ESPÈCES DU ROSIER
variables que présentent les roses de nos jardins: rhybriditë^ c'est-à-dire la fécondation d'une espèce par le pollen d'une espèce dilTérente, reproduit par ce croisement chez une nouvelle plante, mais d'une manière fort inégale^ les caractères propres de chacune des plantes procréatrices; mais ces sortes d'hybrides sont assez rares, la plante étant naturellement plus disposée à se féconder elle-même que d'attendre le secours d'une plante étrangère. Il est vrai que des espèces qui offrent une telle analogie entre elles, comme le sont les diverses espèces du rosier, doivent être assez disposées à se Seconder mutuellement; cependant le cas ne s'est pas encore présenté dans nos forêts; l'églantier des haies y pousse à côté de l'églantier jaune, et personne n'a encore constaté une alliance cntie ces deux espèces, et même entre des espèces phi s rapprochées.
Cependant, il est presque certain que l'introduction dans nos jardins des espèces de l'Inde à floraison perpétuelle a, par le croisement avec nos espèces européennes dont les fleure ne paraissent qu'au printemps, produit des hybrides, dits remontants, qui offrent un mélange plus ou moins variable des caractères propres aux deux espèces.
En conclure , comme le font certains rosiéristes , que toute rose variant de coloris avec son pied mère est un hybride, serait tomber dans une exagération que tout vient contredire ; cette variation provenant surtout du fait de la culture et du trouble porté dans l'organisme de la plante par son changement de clinKit. Du reste, tout ce qu'on peut dire au suj«t de cette question n'est jusqu'ici que pure hypothèse, aucun fait, aucune expérience dûment constatée, ne pouvant être cités jusqu'à ce jour à l'appui de tel ou tel système.
On a souvent tenté de provoquer l'hybridation, soit entre deux espèces différentes, soit entre deux variétés provenues du semis d'une même espèce : les premières expériences ont été faites à ce sujet, en Allemagne, vers 1820. On a obtenu sur certaines plantes des résultats remarquables; deux botanistes distingués, MM. Naudiu et Lecoq, ont fort étudié cette question dans ces derniers temps, particulièrement sur les
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espèces dutura^ cucumis, nicoliana. Pour le rosier, nous ignorons si des expériences sérieuses et suivies ont été faites à ce sujet. Quelques personnes ont tenté quelquefois de pratiquer l'hybridation d'une rose en promenant légèrement sur le stigmate de la fleur un pinceau chargé du pollen d'une autre rose, en prenant la précaution de retrancher les é(amines avant leur parfait développement et de couvrir la fleur d'une mousseline, précaution que rien ne prouve devoir être suffisante pour qu'il y ait interception complète, antérieure et postérieure, avec un autre pollen transporté par le vent ou les abeilles, moteurs actifs de la fécondation.
Nos meilleurs semeurs ont abandonné cette voie, dont les résultats leur paraissaient plus que douteux ; quelques-uns se sont contentés de secouer sur un rosier un bouquet de fleurs d'une variété différente. Les résultats les plus certains ont toujours été obtenus en suivant la méthode de sélection, c'est-à-dire en semant les graines des sujets les plus remarquables comme forme et coloris.
Les roses de premier ordre sont, du reste, fort rares dans un semis, et leur production est une véritable loterie où le hasard joue le principal rôle. Plus de trois mille graines d'une excellente variété de M^ Margottin, la rose Louise-Odier, ont été successivement semées par lui sans résultats, et quelques graines de cette variété, semées par d'autres amateurs, ont donné d'excellentes plantes. Un jardinier de Corbeil a obtenu d'un petit semis une rose du premier ordre, madame Boutin. Nous citerons également M. Bougère, qui a obtenu d'un semis de quelques graines les thés bougère et niphétos, et qui, depuis, n'a rien obtenu de nombreux semis de plusieurs mil* liers de graines.
Les variétés horticoles, variétés qui se distinguent le plus souvent par de légères modifications dans la forme et le coloris, sont plutôt des individualités multipliées par division et rendues ainsi durables, que des variétés botaniques, puisqu'elles n'ont pas la faculté de se reproduire par le semis avec tous les caractères qui les distinguent et qui font leur mérite. Ces variétés disparaissent dès que l'homme ne prend
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plus soin de les multiplier par division^ marcottes ou bou« tures ; c*est ainsi qu'ont disparu des milliers d'anciennes va^ riétés qui ont été remplacées par d'autres plus nouvelles ou plus parfaites, qui seront remplacées à leur tour quand la mode les délaissera.
Parmi les variétés les plus tranchées obtenues de semis, quelques-unes, probablement hybrides, présentent certains caractères qui se transmettent plus ou moins exactement à leur descendance, ce qui a formé des races remarquables et fort intéressantes au point de vue de la culture. Nous citerons les noisette, bourbon, ayrshire, et les hybrides remontants.
Ne traitant que des rosiers d'ornement, nous nous sommes renfermé dans l'étude des espèces qui en font partie, étude faite spécialement au point de vue de leur culture; les rosiéristes commerçants les classent en rosiers remontants et non remontants, classification défectueuse, puisqu'une même espèce peut présenter des variétés dans l'une et l'autre série ; il nous semble plus convenable de les classer en rosiers d'Europe, rosiers des Indes et rosiers grimpants. Cette classification présente certains avantages au point de vue de la culture. La première division comprend, sous le nom de rosiers d'I^urope, outre nos espèces européennes, celles des parties rie l'Asie occidentale qui Tavoisinent (l' Asie-Mineure et la Perse), espèces cultivées du reste, en Europe, depuis un temps fort reculé, sauf quelques-unes introduites à la fin du dernier siècle. Ce groupe d'espèces a généralement pour caractères de ne fleurir qu'au printemps, de perdre ses feuilles à l'automne et de produire des drageons sur les racines. La deuxième division comprend les espèces de l'Asie orientale, dites des Indes ; leurs feuilles sont persistantes, la floraison est presque perpétuelle et les racines ne développent pas de drageons. La troisième division comprend les rosiers grimpants, la plupart originaires de Chine ; deux ou trois espèces seules appartenant à l'Afrique et à l'Europe. Leurs rameaux sont sarmenteux, les feuilles persistantes, les fleure en corymbes toulTus, et les styles généralement soudés en une colonne. Les races hybrides.
possédant certains caractères propres à deux de ces divisions^ seront placées dans la division dont elles se rapprochent le plus.