‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 10 sur 74 · VIGNOBLE DE L'ERMITAGE · texte numérisé non relu

VIGNOBLE DE L'ERMITAGE

Le vignoble de TErmitage, d'une faible étendue, est compris dans le département de la Drôme ; il donne des vins dignes de figurer parmi les premiers crus de France. Perraud, 3*« édit. 3

C'est grâce à son sol, à son ctiinatel surtout à son cépage spécial, la PeliteSyrah, que ce vignoble a acquis sa grande et légitime réputation.

Avant l'emploi des vignes grelTées, le provignage était ici, comme en Champagne et en Bourgogne, une opération essentielle permettant l'entretien indéfini du vignoble. Mais on le pratiquait d'une façon difTérente. La souche, couchée au fond d'un provin de 70 à 75 centimètres de profondeur, était à peu près complètement déracinée. De chaque côté de la fosse, on redressait les sarments laissés sur le cep, qu'on taillait à 3 ou 4 yeux au-dessus du sol. La fosse était ensuite fumée et remplie

Fig. 19. Fii;. ao.

aux deux tiers (flg. lU). On établissait, chaque année, environ 800 fosses par hectare pour remplacer les pieds les moins vigoureux.

Le cep étant constitué, la seconde année et les années suivantes on ne conserve qu'un sarment de 4 à 5 yeux (lig. 20). Quelquefois on réserve, le plus bas pos-

sîble, un courson au-dessus duquel on ravale la souche quand elle est trop élevée (iig, i8). Les ceps sont munis d"échalas contre lesquels , on relève et on allache les rameaux de l'année On ébourgeonne et on effeuille quand la chose est nécessaire.

En somme, la laille de laSyrah, à l'Ermitage, présente d'étroits rapports avec celle qui est appliquée au Pinot en Bourgogne et en Champagne; la différence consiste seulement à choisir le plus souvent, pour arçon, le sarment le plus bas, au lieu de conserver pour cet objet le sarment supérieur comme on le fait dans ces contrées ; on évite ainsi l'allongement trop rapide de la souche.

Cette taille subit parfois de petites variantes. C'est ainsi qu'on laisse quelquefois un sarment de 4 yeux et au-dessous un courson de remplacement de 2 yeux, qui donne, l'année suivante, la nouvelle branche à fruit et

FiR. ai. Fig. aa.

le nouveau courson (fig. 22). De cette façon, la souche ne s'élève que très lentement.

En suivant la méthode ordinaire, malgré les précau-

'. cep monte rapidemeot, el au bout de peu d'an- 'aut le rabattre ou provigner.

çures 21 et 22 montrent la différence des résull'on obtient par ces deux systèmes de taille. On aisément quen conservant comme nouvelle à TruiL le deuxième ou troisième sarment de la I , la souche aura bien vite atteint le sommet de 5, tandis que la souche de la figure 22, rabattue année sur le courson, ne s'élèvera que très len-

mitage, les vignes sont munies d'échalas.

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