‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 14 sur 74 · VIGNOBLE DU PUY-DE-DÔME · texte numérisé non relu

VIGNOBLE DU PUY-DE-DÔME

D'une façon générale, la condoite de la vigne dans ce département comprend un coursonà bois etune branche à fruit.

A ia première taille, on rabat le jeune cep sur le sarment le plus bas, auquel on laisse 2 à 5 yeux, suivant la force de végétation. La figure 36 représente la disposition de celte taille d'où résultera, l'année suivante, la végétation indiquée par la figure 37. On a souvent des sarments assez vigoureux pour permettre de dresser la souche la troisième année.

Dans les milieux bien exposés, où le froid n'est pas à craindre, on conserve à la troisième taille le sarment le plus bas pour former la branche à bois appelée coûte' àClermont, clievillon à Dallet, que l'on coupe sur 2 ou 3 yeux. Le sarment médian constitue la branche à ruit nommée arquel quand elle est courbée en demi"

cercle, et vinouse quand elle reste droite. Le sarment le plus élevé est supprimé. La %ure 38 montre le résultat de cette taille.

Dans les lieux où Ton redoute les gelées, les souches sont dressées à 30 centimètres; dans ce cas, on conserve pour coutet le sarment médian, et pour arquet le sarment supérieur ; on supprime le sarment le plus bas (fig. 39).

Choisir pour branche à bois le sarment inférieur et pour branche à fruit le sarment supérieur est le principe sur lequel repose l'établissement de toutes les tailles suivantes. Quelquefois on laisse deux ou trois coursons ou deux ou trois verges sur la même souche.

Les branches à fruit sont généralement taillées, avec raison, plus longues dans les milieux bas exposés au froid. On a soin aussi, dans le but également d'éviter les gelées de printemps, de les laisser verticales et flottantes jusqu'après la période critique : ce sont là d'excellentes pratiques.

Fig. 40. — Taille à vinouse.

Fig. 41. — Taille à arquet.

Généralement, après la. plantation, chaque cep est muni d'un grand échalas de 2 mètres de hauteur. Pendant les premières années, on réunit ensemble qua-

tre échalas que l'on attache fortement et qui forment ainsi une pyramide très résislanle à l'action des vents.

Dis que l'on établit les verges ou vineuses, chaque cep est muni de deux éclialas réunis par leur sommet: l'un est planté au pied même de la souche, et l'autre, incliné par rapport au premier, est destiné à fixer la vinouse ou l'arquet. Les figures 40 et 41 rendent ces deux dispositions.

Toutes ces vignes sont d'une régularité parfaite pendant leur jeunesse ; mais, k mesure qu'elles vieillissent, on leur donne parfois des formes bizarres qui font contraste.

La figure 42 représente une souche déjàancienneayant un faisceau de trois échalas et deux arquets; certaines en ont trois. D'autres ont un, deus et trois coutets placés sans symétrie

Fig. 42. — Ancienne souche avec deux arquets.

Dans ce département, le Gamay, qui se contente d'une taille courte, à bras et à coursons, est dressé suivant la méthode ordinaire avec des longs-bois.

Le principe de cette méthode de taille est identique, comme on le verra, à celui du système Guyot II consiste à obtenir séparément et simultanément une belle pro-

duction de bois, ainsi qu'une récolle abondante, de là les dénominations de branche à fruit et de branche à bois données aux rameaux conservés suivant leur destination.

l-a branche à bois ou courson doit donner de beaux sarments de remplacement, parmi lesquels on choisira les nouvelles branches à fruit pour Tannée suivante.

D'autre part, en laissant un courson de retour au-dessous de la branche fruitière, on empêche la souche de s'élever trop vite. Mais, par négligence, on choisit trop souvent la nouvelle branche à fruit sur lancienrie au lieu de la choisir sur le courson qui perd ainsi sa véritable attribution.

En prenant vinouse sur vinouso, on obtient bientôt une souche trop élevée et une fertilité de plus en plus réduite. Le vigneron est alors obligé de rabattre le tout au-dessus du courson inférieur qui forme la nouvelle tête ; il perd ainsi les avantages de la taille rationnelle qui a pour but d'assurer une fécondité constante.

A part Tébourgeonnage, que Ton pratique d'ailleurs assez irrégulièrement, on fait soigneusement, dans le Puy-de-Dôme, une autre opération appelée chabannage. Appliquée également en Beaujolais et daùs d'autres vignobles, elle consiste à réunir au second relevage, à l'époque de la véraison, tous les pampres en faisceau audessus de Tcchalas, et de nouer, en les tordant ensemble en forme d'arc, les faisceaux de deux ceps voisins. Quelquefois on réunit simplement, en les contournant, les pampiesde chaque cep en formant des faisceaux séparés.

Celle opération remplace en quelque sorte le rognage et a pour but de refouler la sève sur les parties inférieures de la vigne.

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