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[r9] LA TAILLE DANS LES VILLES D ALLEMAGNE 21
enseignent à propos de la taille dans les villes du Rhin. L'étude sérieuse de cette question commença en 1878 par là publication des premières recherches de Karl Zeumer, Die deutschen Stäüdtesteuern !, travail admirable dans lequel non seulement les obligations des villes pendant tout le. moyen-âge, mais aussi la nature et l’origine du Bede rural étaient étudiées avec Le plus grand soin. On peut dire que bon nombre des conclusions auxquelles il était arrivé sont demeurées inattaquables, notamment celles qui concernent l'identité d’origne entre le Bede dans les villes et dans les campagnes, le fait qu'il constitue une charge distincte du cens ou du remplacement. ‘du service militaire, enfin les modifications qu’il subit par suite de la lutte des villes pour leur autonomie. D’après Zeumer, peu de villes allemandes . en furent entièrement libérées, mais la plupart obtinrent le droit de traiter conjointement la question du Bede et au treizième siècle reçurent très souvent l’autorisation de ne payer qu’une somme annuelle fixe 2. Zeumer remarqua éga-
lement, mais sans pouvoir l'expliquer d'une manière satis-
faisante, qu'à côté des Beden réguliers et annuels, ilen existait d’autres d’une nature exceptionnelle $.
Ici, comme ailleurs, l'embarras de Zeumer résulte de
. l'idée qu'il s'était faite sur la nature de Bede à son origine.
Suivant en ceci l'exemple de Waitz, il le fait sortir des dona ou steora qui sont mentionnés dans les chartes franques comme étant les obscurs boni des comtes et
autres dignitaires, aides volontaires dont profitaient ces
personnages en l'absence d'impôts publics officiels 4. Mais'il croyait trouver une preuve nouvelle de la nature non-arbitraire du Bede à l’origine dans le mot lui-même, forme dia-
. Dans G. Schmoller, Slaals- und sOCIANUESSERSCRATINERE Forschungen, 2. Zeumer, p. 18 et suiv.
3. Ibid. p. 16 et suiv., 30 et suiv., 49 et suiv. 4. 1bid., p. 5 ; Waïitz, IV, p. 106 et suiv., 171 et suiv. :
RE
lectale de l'Allemagne du Nord pour Bille, qui se traduit littéralement par petilio ou precaria et qui est l’exact équivalent de Sfeuer dans le dialecte de l'Allemagne du Sud !. Comme Waitz, Zeumer pensait que le Bede pouvait avoir été au début un droit privé; mais que dans la suite, lorsqu'il apparaît pour la première fois sous ce nom, il se trouve lié pour quelque raison à l'administration de la justice et, quoi-
que considéré pendant quelque temps comme illégal ou extra-
légal, prend peu à peu l’aspect d’un impôt public régulier, devenant ainsi le fondement sur lequel s’établirent toutes les taxes de la fin du moyen-âge. |
Cette conception, quoiqu'elle ait été rejetée par Waitz
‘dans son dernier livre 5, a plus récemment été reprise et
considérablement développée par Georg von Below, qui
‘prétend que le Bede ne fut jamais un droit privé, mais du
commencement à la fin un Zwangsbeitrag, un impôt public qui, dès son origine, fut le monopole du Landesherr ou de son ancêtre le comte carolingien, et qui ne tomba finalement en mains privéesque par suite d’aliénations #.
Celui qui, par hasard, rencontre cette théorie du Bede — obligation honorable du classique homme libre allemand — ne penserait guère à identifier cet impôt et la taille vulgaire
1. Zeumer, p. 3-4, 36 et suiv. On peut ajouter que Sfeuer semble avoir voulu dire à l’origine un bâton ou une perche, et de là (métaphoriquement) soutien ou aide.