Zeumer, p. 132-36 ; Redlich, p. 4gr
5. Zeumer, p. 1375-38 : Redlich, p. 493; Annales Sindelfingenses dans Monum. Germ., SS., XVII, p. 306.
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3h CARL STEPHENSON [32]
À partir de ce moment, il n'y eut plus d'opposition aux demandes royaleset, comme Zeumer l'a très bien dit, ce fut l’heureuse idée de réunir un parlement de délégués municipaux qui sans aucun doute produisit ce changement. Rodolphe de Habsbourg apparaît donc eomme le fondateur réel de la représentation du Tiers Etat en Allemagne. Celui qui connaît les développements similaires en France et en Angleterre, ainsi que les documents mentionnés plus
‘ haut, attribuera naturellement sa politique à la nécessité
d'obtenir des villes leur consentement à l'impôt !. Mais si les paysans et les bourgeoïs allemands avaient déjà été soumis depuis plusieurs siècles à un véritable système de taxes d'état, comment une telle nécessité pourrait-elle se produire? Si les Beden au treizième siècle étaient encore consi-
dérés comme des impôts publics légitimes, pourquoi les
princes qui en héritaient le bénéfice auraient-ils dû ruser et marchander pour obtenir quelques subsides ?
Avant d'essayer de répondre à ces questions, examinons s’il est besoin de se les poser. Que savons-nous réellement
de l’ancienneté et de la nature de l’exaction connue en
France sous le nom de taille et en Allemagne sous celui de Bede ? Ni l’un ni l’autre ne se rencontre avant le onzième siècle ; mais c'est l'avis général que l'institution doit avoir existé antérieurement ?. D’après Waitz, qui a reçu l'appui de Flach, la taille prit naissance dans les contributions pré-
: levées par la noblesse franque sur les petites gens soumises à
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son autorité ; et dans les sources plus récentes, elle reste essentiellementun droit de seigneurie privée et qui frappait principalement les serfs 3. Comme nous l'avons déjà
1. K. F Fichhorn énonça cette idée au commencement même du dix-neuvième siècle, Deutsche Staats- und Rechtsgeschichle (4° éd., Gœættingen, 1834-36), IT, p. 471, HI, p. 245 et suiv.
2. Zeumer, p. 6 et suiv. ; Luchaire, Manuel des institutions françaises, p. 336. |
3. Ci-dessus, p. 19, n. 4, p. 20, n. 3; Flach, I, p. 340-144. Ce dernier cite un nombre considérable de preuves nouvelles.
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remarqué, cependant, Zeumer croyait que c'était une taxe
publique provenant de contributions volontaires et privées seulement à l'origine, tandis que Georg von Below nie qu'elle ait jamais été l’une ou l’autre !. Complètement différente de toutes ces opinions est celle que formule si éloquemment M. Henri Sée : la taille serait simplement un des aspects du servage personnel, la. marque de l’assujettissement de l’homme dépourvu de droits à la volonté arbitraire du seigneur ?. Cette théorie, qui est fondée sur les
idées légales de l'époque féodale, a du moins le mérite d’être
simple, mais elle présuppose l'existence du servage partout où l'on trouve la taille — et qui plus est, un servage descendänt en droite ligne de l'esclavage romain. Si même on admettäit ceci pour la France, en serait-il de même pour l'Allemagne ? D'autre part, ilest impossible d'établir, par les documents connus, la moindre continuité entre les exactions si vaguement énoncées de la période carolingienne et la taille subséquente. |
Mais quoique nous désespérions de résoudre le problème
des origines, nous pouvons cependant avoir une conception
fort claire de la taille telle qu'elle se présente dans les docu-
ments du douzième siècle. Dans les chartes municipales de
tous les pays où nous avons poussé notre étude, elle apparaît comme une chose dont les bourgeois essayent de se débarrasser ; c'est t une obligation rurale, jugée incompatible avec leur état. A côté de la taille, nous trouvons, il est vrai, plusieurs droits qu'on pourrait appeler publics, tels que le service militaire, l'hospitalité obligatoire, et l’administration de la justice ; mais ceux-ci avaient été détenus par de simples nobles pendant des générations et étaient tout autant propriété privée que les redevances serviles que les chartes abolissent également.