l’occasion de l’argent d’une ou deux villes ; mais il est impossible de dire en vertu de quel droit. Les sommes qu'ils reçurent des villes épiscopales sembleraient avoir été de la nature des aides extraordinaires, tandis qu’il n'y avait pas lieu de supposer que celles qu'ils obtenaient des Reichsslädle proprement dits fussent autre chose que ce qui était dû régulièrement nomine precarie. . Quant aux Heersteuern, il est bon de se rappeler que la même situation existait en Allemagne comme en France. Normalement, une ville devait à son seigneur le service militaire ; mais les chartes municipales réduisaient très souvent cette obligation, de telle sorte qu'il était difficile de se rendre compte jusqu'à quel point le seigneur pouvait subslituer de l'argent pour des hommes. Von Maurer, Geschichte der Stüdteverfassung in Deutschland (Erlangen, 1869-71), I, p. 482 et suiv. ; Moyen Age, art. cilé, p. 292. En 1238 Frédéric II ordonna la levée sur toutes ses villes d’Allemagne d'une precaria pro müitibus conducendis (Zeumer, dans Historische Zeitschrift, LXXXI, p. 42), mais à défaut d’autres renseignements, il est inutile de méditer sur les rapports que cela pouvait avoir avec la taille ordinaire. Certes, même si c'était distinct de celle-ci, ce n'était pas un précédent pour la plupart des impôts de Rodolphe.

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