LES VIGNES EN CROSSE
La conduite en crosse est un type original de culture de la vigne pratiqué dans le canton d'Evian (Haute- Savoie).
Les crosses sont constituées par de grands arbres morts, des châtaigniers le plus souvent, auxquels on a laissé toutes leurs branches et qui sont recouverts, du sommet à la base, par les ramifications des vignes qui poussent à leur pied.
Ces arbres, qui représentent d'immenses échalas ramifiés, ont de 30 à 40 centimètres de diamètre et de 8 à 10 mètres de hauteur; ils sont écorcés avec soin dans la forêt, puis amenés sur place, redressés et enfoncés d'un mètre et demi en terre; on en met environ 150 par hectare.
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Généralement o» j>teee troi» cèpe au pted de ehaq^e cr©s»e, parfois un seul et quelquefois- qoablre ou emq. Ces vignes sont surtout destinées à la production des vins blanes et le plant prière est le Fendant ou Chasselas.
Le ou les jeunes plants uae fois enterrés sont taillés à 3 yeux au-dessus du sol (fig. 195). Si les trois bourgeons
Fig. 197.
Fig. 195. Viç;. t96.
Premières tailles pour la formation des vignes en crosse.
poussent bien, on conserve de préférefwse, à la première^ taiUe, le supérieur aftn de monter la Irge pltts rapidement. On coupe ras souche les sarment» in f erreurs et on taille le plus éfevé sur 2 ou 3 yeux (lig. 196 et 197).
A la troisième taille, le sarment le p4as éîevé sera encore seul conservé et taiHé eorornse les précéde»ts à 2^^ on 3 yeux. ^'W est très vigoureux on lu? laisse 4 yeax et la souche à ce moment présente l'aspect de la ftgure i9ft; après la végétation eUe aura Taspeet de kr figure 199».
A la quatrième tarlle, qaatrrèrne amnée, o« réseire^ souvent, sur Fœil le plus bas, un eourson à I œil, rarement à 2{fig. 200). Les rameaux intermédiaires so^nt sitpprimés et le plus élevé taillé encore à 3 ou 4 yeux; mai», si la souche est vigoureuse, on lui laisse de & à ^ yettx.
A la cinquième taille, on continue le premier courson
1 1 œil et on en réserve un deuxième à la base du rameau
Fig. 199. Fis- 200.
Troisième el qualrième tailles.
de l'année précédente, ou bien on laisse à la même place un long-bois. Tous les sarments au-dessus sont encore supprimés, à l'eKceplion du plus haut que l'on taille long et qui est attaché à l'échalas (fig. 201). On réserve souvent encore un troisième courson en dessous de cette nouvelle taille.
A partir de la cinquième ou sixième année, on monte la vigne de 40 centimètres à 1 mètre par an, en laissant des coursons tous les 30 centimètres environ dans le but de fortifier la tige. Quelques vignerons même ne la monteot que de trois à quatre nœuds par an, il faut alors de vingt à vingt-cinq ans au cep pour atteindre le sommet d'une crosse. La figure 202 représente un cep ainsi conduit.
Quelques viticulteurs, cependanl, vont plus vite: ils conservent seul le sarment le plus fort de la troisième
poussé el le dresseat de suile à 1 m. S( très, jusqu'au premier euibrancheme {6g. 203). Mais ou ne garde que les 3 oi
Fij;, 201. Fig. 202.
Fifi. 201 ol 202. — Ceps à la cinquième laille. permellanl l'élévalioo rapide du
met el ou éborgne tous les autres ; ( beaucoup plus rapide pour former la s des produits.
Généralement, les jeunes vignes sont
— IW) — ■ie It crosse, mms <|U€lquel'oi6 o» les diesse le kiog d'un lécltalas voisin en «lt»Klafl4 gu'oa les fixe à l'arj^re.
]>ès <|u« la lig« de la vigite est à la bauLcur de i« puemiève brandie de la crosse, on lui laisse » ce point un i yeux (fig. 21)4;; on conlinup à faire monter
Fig 20i. — Première ramiflcalion
igne eu o rosse.
la tige par un long-bois et.l'annêesuivante, on conserve un courson de ramilicalion su point de bifurcstton.
Le rôle rie chaque courson, laissé ainsi à la naissance d'ime brandie, est de donner une rwnilication que l'on élendra par des tulles longues et qui fournira à son 1««r îles coure^M )Mu4out otii4 sn-a «éoessaire de subdiviser, et aussi ù rextréniilé de chaque bras ponr y reproduire snccessÎTemeiit le courson à 1 œil et la branche terminale. Les branches à fruit sont recourbées en archet et attachées à la crosse, comme le montre la Ogure 205.
On comprend quelle puissance de végétation atteignent ces souches et on se figure la quantité énorme de
raisins qu'elles peuvent produire. Far leur comparaison
avec les vignes basses du voisitiafie, elles ofl'renl le contraste le plus fraiipant.