VIGNOBLE D' ALSACE ET DE LORRAINE
Les déparlements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, qui constituaient l'ancienne province d'Alsace, produisent des vins, surtout en blanc, qui possèdent de réelles qualités.
La vigne y est dressée et taillée suivant une méthode originale que le D*^ Guyot a justement dénommée culture en quenouitle à cause de son aspect.
La figure 190 représente une souche ainsi conduite.
Au pied de chaque cep est planté à demeure un fort échaîas de 2 m.
50 de haut. Autrefois surtout on plantait dans le même trou, les uns à côté des autres, deux ou trois ceps ; aujourd'hui on n'en met qu'un le plus souvent. Ces plants donnent trois troncs que Ton élève en moyenne de m. 60 à 1 mètre et que Ton attache à Téchalas. L'extrémité des membres est ployée horizontalement en dehors et chacun d'eux porte un long-bois de m. 75 à i mètre que Ton recourbe et dont on attache la pointe au tronc, à m. 20 du sol.
Ces longs bois doivent pourvoir à la production du bois et à celle du fruit. Les rameaux de la partie
Fig. 190 — Vigne en moyenne et inférieure ne deiraot quenouille. , j <* •* i -
donner que des fruits, on les pince
en juin et juillet; au contraire, les
bourgeons de la base, surtout destinés à fournir les bois
de remplacement, sont attachés le long de Téchalas.
Il «est k 4a fols ratioaiitôl el aviaiUageux de ne mettre q^'un i^at par ^baias et de prendre sur ie même troQC les trois memlwfes de^oés à former la q4*eaouille.
Dans certaines localités, on ne laisse des longs bois que 5«ir deaxiiiefiabres, <à le troisième, à tour de rôle, est taillé à courson; daas d'autres, au conlraire^ on Jaiôge jusqu'à deux courbe* ^»r ^as.
L'abatssemefit ItorizontaJ de la tête des membres est use bonne pratique qui év^l^ l'allongement des Jwras de la Boucbe. Le cep s'étend simplement en largeur, ce qui faciiite Itération et par suite la maturité. Si Ton a soin de tailler le i^remier sarment sorti à la base sur 1 ou 2 yfvax, qm donneront de vigoureux rameaux, on pourra ensuite ff»eoo*ircirrépaule. De oêlte façon, on évite Tac- <^m«iliAioîi du vieux bois et on a des soucbes régulières. Dans la plaine, où les gelées de printemps sont plus à eratndre, la léte des soôches est étaMie à 90 centimèti^es ou I -mètre ; sur Jee itan^urs oa ia tient à 60 centin^res environ.
La première iaille s'opère sur ? t)U 3 yeux, la seconde à dQ ceatimètres ; 4a quatrième année, souveiït la xîinquième, on laisse u»e courbe.
Les tailles en vert se font avec soin. On ébourgeonne «tva&t la fleur; en inki on relève et on attactie; on rogne les rameaux à fruit le long des courbes à trois &n quatre Veuilles au-dessus du dernier raisin.
Outre ies vignes ea quenouille, on trouve à T:kaan les vignes diées en t^^aver^es et à Vissembourg la culture eii Jcamnierbaû, dont nous avons fait la descriptioa précédemment.
Le vignofele iorraia diffère essentiellement, par le l^is«ai@e et la iaiUe des vignes, de celui <i'Alsace.
Dtans cette demière région, la conduite en quenouille -et ea l^mnatifiedmâ damne à cbaque cep une assez grande «•bore«oe«o€ et -la taille à. longs- bois et coursonrs est partout généreuse.
En Lorraine, au contraire, les ceps sont rapprochés, à charpente réduite et ne portent que de petits bras, ordinairement taillés à coursons de 2 à 5 yeux.
Dans le déparlement des Vosges, les vignobles n'occupent qu'une faible surface. Les plantations y sont denses. La souche, très rapprochée de terre, est dressée sur deux bras, portant chacun un courson de 2 à 3 yeux (fig. 191) ; les Pinots conservent une baguette (fig. 192).
En mai, on procède à
un sérieux ébourgeon-
nage, qui consiste à jeter
bas tous les bourgeons
qui n'ont pas de raisins, à
Texception de deux qui
sont montés contre Té-
\ F V!i M chalas et destinés géné-
\ ^ ^M^ ralement à établir la taille
JH H de Tannée suivante : ceux
'' qui ont des raisins sont
pinces à trois ou quatre feuilles au-dessus du plus haut fruit.
Dans les Vosges, la gelée de printemps est le plus terrible fléau de la vigne ; aussi est-on en droit de s'étonner que, sous un climat aussi redoutable, on ne cherche pas à bénéficier des avantages de certaines méthodes de conduite, ni à tirer parti des plus grandes garanties que procurent les tailles à longs-bois.
Fig. 191.
Fig. 192.
Taille de la vigne dans les Vosges.
Le mode de culture de la vigne le plus usité dans la Moselle est le même que celui des Vosges. Le dressement de la souche se fait à deux bras près de terre, portant chacun un sarment taillé Tun à 2 yeux, l'autre à 3 ou 4 yeux, ou bien à 8 ou 10 yeux, selon les plants.
L'ébourgeonnage, le pincement, les relevages et les liages se pratiquent couramment.
Parmi les cultures exceplionoplles, il convient de signaler la conduite en cuveau, pratiquée à Argancy, à Rugy elaux environs de ces communes. L'établissement de ces vignes s'obtient de la façon suivante. Pendant les deux années qui suivent la plantation, aucune taille n'est faite. Avant la végétation de la troisième année, on recepe les souches au niveau du sol et, parmi les nombreux sarments qui jaillissent de la t<ïte de ces souches, on en choisit quatre ou plus pour arriver à huit par pied ; on jette bas tous les autres et Ton taille à 4 yeux les sarments gardés. Ces derniers sont abaissés horizontalement et on les dispose en cercle commeles rayons d'une roue, les pointesen deiiors ; chaque pointe est munie d'un échalas, ce qui nécessite huit échalas pour former le cuveau (fig. 193).
Fig. 193. — Tailie en cuveau.
Le cuveau, dun diamètre de 60 centimètres environ la première année de son établissement, s'agrandit successivement par l'allongement des bras, jusqu'à prendre 1 mèlre et plus de diamètre.
On applique aux bras du cuveau, qu'on î
jambes^ la même taille qu'aux ceps isolés: efiaeun efeux porte, selon le plant, un courson à ^ yeux et un à 4 o«, à la pfece de ce dernier, une baguette ou cawrêe de 8^à f^ yeux.
Daas le département de la Meuse^, les piai4k(ues de la vitienUiiee soni abdoloment semblables à eeUes de& Èrois départenaents précédents.
Les souches sont encore très basses et le {urii^ipe^do^ mioftanl esl d'élever le leng de Téehâlas un ou de^^sai* meats^ de supprimer tous les bourg>eoQâ saoâ^ fsuit et de pineer les autres. Le plus souvent oft ne coadeFve qvt'wà sstf ment ; dans ce cas, il est pris sur le deu^^niie ou le treèsièflie bourgeon de la couroene et les ceçis &'élèveni très rapidement; on réserve alors un coorsoa su» le trône pour rabattre ce dernier lorsqu'il est trop haut. Quand il y a deux sarments, le plus élevé sert à faire la couronne et le plus bas, taillé à 2 yeux, fournit. Tannée suivante, le long-bois et le nouveau courson. Ce dernier système donne des ceps à la fois plus vigoiMreux et plus fertiles.
Dans cette région du Nord, malgré les rigueurs du climat, la vigne est encore une culture qui assure de bons revenus. Les tailles en vert, praii^^uées partout avec soin et en temps voulu, sont une des caractéristiques de la viticulture de ces contrées.