IL — RAISINS BLANCS
Madeleine Angkvink. — Excellent raisin de table des plus précoces. Végétation vigoureuse ; taille longue ou mi-longue avec grande arborescence.
Précoce de Mallngre. — Syn. : Blanc précoce de Malingre, Madeleine blanche de Malingre, Early Malingre (d'après PuUial).
Maturité de première précocité. Végétation modérée ; taille courte avec arborescence moyenne.
Pmécoce musqué de Courtiller. — Syn, : Précoce mus-
que, Madeleine musquée de Courliller, Muscî mur, Précoce de Saumur (d'après Pulliat).
Maturité précoce. Un des meilleurs raisins précoces, mais, en raison de sa petitesse, ne conseillé pour la vente.
Agostenga. -- S(/n.;Vert précoce de Mad( leine verte de la Dorée, Vert de Madère, Prié bl green Madeira, Lugliatica verde.
Maturité de première précocité. Se classe meilleurs raisins précoces pour la table. > vigoureuse ; taille plutôt longue avec arb moyenne.
LiGNAN BLANC— %«.: Jouannenc, Joanne (dans le Midi), Lignan (Jura), Julliatique blanc France), Madeleine blanclie {h. tort, de quelq niéristes). Blanc de Pages (Haute-Loire), Pi Vaucluse (du comle Odart) ; Lignenga, Lug glienga bianca (Piémont, Italie), San Jacopo ( Blanc précoce de Kientzheim, Frûher Leipzig!
grosser Malvasier (Allemagae), Augustaner (' nie), Rumamellas (Suisse), Early white Malv!
Leipzig (Angleterre).
Très répandu en Italie et aussi dans le Vaut mande un grand développement et une tail pour produire. Comme maturité, tient le mi Madeleine Angevine et Chasselas.
Chasselas coulard. — Syn.: Gros-Coulard, de Montauban, Froc de la fioulange, Diama Chasselas impérial précoce.
Sa maturité devance de 8 à 10 jours celle du
ordinaire. A donné, comme variétés: Chasse mel. Chasselas Vibert, Duc de MalakofT. — 1
modérée; taille courte avec arborescence moy^
Chasselas. — Nombreuses variétés :
. i- Chasselas doré. — St/n.: Chasselas blanc.
de Fontainebleau, Chasselas de Thomery (de nombreux auteurs); Raisin d'officier (à Montpellier), Lardât, Lardot, (Drôme, Isère), Abelione, Bournot (Ardèche), Mornen blanc, Morlenche (Rhône), Valais blanc (Jura), Fendant roux (Suisse), Gudetel, Most rebe, etc. (Allemagne), Royal muscadine, White Chasselas, Queen Victoria, White Sweetwater (serres à vignes d'Angleterre).
L'un des meilleurs raisins pour la table. Cultivé en Suisse pour la production du vin. Maturité de l''*époque.
2** Chasselas rose. — Syn.: Chasselas royal, Chasselas rose d'Italie, Chasselas rouge. — Variété du précédent. Se teint en rose à la maturité. Le Chasselas de Négrepont est une variété très voisine du Chasselas rose.
3** Chassplas violet. — Syn.: Chasselas rouge ou Lacryma-Christi (Neuchâtel , Cerèze (Isère). — Saveur plus relevée que chez les précédents.
4** Chasselas de Falloux, — Remarquable par sa fertilité et la finesse de son fruit, le plus clair des Chasselas roses.
Tous les Chasselas ont une végétation modérée ; ils s'accommodent d'une faible ou moyenne arborescence avec taille courte.
BiCANE. — Syn.: Bicaine, Vicane, Panse jaune, Ochivi (Gard), Raisin de Notre-Dame, Raisin des Dames (Vaucluse), Olivette jaune.
Maturité de 2* époque. Remarquable par la beauté de son fruit plutôt que par sa qualité. Végétation modérée ; arborescence moyenne avec taille mi-longue.
Malvoisie blanche de Tarn-et-Garonne. — Syn.: Malvasia bianca. Malvoisie blanche du Piémont.
Un des plus beaux et des meilleurs raisins; se conserve bien. Végétation vigoureuse; taille longue ou mixte avec assez grande arborescence.
Muscat d'Alexandrie. — Sijn.: Augibi muscat(Hérault), Moscatel romano et Moscatel Gordo blanco (Espagne), Uva Salamana (Toscane), Zizibbu, Gerosolimitàna
(Sicile), Archefield Early Muscat, Muscat Escholata, Bowood Muscat, etc. (serres à vignes d'Atiglelerre).
Maturité entre la 3® et la ¥ époque. Végétation modérée; taille courte avec grande arborescence.
Passkrille blancub. — Maturité de 2« époque tardive. Cépage de la Drôme qui a de la valeur comme raisin de table. Végétation vigoureuse ; taille courte avec arborescence moyenne.
Ces indications n*ont rien d'absolu. Telle vigne, qui demande une grande arborescence avec une taille longue pour produire son rendement maximum, peut, à la rigueur, supporter une taille plus ou moins courte sur un faible développement de charpente; ce sera, bien entendu, aux dépens de la production.
En outre de ces aptitudes de race, il faut tenir compte, dans Tapplication de la taille, des aptitudes individuelles. A ce point de vue, il y a lieu de s'occuper séparément : !• des vignes françaises non greffées ; 2** des vignes greffées; 3« des producteurs directs américains.
l*" Vignes françaises non greffées
Exception faite pour les vignes plantées dans les sables, à propos desquelles rien de particulier n'est à dire, la plupart des vignes françaises non greffées, actuellement existantes, sont aux prises avec le phylloxéra et maintenues en état de production grâce à Tapplication d'un traitement insecticide : submersion, sulfocarbonate de potassium ou sulfure de carbone.
Les vignes submergées, situées dans les bas-fonds, établies sur des sols frais, abondamment fumées, ont une végétation vigoureuse et demandent plutôt une taille généreuse. Mais il n'en est pas de même, généra-
lemenl, pour les vignes traitées au sulfocarbonate de potassium et au sulfure de carbone.
Le Beaujolais est Tun des vignobles de France où le sulfure de carbone a été le mieux appliqué. Plusieurs communes possèdent encore une grande partie de leurs anciennes vignes françaises régulièrement sulfurées. Ces terres, où le sulfure de carbone a permis de lutter avantageusement contre le phylloxéra, sont sableuses, d'origine granitique. Situées en coteau, peu profondes, se desséchant facilement en été, elles peuvent être considérées comme peu fertiles. D'autre part, le phylloxéra agissant, ces vignes, quoique sulfurées et bien fumées, n ont qu'une faible vigueur. Elles doivent être taillées avec précaution.
Trois bras ou cornes, terminés chacun par un courson à 2 yeux, telle est la charge d'un cep sulfuré. Elleestbien faible, surtout si on la compare à celle des vignes greffées voisines, qui portent cinq ou six cornes avec huit ou dix coursons. Et cependant on ne saurait l'augmenter sans compromettre l'existence même des souches. Il en est ainsi pour la plupart des vignes phylloxérées que Ton entretient au moyen d'insecticides; on doit apporter à la taille les plus grands ménagements.
Laisser sur un cep plus de bourgeons qu'il n'en peut nourrir convenablement serait préparer son dépérissement rapide. Selon que la vigne exige la taille courte ou longue, on diminue le nombre habituel des coursons ou des longs- bois, et on tient ces derniers plus courts, de façon à ce que tous les yeux conservés donnent des rameaux d'une végétation convenable.
2"* Vignes greffées
Tous les systèmes de taille peuvent être appliqués aux vignes grefTées comme aux vignes franc de pied.
La taille de chaque cep doit être subordonnée à son état
de vigueur : tel est le principe qu'il ne faut jamais perdre de vue. En l'appliquant scrupuleusement, ou peut ne pas avoir une régularité parfaite de forme, si recherchi par certains vignerons ; mais ce léger sacrifice à l'esth tique du vignoble se trouvera largement compensé par i surcroît de récolle.
Si l'on a affaire à des vignes en gobelet, demanda: la taille courte, on laissera sur chaque souche un non bre de coursons proportionnel à sa force : tel cep, faibl ne portera que quatre ou cinq coursons, tel autre, vigoi reux, en aura six, sept ou davantage. Si celle char( ne suffisait pas à utiliser l'exubérance de la vigne, c pourrait conserver un ou deux longs-bois de 5 ou 6 yei que l'on renouvellerait chaque année sur des bras difC rents, jusqu'au moment où la fructification serait ( rapport convenable avec la végétation.
11 en sera de même pour les vignes réclamant la tail longue et conduites en souches basses. Le nombre d< verges dépendra de la végétation de chaque cep.
Ces observalions s'appliquent également à la condui des vignes en cordon et en espalier. Quel que soit le dév lopperaent, le nombre des coursons et des longs-bo sera proportionnel à l'état de la végétation.
Ainsi que nous avons eu l'occaMon de le dire déjà, faut, autant que possible, renoncer aux systèmes ( taille uniquement à longs-hois, qui réclament de grani soins pour la préparation des sarments de remplaci ment et entraînent un allongement trop rapide des bra Les tailles mixtes, à coursons et longs-bois, qui assurei en même temps une bonne production de fruits et ( rameaux, devront leur être préférées.
La greffe peut modifier l'allure ordinaire d'une vign Ces modifications dans l'état végétatif varient avec sympathie que possèdent l'un pour l'autre le sujet et greffon. Celle sympathie plus ou moins grande a é désignée soiisle nom d'affinité.
Plus les vignes unies offrent d'analogie dans leu;
fonctions, moins les effets du greffage sont marqués. Ces effets se manifestent de façons différentes : c'est tantôt un affaiblissement que Ton constate ciiez le greffon avec une plus grande disposition à la production des fruits, tantôt un accroissement de vigueur et une diminution dans la faculté productive.
Il est assez difficile de bien apprécier les différences d affinité que présentent les porte-greffes américains pour un même greffon ; on ne sait pas au juste si les différences de végétation que Ton peut constater ne sont pas dues à des propriétés d'adaptation au sol plutôt qu'à une action réciproque du sujet sur le greffon.
Cependant, tes observations faites jusqu'à ce jour sur l'affinité qu*offrent avec nos vignes françaises les portegreffes les plus usités permettent de les classer, à ce point de vue, dans l'ordre suivant: En tête se placent les hybrides de Vinifera-Rupestris et Vinifera-Berlandieri, le Jacquez, le Vialla, les hybrides de Vinifera- Riparia, les hybrides de Riparia-Rupestris, le Rupestris, le Riparia, le Solonis, l'York, etc.
Au point de vue de la vigueur des greffes, le classement des sujets américains pourrait être ainsi établi:
Hybrides de Vinifera-Rupestris, Rupestris du Lot, Vinifera-Riparia, Rupestris, Jacquez, Vialla, Riparia- Rupestris, Riparia, Solonis, York, etc.
En considérant la fertilité des greffes, l'ordre devient :
Riparia, hybrides de Vinifera Riparia, Vinifera Berlandieri, Vinifera-Rupestris, Rupestris, Solonis, York, Vialla, Jacquez, Rupestris du Lot, etc.
Ces indications sont tout à fait générales et peuvent souffrir des exceptions.
D'autre part, on a fait les constatations suivantes, très intéressantes à noter :
L'Aramon n'a qu'une affinité moyenne pour les vignes américaines. La Clairette est une des vignes qui souffrent le moins du greffage. Le Cinsaut reste faible sur Riparia. La Carignane vient mieux que l'Aramon sur Jacquez et
Riparia. I/Espar vient mieux sur Rupestris que sur Riparia. Les Terrels greffés sont plutôt vigoureux. Les Muscats, les Picquepouls, le Coloinbeau, se comporleut bien après la greffe, aiusi que le Cabernel-Sauvienon. le Cabernet franc, le Verdot. Le Grappu va I Rip- ria et Jacquez ; le Castet laisse beaucoup à sur Riparia Le Sauvignou et la Muscadelle se bien, le SémiDon moins bien. Le Chenin blar Chenin aeir sont de bons greffons. Le Muscadet bien sur Jacquei, Solonis, Riparia. Le Gamayno beaucoup en vigueur sur Vialla et Rupestris ; sv ria, Solonis, York, ses greffes sont très fertile moins vigoureuses. Le Puisard greffé est plui vigoureux. La Mondeuse, le Persan, le Durif, le C la Syrah, donnent de belles greffes bien ferl Riparia et beaucoup moins sur Rupestris du Marsanne, le Viognier, laissent un peu à dés: fois greffés.
Le même cépage, greffé sur divers porte-greff donc donner des vignes très différentes sous le de la végétation et de la production.
11 importe de noter ces nuances de façon à aj à chaque vigne la taille qui lui convient. C'est ai exemple, que des Gamays greffés sur Riparia ou peu vigoureux et 1res fertiles, nedevrontpas ôtr de la même façon que des Gamays sur Rupestri: ou sur Vialla, qui poussent avec exubérance et facilement. Tandis que les premiers recevront ui sévère et ne porteront qu'un nombre restreint ( sons, qui assureront néanmoins une boune réc< seconds seront taillés généreusement etconservi grand nombre de coursons, dont les bourgeon; développant, utiliseront l'excès de sève; les r étent individuellement moins vigoureux auront disposition à donner du fruit. Si la surchage e sons était insuffisante pour provoquer une fructi conv^able, on laisserait, même sur les vignes
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ordinairement à courts-bois, un ou deux longs-bois. 11 est rare que Ton n'arrive pas, par ce moyen, à rendre la fructification régulière et abondante sur les vignes rebelles à la production des raisins, en raison d'un excès de vigueur.
3^ Producteurs directs américains
Les anciens producteurs directs, de provenance américaine, après avoir été Tobjet d'un engouement général, ont été abandonnés à peu près partout où ils ont joué un rôle dans la reconstitution. Le goût spécial de leurs vins, leur trop faible production ou leur résistance insuffisante au phylloxéra ont été les causes de cet abandon. Si quelques-uns, comme le Jacquez, TOthello, le Clinton, le Noah, TElvira, ont occupé une place assez importante dans le vignoble français, on les remplace aujourd'hui par nos anciens cépages greffés sur des sujets bien résistants.
Néanmoins, dans quelques contrées où la vigne est plutôt considérée comme culture accessoire, on trouve encore des producteurs directs en assez grande abondance. Tant qu'ils ne sont pas aux prises avec le phylloxéra, ces plants sont généralement d'une végétation exubérante. Pour la plupart d'une production modérée, taillés en souches basses à coursons, ils deviennent, conduits à longs-bois et à grand développement, d'une bonne fertilité. Presque tous paraissent exiger, pour fournir tout ce qu'ils sont susceptibles de produire, une taille généreuse.
S'ils sont établis en souches basses et ne fructifient pas suffisamment, on augmentera le nombre des coursons et on les taillera plus longs; en outre, on pourra laisser sur chaque cep un ou deux longs-bois choisis à tour de rôle sur des bras différents.
La conduite en treille, qui permet plus facilement que
le gobelet un grand développement arborescent, semble plus particulièrement convenir à la plupart des producteurs directs, Clinton, Noah, etc. Ainsi dressés, leur rendement peut atteindre, dans des conditions favorables, un chiffre assez élevé. Mais, ici encore, nous recommanderons de ne pas surmener la souche par une taille exagérée en longueur. A part les exigences de chaque cépage, qu'il faut satisfaire, on doit tenir compte, en outre, pour rétablissement de la taille, de la vigueur et de l'effet produit par l'opération précédente.
Les divers systèmesde conduite de la vigne sont applicables à tous les plants ; mais le développement de la charpente doit varier avec le cépage. Le Gamay, par exemple, peut être conduit en gobelet, en espalier ou en cordon ; toutefois, en raison de sa vigueur modérée, on ne donnera à la charpente, quelle que soit sa forme, qu'un développement restreint. Le Persan, au contraire, qui a une végétation exubérante, recevra toute l'extension que comportera le système de conduite adopté.
il. — LA TAILLE SELON LE CLIMAT ET