‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 45 sur 74 · PINCEMENT · texte numérisé non relu

PINCEMENT

Le pincement est une opération par laquelle on supprime Textrémité d'un jeune rameau au moment de la floraison ou un peu plus tôt; il se pratique ordinairement au-dessus de la quatrième feuille venant après la dernière grappe. Il a pour but d'arrêter le développement des bourgeons pinces en faveur des fruits et des bourgeons laissés intacts. Cherchons à expliquer ses effets.

Nous avons vu qu'il fallait distinguer sur un rameau les jeunes feuilles et les feuilles adultes. Les jeunes feuilles, dont l'assimilation propre ne suffit pas à assurer l'accroissement, empruntent à la plante des matériaux élaborés par les feuilles adultes ; elles se comportent à l'égard de ces dernières comme de véritables parasites. En supprimant l'extrémité des sarments, on économise donc des matériaux qui seront utilisés par les parties restantes et notamment par les grappes qui, elles aussi, vivent en parasites sur la vigne.

Sans doute, les jeunes feuilles deviennent à leur tour adultes et productives, mais leur enlèvement n'en est pas moins profitable au cep momentanément.

Le pincement, au moment où il est pratiqué^ doit donc toujours avoir une action utile sur la fructification. C'est pourquoi il est conseillé depuis longtemps contre la coulure.

Cet accident, qui se manifeste par l'avortement de la

fleur et la chute des graias, résulte de causes diverses, notamment d'une constitution anormale des orj reproducteurs (plants à rejeter) ou d'une nulrilidn i fisanle. C'est ce dernier cas qui nous intéresse ici.

Quand la végétation est très active au printenif suite de pluies abondantes, par exemple, il y a grande quantité de matières nutritives élaborées p feuilles; mais ces matières sont surtout utilisée: l'accroissement des rameaux, et les grappes, qui reçoivent qu'une très faible quantité, sont exposée coulure. On évitera ou on atténuera ce résultat fâc en favorisant l'arrivée de substances alimentaires les Heurs ; c'est !e but du pincement.

Par celte opération, on peut aussi favoriser le loppemeat de certains rameaux, tels que ceux qu vent fournir les bois de remplacement. C'est ains dans les tailles comprenant des longs-bois et des sons, il convient de pincer les bourgeons situés si baguettes pour tes empôclier de devenir trop vigoi au détriment des rameaux poussés sur les courson; seuls, servent à établir la taille suivante.

De même, si l'on veut obtenir une végétation unil sur toute la longueur d'un cordon, il est bon de f les sarments les plus vigoureux, surtout ceux des i mités; le refoulement de sève que l'on provoque favorise la végétation des bourgeons en retard. En rai, un seul pincement suffit pour équilibrer la v( tion, mais, quelquefois, il est nécessaire d'en faii second, plus tard, sur les sarments les plus forts.

Si les grappes se développent normalement, le ( ment est inutile, dans les conditions ordinaires, av floraison. Mais si, par suite de circonstances diverse grappes s'effilent et présentent une tendance à c< soit avant, soil pendant la floraison, on doit prat immédiatement l'opération.

Quant aux cépages habituellement coulards et à

pKHnAi;D, -î— édil. 1

- :210 — lalion luxurianle, ils seront loujours avantageusement pinces au dèliut </« la floraison.

On évitera, au contraire, de pincer les vignes de faible vigueur, sauf dans le cas où la coulure serait à redouter par suite de condilions climatériques défavorables à la fleur.

Le pincement est habituellement pratiqué sur les sarments portant du fruit dans quelques vignobles (Lor-

Fig. 215.— Vignes soumises au système Guyot et pincées en o o o.

raine, Cliampa^'tie) et aussi dans la méthode de taille préconisée par le D' Guyot (lig. 215). Nous retiendrons que cette opération, faite avec discernement, ae peut donner que de bons résulLals.

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