‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 30 sur 74 · VIGNOBLE DE L ALLIER · texte numérisé non relu

VIGNOBLE DE L ALLIER

Dans le département de l'Allier, aux environs de Moulins, les cépages à raisins noirs sont conduits très près de terre, sur trois ou quatre petites cornes, portant chacune un seul sarment taillé à I, 2 ou 3 yeux pour les cépages rouges. Parfois on laisse cinq à six cornes et, exceplionnellement, une verge piquée en terre. Les ceps sont en lignes distantes de 1 m. 30 environ et à 50 ou 60 centimètres dans la ligne ; ils sont rarement munis dechalas.

Les cépages à raisins blancs subissent une taille plus expansive; on leur donne quatre, cinq et six cornes, et on laisse de plus une ou plusieurs verges. Chaque cep comporte alors deux échalas destinés à recevoir les archets disposés à droite et à gauche du cep.

Dans certaines localités du département, on trouve

on-l'attaehe à la perchetle sans éborgner aucun œil. Aussitôt que celte tige, destinée à former une maîtresse branche, est établie, on réserve près de sa base un petit membre appelé boulet, qui doit porter tous les ans un courson à 2 ou 3 yeux pour produire des arckelets (lig. m).

Fig. 130. — Taille ilesvijîies en tonnelle.

Ces archelets, renouvelés chaque année, garnissentde raisins les flancs et les extrémités des tonnelles.

Successivement, on ajoute d'autres membres. A la taille, on réserve sur chacun d'eux un long-bois de 60 centimètres à 1 mètre. Ces verges attachées aux longrines, ou bien tendues par un osier qui les prolonge et va se fixer à la traverse opposée, couvrent le dessus des tonnelles qui sont ainsi complètement enveloppées de verdure et de raisins.

Les archelets des flancs sont parfois recourbés et leur extrémité est enfoncée en terre ; chaque année, ils sont supprimés et renouvelés par de nouveaux sarments pris sur le boulet.

Ce curieux procédé de culture, beaucoup trop compliqué, donne à la fois une végétation luxuriante et une frucliflcation abondante.

cultiver le sol et ne peut pénétrer dans la vigne que par enjambées.

Les deux premières années, la vigne n'est pas taillée ; la troisième, on la coupe sur terre; la quatrième, une tige est attachée à la longrine du kammerbaii et son extrémité est coyrbée et fixée horizontalement à cette longrine. L'année suivante, on établit deux branches à fruit disposées en espalier et portant chacune à leur base un courson de remplacement. Quelquefois, les vignes ont trois bras.

Les tailles en vert sont négligées. Dans le mois de septembre, on supprime l'extrémité des rameaux que Ton fait consommer en vert aux vaches ou que Ton fait sécher pour l'hiver. Les ceps sont éloignés de 60 centimètres à i mètre et les rangs sont généralement ai m. 50 groupés par trois, quatre et cinq, en formant des planches séparées entre elles par un fossé ou un espace libre de i mètre au moins.

Dans les intervalles et les carrés, on cultive des plantes fourragères, de sorte que la vigne est exploitée presque autant pour la production du fourrage que pour la production du vin.

Le principe de cette taille à longs-bois et coursons de retour est rationnel, mais les mauvaises dispositions usitées en détruisent tous les bons effets. D'ailleurs, l'établissement d'un pareil palissage est très coûteux, et, d'autre part, les façons à donner au sol ou à la vigne sont rendues très difficiles.

Rien ne serait plus simple que de substituer à cette méthode un système de conduite qui, en conservant les quelques avantages du kammerbaii, supprimerait ses nombreux inconvénients.

Tannée de la plantation, le plus convenable seul est conservé ; on le pince sur l'œil le plus rapproché du premier fil de fer dès quMl a dépassé ce dernier de la hauteur de 4 yeux. Si cet œil ne se trouve pas à 1 centimètre environ au-dessous de ce fil de fer, on le met en place rhiver suivant en abaissant ou en soulevant légèrement la souche, ainsi que nous l'avons déjà indiqué.

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Fifî. 132. — Espaliers à bras symétriques conduits d'après la méthode Rose Charmeux.

Tous les bourgeons anticipés, ou enlre-cœurs^ qui peuvent se développer à la suite de ce pincement sont supprimés dès qu'ils atteignent 1 à 5 centimètres de longueur. De cette façon, l'œil terminal pousse rapidement el donne un beau rameau, muni à sa base, à gauche et à droite, de 1 ou plusieurs yeux bien constitués.

Ce sarment est taillé immédiatement au-dessus de ces yeux, au printemps suivant, comme le montre la figure 133.

Parmi les rameaux qui se développent à ce point, on

ne conserve, de chaque côté, que le plus vigoureux et le mieux situé ; ce sont ces deux sarments qui formeront les deux bras du cep, en lui donnant la forme d'un T. Dès qu'ils ont atteint une longueur suffisante, on les palisse d'abord obliquement pour ne pas les casser, puis on les incline de plus en plus sur le fil de fer auquel on les fixe sans trop les serrer.

Ils sont ensuite pinces à 1 mètre environ de leur base, et tous les bourgeons stipulaires qui poussent sur leur parcours sont également pinces au-dessus de leur première feuille. En opérant ainsi, on obtient deux bras absolument symétriques et d'égale végétation.

Toutefois, on peut arriver à un résultat semblable par le moyen suivant qui con- Fig. 133.— Taille vient notamment dans le cas où Tun des

en vert avant deux sarments destinés à former les bras pourbut la formation des 2 serait supprimé par un accident quelques ^^"^^^"" conque. Le rameau vertical, au lieu d'être pincé comme précédemment, est maintenu dans toute sa longueur et accolé verticalement; les entre-cœurs qui se développent sur son parcours sont pinces au-dessus de la première feuille. L'année suivante, on le taille au-dessus de Fceil le plus rapproché du cordon. Dans le cas où cet œil serait ou trop haut ou trop bas, on le mettrait en place en opérant comme il a été indiqué.

Après la taille, tous les yeux du sarment conservé se développent ; à Tébourgeonnement, on ne garde que les trois ou quatre supérieurs. Le rameau de l'extrémité est

palissé verticale ment, puis pincé à 1 mètre de hauteur. Les rameaux inférieurs sont palissés obliquement et pinces à 50 ou 60 centimètres; ils donnent des raisins l'année même, ainsi que le sarment de prolongement. Pendant le cours de la végétation, on pince rigoureusement au dessus d'une feuille tous les bourgeons anticipés.

Au printemps suivant, dans le but d'obtenir des fruits, tous les sarments qui étaient palissés obliquement sont taillés à 2 yeux, et le sarment vertical est coupé aussi près que possible de sa base, au-dessus de 2 yeux opposés, qui devront former les deux bras de l'espalier.

Pendant le cours de la végélation, les deux rameaux fournis par ces yeux sont pinces à 1 mètre ou 1 m. 50, selon leur vigueur, et chacun des bourgeons fructifères, poussés sur les coursons réservés le long de la tige, est pincé au-dessus de la dernière grappe. Tous ces coursons sont radicalement supprimés l'année suivante, afin de permettre le développement des bras.

Ce procédé, qui arrive au même résultat que le précédent, retarde d'un an la formation de l'espalier. Mais l'un et l'autre sont préférables à l'ancien mode, qui consiste simplement à former le cordon en courbant le sarment immédiatement au-dessus de l'œil lemieux placé, dont on favorise ainsi le développement. Par ce moyen, en effet, le sarment recourbé reçoit toujours moins de nourriture que l'autre bras qui a toujours tendance à s'emporter, même après l'areure. L'équilibre del'espalier n'est, dans ce cas, que très difficilement obtenu.

Supposons maintenant la charpente établie en forme do T, quel que soit le procédé adopté. Au premier printemps suivant, les deux jeunes bras sont taillés au-dessus de 3 yeux apparents comptés à partir du point de bifurcation. Le premier œil, le plus rapproché de la lige, est situé au-dessous du sarment; il donne une pousse qui est supprimée lors de l'ébourgeonnemcnt. Le deuxième œil, situé en dessus, forme un rameau qui, taillé Pkrhaud, 3-* édiu SI

Tannée de la formation du T. On tire ainsi parti des vignes avant leur complet établissement qui demande, comme on le voit, beaucoup de temps.

Toutefois, si la vigueur des jeunes ceps le permettait, il serait possible d'aller plus vite et de dresser les cinq espaliets dans l'espace de deux ou trois ans.

Entrelien des coursons

La taille des coursons réservés sur les bras des espaliers ou des cordons, conduits selon la méthode de Thomery, exige beaucout) de soins pour retarder là formation de bras secotidâil'es. En principe, et d'utie façon générale, il faut, pour obtenir ce résultat, rapprocher le plus possible la taille de l'origine des sarments. C'est ainsi qu'en ne conservant, sur les rameaux destinés à former les coursons, que les 2 yeux inférieurs, on obtient le développement des sarments a et 6 (fig. 134) nés très près de la tige. \ la taille suivante, a est supprimé à ras du cordon et à forme le nouveau courson à 2 yeux.

Fijî. 134. Fig. 135.

Fiii. 136.

Fig 134. — Choix et taille d'un sarment destiné à la formation d'un courson.— Fig. 135. — Renouvellement d'un courson.— Fig. 136. — Souche norrtiale en espalier.

Ce dernier doit toujours être conservé sur le sarment le plus bas. Malgré cette précaution, il se forme, avec les années, sous chaque courson, un bras plus ou moins volumineux. Dès qu'un tel bras a (fig. 135) est nettement

indiqué, il faut provoquer, par une taille très courte, la naissance de rameaux sur le cordon même, et Ton choisit Tun d eux b pour la formation d'un nouveau courson. Le bras qui commençait à se former est radicalement supprimé en a. Une souche complètement développée, et traitée comme nous venons de l'indiquer, doit présenter l'aspect de la figure 136.

Dans les divers pays où Ton cultive le Chasselas, selon la méthode précédente, on n'apporte pas toujours àla taille tous les soins désirables; aussi n'est-il pas rare d'y rencontrer des espaliers offrant l'aspect de la figure 137. Ces souches, par suite d'une accumulation exagérée de vieux bois, perdent beaucoup de leur vigueur et de leur fertilité. Ces bras tortueux sont autant d'obstacles à la bonne circulation delà sève; il convient donc, lorsque par manque de soins on n'a pas empêché leur formation, de les supprimer en procédant au renouvellement des coursons. Nous avons indiqué de quelle façon cette opération devait être faite, nous n'y reviendrons pas.

Fig. 137. — Souche on espalier portant de vieux bras.

Lorsqu'une souche est trop vieille, on procède également à son rajeunissement. Pour cela, on supprime les vieux cordons jusqu'aux coursons les plus rapprochés de leur insertion dans la forme en espalier, et sur le cour-

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son le plus bas dans la forme en cordon. Les coursons résen'és produisent de vigoureux sarments qui sont le point de départ de la nouvelle charpente.

Opérations à faire pendant le cours du la végétation

Ebourgeonnemenl. — Souvent il naît à la base des coursons, el parfois sur la tige ou les cordons eux-mêmes, des rameaux sans fruit qui absorbent inutilement une partie de la sève el qu'il convient de supprimer. Cette opération doit se faire lorsque les bourgeons ont atteint une longueur de 10 à 12 centimètres; il suffit de conserver seulement sur chaque courson deux sarments, Tontefois, lorsqu'il exisie des gourmands à la base des coursons déjà longs, on doit réserver le plus convenable, qui servira au rajeunissement à la taille suivante.

Evrillage, pincement et palissage. — Une quinzaine de jours après rébourgeonnement, les viticulteurs de Thomery procèdent à Tonlèvement des vrilles et de tous les sous-bourgeons ou entr^'-cœurs poussés à la base des feuilles. Cependant, sur les vignes encore jeunes el très vigoureuses, ces derniers sont simplement pinces audessus de la première feuille, parce que, dans ce cas, une suppression complète pourrait provoquer le développement de bourgeons anticipés.

Le pincement de loos les rameaux conservés se fait en même temps, à 40 ou 43 centimètres, c'est-à-dire audessus de deux intervalles de fils de fer.

Quelques jours après cetle opération, on commence le palissage qui consiste à accoler les sarmenls contre le mur en les lixantauxfilsde feravecdujoncoude l'osier. Sur les cordons horizontaux, les rameaux des extrémités des bras, qui servent au prolongement, sont disposés obliquement; ceux des coursons sont plus ou moins inclinés de façon à garnir le mur le mieux possible. Sur les cordons verticaux, les deux ou trois rameaux de

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Lorsque les ceps ont atteint la hauteur désirée, ils sont

alors taillés chacun à deux crochets de remplacement et à deux branches à fruit, disposées soit en espalier, soit à angle droit (fig. 138). Dans ce dernier cas, l'angle que forment les deux bras d'un môme cep est opposé par le sommet à l'angle que constituent les bras du cep attaché au même tuteur.

Dans les anciennes plantations, la distance des ceps sur les rangs était de Fif?. 138. — Hau- 2 m. 06 et Técartement des rangs de 3 Pvrénëes.^" ^^ mètres. Actuellement, on plante au

carré à 2 m. 20 environ.

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