VIGNOBLE DES CHARENTES
Le vignoble des Charentes présente une grande diversité dans les systèmes de taille qui y sont usités. Bien que la conduite en souche basse et à coursons soit la règle générale, la vigne affecte, suivant les milieux, des formes qui varient depuis le gobelet ordinaire jusqu'à la souche aplalie sur le sol en forme de champignon.
Après la mise en place, les ceps sont rabattus au niveau du sol, sur 2 ou 3 yeux.
On ne taille géuéralement pas la première année; c'est, le plus souvent, au commencement de la troisième année seulement que l'on applique la première taille, rarement au commencement de la deuxième. La jeune souche présente une tête en buisson.
Pour celle première taille, on opère de deux façons: on conserve sur la souche une, deux ou trois branches, les mieux disposées, que l'on coupe à deux nœuds, et on supprime tout le reste, ou bien on tranche à ras terre la tête tout entière; ce dernier procédé, qui mutile le cep, est à rejeter.
La quatrième ou la cinquième année, on laisse trois ou quatre coursons pour former des bras.
A Cognac, les soucLes ont quelquefois de huit à neuf bras, mais le plus souvent de cinq à six, rarement quatre.
Daos es autres vignobles, le nombre de bras est moios
considérable; ainsi, à Barb«zieux. où l'on trouve encore des souches de sept à huit bras, la plupart nont que trois bras, et aux environs d'An^oulême on voit beaucoup de souches à deux bras et quelquefois même à un seul.
A Cognac, chaque bras porte un seul courson de 4 fi ô yeux pour la Folle- Blanche et de 2 ou 3 yeux pour le Balzac. La
„. .,„ ... , .,,. , iiaurel72 représente le Ivpe de
Co^'nac. laille de la Folle-Blanclie a six
bras et six coursons. C'est là
une taille généreuse qui explique le fort rendement que
l'on obtient dans c vignoble
Flg. 173.— Solicite avant !a laille à Barhezieux.
A Barbezieux, la taille est moins généreuse et plus irrégulière. On laisse moins de bras sur les souches et, quand on donne deux coursons au mênie bras, on les coupe plus courts qu'à Cognac, sur 3 yeux pour la Folle- Blanche et sur 2 yeux pour le Balzac (Og. 173 et lli).
A Angouléme, les anciennes vignes nont le plus s vent que deux bras et quelquefois un se 176). Aujourd'hui, dansles nouvelles planta plique à imiter, avec raison, ce qui se fait :
Fig. ni. — Souche lailléc à Barbczie
DansllAuni.", on fuit subir à la vigne 11 taille tout à fait particulier.
Soudies taiJJt'os à Angouléme.
Dans cetle région et dans quelques partii tonge, le gobelet est aplati, et la tête du ce ia réunion des bras, constitue uu disque in i la sunace du sol, presque sous terre, billons entre les rangées de vignes.
Pour obtenir une pareille souche, on tai
lous les sarments qui sorteat du collet. On a aÎDsi^cinq à six bras taillés à I œil, qui deviennent bientôt de gros tubercules, finissent par se toucher et former une sorte de plateau rugueux et irrégulier. De ce plateau sortent de courts moignons qui portent les sarments, dont les uns sont supprimés et les autres coupés très court, sur 1 ou 2 yeux, suivant la végétation du cep.
Fig. m. — Souche taillée dans TAunis.
Pour remplacer un bras qui ne produit plus, on taille à 1 ou 2 yeux les gourmands qui sortent souvent de dessous cette tête de champignon ; au bout de deux ans, ce sarment devient un bras producteur de sarments fructifères ; c'est ainsi qu'on entretient la production.
C'est là une taille barbare, à laquelle la Folle-Blanche et le Colombar se prêtent bien.
On ne taille pas exclusivement à coursons ; souvent on réserve un ou deux longs-bois, que Ton recourbe en arçon et que l'on fixe à la souche.
La taille très courte que l'on applique aux vignes de la Charente-Inférieure détermine, les premières années, une végétation ligneuse considérable et, par contre, une faible production. C'est là un inconvénient auquel il serait facile de remédier, en laissant au cep un plus grand nombre d'yeux.
La taille s'effectue, dans les Charentes, du milieu de décembre h la fin de mars ; souvent en deux fois, comme cela a lieu parfois dans l'Hérault. La première façon, appelée «fiançailles», se fait en décembre ou janvier: on supprime à ce moment tous les sarments qui ne doivent pas servir à la formation des nouveaux coursons.
Les diverses opérations de taille en vert ne sont généralement pas pratiquées dans les Charentes, et les vignes sont conduites sans échalas.
Dans la Vendée, l'Indre, la Loire-Inférieure, le Loiret, la conduite de la vigne offre beaucoup d'analogie avec la culture des Charentes.
Ainsi, dans la Vendée, la Folle-Blanche est taillée en tête d'osier à 15 centimètres de terre avec quatre ou cinq coursons à 1 œil et un long-bois flottant (fig. 178).
Fig. 178. Fig. 179.
Fig. ns. — Souche de Folle-Blanche après la taille en Vendée.— Fig. 179. — Souche du Câlinais.
Dans le Gâtinais (Loiret), la vigne présente l'aspect qu'on lui trouve dans l'Aunis, mais avec quelques différences qu'il convient de signaler (fig. 179).
Dans cette région, les vignes, très régulièrement distancées, sont toutes en tête d'osier, en boule plate ou en champignon contre terre. De ces têtes partent, sans bras, tous les sarments fructifères, taillés à 1 œil.
Les souches sont obtenues en laissant, la première année, un seul sarment tranché sur l oeil; la se- <M>nde année, en taillant toujours à 1 œil tous les sarments poussés ; les années suivantes, en taillant encore sur 1 œil de quatre à six des sarments les plus vigoureux «t en supprimant ras tous les autres.
Cette taille est analogue à celle que Ton fait subir aux o»ers et aux saules conduits en têtard ; on obtient ainsi une br.se dxe et large portant une multitude d'yeux, d'où partent des sarments pouvant se maintenir sans échalas.
Mais cette économie se traduit finalement en perte, ■car, avec un tel système, la vigne ne donne point son maximum de production.
Autrefois, dans le Gâtinais, la taille se faisait invariablement sur coursons à 1 œil; aujourd'hui, on taille sur ^ yeux.