‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 15 sur 74 · VIGNOBLE DU MAÇONNAIS · texte numérisé non relu

VIGNOBLE DU MAÇONNAIS

Le Maçonnais doit sa réputation, dans le commerce des vins, à la culture, on peut dire exclusive, de trois cépages seulement : le Gamay, le Pinot noir et le Pinot blanc Chardonnay.

Chacun de ces cépages comporte des modes de conduite et de taille différents.

Les Pinots blancs sont dressés sur deux ou trois cornes, terminées par un, souvent par deux, parfois par trois longs-bois, encore appelés queues dans le pays, avec ou sans courson de retour. Ces longs-bois sont repliés et attachés deux fois à des échalas, dont sont munies les souches pendant les quinze premières années, puis fixés ensuite à la souche elle-même.

Les Pinots noirs sont taillés à un courson de retour, à 2, 3 et 4 yeux, et à un long-bois ou verge de 6 à 10 yeux. Ce long-bois est aussi recourbé et attaché deux fois à un échalas placé à une certaine distance de la souche ; on met parfois, au pied de la souche, un autre échalas pour le courson de retour.

Les Gamays sont conduits en gobelet, avec deux, trois ou quatre cornes, portant chacune un courson taillé à 2 yeux, rarement à 3.

Nous décrirons, dans ce chapitre, la taille appliquée aux Pinots.

La souche est dressée sur deux membres, Tun qui porte le courson et l'autre la couronne^ plaine ou archelet (fig. 43).

Le plus souvent, on laisse de 2 à 4 yeux au courson et de 8 à 12 à la couronne.

La couronne, portée par un prolongement de la souche appelée traîne^ est courbée en forme de cercle et attachée à un échalas éloigné du cep.

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Dans quelques localités, la branche-courson est ellemême munie d'un échalas.

Fig. 43. — Souche de Pinot taillée.

La traîne se forme successivement par des reprises annuelles faites à chaque taille sur le sarment de la couronne en a ou b. Elle s'allonge ainsi jusqu'au moment où, faute de beau bois à son extrémité, on reprend la couronne sur le courson c; on la supprime alors en d.

Fi{?. 44. Fig. 45.

Fig. 44. — Première année de végétation. — Fig. 45. - Deuxième

année de végétation.

C'est là une taille bien sévère qui mutile les souches tout en diminuant leur durée.

Le Pinot blanc Chard nnay est conduit d'une façon différente. On ne taille pas la première pousse (fig. 44) Perraud, 3"« édit. 4

fit on obtient, la seconde année, une vigne présentant l'aspect de la ligure 43. A la lin de celle même année, on taille en a et 6, el, au commencement de la quatrième année, on ne laisse que le sarment c d (fig. 46); s'il est

Fis- 46. — Troisième année.

assez vigoureux pour former un long-bois ou queue, on le recourbe en lixanl son exlrémité dans la terre comme le représente la figure 47; sinon, on le rabat sur 2 yeux, et ce nest que l'année suivante que l'on établit la n de retour.

Fi;;. 41. — Souche taillée avec ijueue piquée en terre.

Sur le long-bois, on conserve, à la taille qui suit, un couisoii à 2 yeux sur le saimenl le plus bas et Une

queue nouvelle sur le rameau immédiatement supérieur ; on obtient ainsi une souche offrant Taspect de la figure 48.

Fig. 48. - Souclie taillée avec courson et queue.

Plus tard, quand la vigne a plus de vigueur, on lui donne deux queues et deux côts de retour. Chaque cep est alors muni généralement de deux échalas, enfoncés

Fig. 49. - Vieille souche taillée à deux coursons et deux queues.

obliquement et attachés par leur sommet, qui servent à fixer les queues et les nouveaux rameaux (fig. 49). Dans ce cas, le cordon se transforme en espalier.

VIGNOBLE DE l'ISÈRE

Dans l'nrroadissemenl de Saint-Marcellin (Isère), la conduile des vignes basses rappelle la culture de l'Ermitage : la souche est formée d'un membre unique surmonté d'un seul sarment qui est laillé. les premières années, sur 2 ou 3 yeux francs. Plus tard, on laisse 6 yeux à ce sarment, qui est alors recourbé et attaché à l'échalas qui soutient la souche. Comme les vignes s'élèvent rapidement, on réserve souvent un courson d'altenle pour le renouvellement de la souche par rabattage (lig. 50 et 51)

Taille des vignes basses à Saint- Marcel lin.

Dans le vignoble de la Côle-Saint-Andié, arrondissement de Vienne (Isère), on trouve surtout des vignes basses dont la culture rappelle encore celle de la Drôme.

Chaque souche, munie d'un prand échalas planlé à demeure, est monté, à '60 ou 40 centimètres sur une seule tige terminée j ar un seul sarment de 6, 7 ou 8' yeux que l'on recourbe et dont on ultache l'extrémité

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à Téchalas, au-dessous de la tête du cep, comme le montre la figure 52.

On ne conserve pas de coursonde retour; mais, d'une façon générale, c'est le premier œil de Tarçon qui donne toujours le sarment de Tannée suivante ; la souche s'élève ainsi moins rapidement.

Pendant le cours de la végétation, on relève les pampres et on les attache deux et même trois fois le long de l'échalas, avant et après la fleur, et aussi en août.

A Vienne, la vigne est conduite comme à Côte-Rôtie; les ceps sont munis de grands échalas que l'on réunit par leur sommet en faisceaux de trois : on a ainsi des séries de pyramides triangulaires.

Les souches ont chacune un courson à 2 yeux et une branche à fruit attachée Fig 52. - Taille

Dratifluéé* à la.

à un petit échalas obliquement fixé au Côte-S^-André. grand et que l'on appelle engarde; ce système de taille s'applique surtout au Viognier.

On trouve encore à Vienne le Gamay du Beaujolais conduit, comme dans ce dernier vignoble, en souches basses à trois ou quatre cornes, munies chacune d'un courson.

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