‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 7 sur 69 · PREMIÈRE DIVISION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DIVISION

ROSIEUS D'hUROPE ET DE l'ASIE OCCIDENTALE.

Arbrisseaux louiïiis et généralement de hauteur moyenne. Les branches sont ligneuses et, le plus souvent, verticales; elles sont renouvelées par de nombreux drageons, qui se développent sur les racines. Rameaux diffus, ligneux, vert tendre, plus ou moins colorés de rouge au soleil et munis d'aiguillons ligneux, aigus et irréguliers; parfois eniremêlés de soies glanduleuses. Yeux écailleix. Feuilles caduques, ovales ou arrondies, odorantes sur quelques espèces; elles sont plus ou moins inclinées et gaufrées.

Fleurs paraissant pendant six semaines, en juin et juillet. Quelques espèces, probablement hybridées avec les rosiers des Indes, développent de nouvelles pousses à la fin de la floraison et en donnent une seconde à laulomne. Dans la première section, les pétales sont jaune pur, ou jaune et pourpre; dans la seconde, les fleurs sont rouges et varient depuis le blanc carné jusqu'au pourpre violacé. Le fruit est ovale ou globuleux. Ses sépales sont généralement relevées.

Odeur nulje ou désagréable, dans la première section; odeur suave, plus ou moins prononcée^ dans les suivantes.

1" SECTION. — Rosiers à fleurs jaunes.

Esp. R. jaune^ r. îutea.

Var. R. capucine, r. punicea.

Esp. R. jaune soufre, r. sulphurea.

Var. R. pompon jaune, r . sulphurea minor.

2* SECTION. — Rosiers variables.

Esp. R. cent- feuilles, r. cenlifolia.

Var. R. cent-feuillescrôlée, r. cristata.

Var. R. cent-feuilles moussue, r. muscosa.

Var. R. cent-feuilles pompon, r. pomponia.

Esp. R. provins, r. gallica.

Var. R. pompon de Rourgogne.

Var. R. de Provence.

Esp. R. de Francfort, r. turbinée,r. turbinata. Esp. R. de Damas, r. damascena.

Var. R. de Belgique.

Var. R. de Porlland, r. portlandica.

Var. R. hybride de Portland et Bengale.

3^ SECTION. — Esp. R. piniprenelle, r. pimpinellœ folia.

Var. R. piniprenelle nain, r. spinosissima.

Var. R. à mille épines, r. myrictcantha.

4*^ SECTION. — Esp. R. des Alpes, r. alpina.

5" SECTION. — Esp. R. cannelle, r. cinnamomea,

0* SECTION. — Rosiers cynorrhodons^ ou faux églantiers.

Esp. R. des chiens, églantier des haies, r. canina, Esp. R. rouillé, églantier odorant, r. mbiginosa. Esp. R. cotonneux, r. tomentosa.

Esp. R. pommier, r. pomifera.

Esp. R. blanc, r. alba.

18 ESPÈCES mDieENES ET EXOTIQUES,

DESCRIPTION

i" SECTION. — Rosiers à fleurs jaunes. Pétales jaune pur, du moins sur l'une des faces. Fleurs solitaires, paraissant au printemps sur de faibles brindilles, qui se développent le long des rameaux de l'année précédente.

Es?, n. iavmo, r, lutea.

Arbrisseau toutfu de t à 2 mètres. Rameaux minces, ligneux, allongés. Drageons sortant des racines et formant des branches verticales, garnies de brindilles inclinées. Écorce luisante, brun fauve. Aiguillons rares, épars, inégaux, jaune terne, et mêlés de quelques soies sur les jeunes bourgeons. Feuilles par 5, 7 et 9 folioles luisantes, vert grisâtre en dessus, bleuâtres en dessous, parfois visqueuses, doublement dentées. Fleurs nombreuses, solilaires, simples, grandes, jaune vif jonquille. Odeur de punaise. Fruit globuliforme, à sépales renversées. Allemagne, midi de la France; — rustique.

Une variété à fleurs doubles, le persian yellow, fut rapportée de Perse, en 1833, par le voyageur Willock : elle se distingue par ses nombreuses fleurs doubles, jaune d'or, d'un brillant elîct; aussi est-elle très-cultivée; elle esl sans odeur.

Var, R. capiicino, r. punicea.

Ne dilîère du r. lutea que par ses fleurs toujours simples, jaune pâle en dehors, ponceuu orangé, velouté intérieurement. Il se développe parfois des fleurs jaune uni sur le même pied. Autriche; — cultivé franc de pied, en buisson et peu taillé.

Es p. R. jaune soufra, r. sulphurea.

Arbrisseau élancé, de 3 mètres. Rameaux brun roux. Aiguillons épars, inégaux, jaune pâle et entremêlés de soies. Feuilles par 3, 7. et 9 folioles moyennes, ovales, creusées en cuiller, vert terne en dessus, bleuâtres en dessous. Dents simples et aiguës. On ne connaît que le type à fleurs doubles; elles sont globuleuses, très-pleines, s'ouvrent difficile-

ment et fleurissent mieux sur sujet greffé. Pétales d'un beau jaune citron. Ce rosier est assez rustique, convient dans les jardins aérés et veut cire très-peu taillé; il ne remonte pas, liiais fait un effet superbe dans un jardin.

Le rosier sulfureux fut introduit de Constantinople en An* gleterre, vers la fin du xvi« siècle, par N. Lee, marchand de Londres. Le sujet ayant péri peu de temps après, il fut introduit de nouveau par Franqueville, armateur de Londres.

Yar. R. pompon J«iiiio, r. tfuîphurea minor.

Miniature du précédent. Rameaux grêles, soyeux, non épineux. Feuillage serré. Petites fleurs doubles, jaune citron. Orient. Fleurit encore plus difficilement que le précédent; aussi est-il rare dans les jardins.

2' SECTION. — Rosiers variables, à fleurs rouges,

Ësp. R. eent-reiiilleji, r. centifolia.

Arbrisseau touffu et peu élevé. Rameaux minces, ligneux irréguliers; nombreux drageons. Écorce vert tendre, rousse au soleil. Jeunes pousses rougeàtres. Aiguillons nombreux, inégaux, recourbés et entremêlés de soies glanduleuses. Feuilles peu nombreuses, se développant de bonne heure, au printemps, et tombant hâtivement, à l'automne ,• elles sont par 5 et 7 folioles gaufrées, oblongues, inclinées, doublement dentées, et garnies de soies roussâtres et glanduleuses; leur teinte est vert tendre, bordé de rouge.

Fleurs regardées de tout temps comme un type de perfection : elles sont solitaires, ou par 2 ou 3, sur le même pédoncule; ordinairement penchées, très- pleines, globuleuses. Pétales larges et rose tendre. Calice visqueux. Sépales relevées» Fruit rouge et oblong Odeur des plus suaves.

Selon le professeur allemand Baie, cette reine des roses serait originaire de la Perse septentrionale ; on n'a pas encore rencontré, à l'état sauvage, le type à fleurs simples; mais on l'a obtenu, quelquefois, de semis dans les jardins. Cette espèce est très-cultivée et très-rustique; aussi se rencontret-elle dans les riches parterres comme dans le jardin du

pauvre. Quelques amateurs font preuve de mauvais goût en ne l'admettant pas dans leurs collections^ parce qu elle n'est pas remontante. Elle se cultive de préférence franche de pied, réussit mal étant greffée^ se multiplie par division de pieds^ marcottes ou drageons^ et ne réussit pas de bouture.

Vab. R. eent-rciiillescrèt/e^ r. cristaia.

Variété se distinguant du type par le développement anormal des sépales du calice, qui sont amplifiées et prennent l'apparence des feuilles du persil frisé. Cette variété a été découverte eu Suisse, en i827, par un botaniste; elle végétait au sommet d'une vieille tour ayant fait partie d'une ancienne commanderie. Rose admirable, peu commune dans les jardins.

Var. r. crn(-roiiillcf« nioua.«iiie, r. muscosa,

Cerlaincs variétés appartenant aux cent-feuilles présentent un caractère remarquable, identique à la mousse produite par la piqûre d'un insecte sur Téglanlier des haies; le pédoncule et le calice se couvrent d'une mousse soyeuse, touffue, verdàtre ou rougeâtre, d'un effet ravissant; cette anomalie se présente parfois sur quelques roses obtenues de semis ; on a même vu un rameau du cent-feuilles ordinaire se développer avec de la mousse. M. H. Jamain nous a montré dans ses cultures le cas contraire : un rosier moussu, sur lequel il s'était développé un rameau florifère non moussu, ayant tous les caractères du cent-feuilles ordinaire.

Le cent-feuilles moussu ne remonte pas; il présente plusieurs variétés blanches, roses ou rouge vif, plus ou moins moussues. On a obtenu, de puis quelques années, une série de moussues re moulantes, qui paraissent provenir des portlands; mais leur mousse est, le plus souvent, moins déve* loppée et d'une teinte rougeâtre d'un eflet peu agréable.

Madame de Genlis assure avoir fait connaître la rose moussue, en 1775, à son retour d'Angleterre, où elle la vit pour la première fois : cependant, celle fleur est citée dans le Jardinier fleuriste de 1746, oii on lit qu'elle était déjà cultivée dans le Colentin, le Messin et sur le littoral de la

Manche; elle y avait été introduite par Fréard Ducastel, qui Tavait rapportée de Carcassonne, où elle était connue depuis un demi-siècle.

Vâr. R. eeBt-rcailloa pompoa.

Diminutif du cent-feuilles dans toutes ses parties; feuilles très-touffues, simplement dentées^ pubescentes en dessous. Pétiole rarement aiguillonné. Les tiges périssent en hiver ^ aussi doit-on les rabattre sur la souche au printemps. Cultivé pour bordures.

Esp. R. proTina^ r. gailica.

Arbrisseau moyen^ touffu. Rameaux grêles^ diffus^ lisses^ rougeâtres d*un côté. Aiguillons rares, faibles, minces, droits, égaux, comprimés et se rencontrant plus communément à la base des forts rameaux; les brindilles en sont dépourvues. Feuilles par 5 et 7 folioles, ovales assez grandes, inclinées, fermes, comme cassantes, doublement et finement dentées, lisses en dessus, légèrement duveteuses en dessous; parfois bordées de soies glanduleuses, et supportées par un pétiole long et mince; fines stipules à sa base; yeux peu saillants.

Floraison en juin et juillet; fleurs ordinairement par 3 ou 4; elles sont droites et supportées par un pédoncule ferme et muni de soies glanduleuses. Style plus court que les étamines. Pétales mous et se fanant aussitôt que la rose est coupée. Nuances vives, ordinairement d'un beau pourpre violacé. Quelques variétés se font remarquer par leurs panachures. Sépales réfléchies et tombant avant la maturité du fruit, qui est de forme arrondie. Odeur agréable.

Les provins sont très-rustiques, conviennent mieux en buisson et franc de pied , et se multiplient par drageons, marcottes et séparation de pieds; les boutures reprennent difficilement.

La rose de Provins fut, dit-on, importée d'Orient, à Tépoque des croisades; elle est l'objet d'une grande culture, aux environs de cette ville, pour ses fleurs, qui sont usitées en médecine. A partir de la fin du siècle dernier jusqu'en 1840^ elle tenait le premier rang comme rose de collection ; les cala-

32 ESPÈCES INDIGÈNES EX EXOTiQtlES.

logues en comprenaient près de 800 variétés, dont un grand nombre du premier ordre; elles ont disparu en grande parlie et quelques-unes, d'un coloris particulier, n*ont pas été remplacées; mais la mode a prononcé; on ne veut plus maintenant que des roses remontantes ; aussi, les Rosamonde, Ninon de Lenchs, Louis XVlIh etc., n*exislenl-elles plus qu*en souvenir, ou végètent innommées dans quelques vieux jardins de province ; elles n'en sont pas moins belles, et le regret de leur splendeur passée n'a nullement altéré la fraîcheur de leur teint. On remarquait surtout les provins feu et ardoisés : Shakspeare, Dagxiesseaii, le comte Bouîa de Nanteuil, Agathe et Manteau d'Évéque, Les ro^es panachées ne se rencontrent guère que dans cette section, aussi les a-t on conservées dans les collections.

Var. n. pompon de Boursogne, P. de Saiut- François, 7\ bm^ffundica.

Variété naine du provins, rencontrée à l'état sauvage, en 4735, sur une montagne des environs de Dijon, par un jardinier qui y coupait du buis. Cultivée pour bordure, dans les jardins, elle a produit plusieurs sous-variétés. Petit arbrisseau très-touffu. Rameaux faibles, munis à leur base de quelques petits aiguillons crochus, entremêlés de soies glanduleuses; petites fleurs doubles, solitaires, rouge incarnat, vif au centre, d*une teinte plus claire au pourtour. Sans odeur. Elles sont supportées par un pédoncule ferme et droit et dépassées par de jeunes bourgeons feuillus, de teinte rougeâtre. Feuilles ordinairement par 5 petites folioles, planes, fermes, vert sombre, pubescentes en dessous et supportées par un pétiole muni de soies. Fruit ovale.

Yar. h. de Provence.

Variété intermédiaire entre les provins et les cent-feuilles, qui se distingue par une végétation plus forte et par la teinte pâle de toutes ses parties. Feuilles et écorces rarement rougeâtres. Arbrisseau de 2 à 3 mètres. Rameaux droits, peu aiguillonnés. Feuilles par 7 folioles grandes, larges, ovales, aiguës, duveteuses en dessous et doublement dentées. Yeux

ESPKCKS IMDIGÈNBS CT EXOTIQUES. 93

gaillants^ quelques soies sur les jeqnea rameaux, Fleui^s larges, semi-doubles, en corymbe de 3 ou 4 fleqrs; larges pétales rose pâle ou carminé. Sépales U^ès-^ivisées et rabattues vers le fruit, qui est généralement lisse.

La rose de Provence comprenait un grand nombre de variétés non remontantes, qui ont, en grande partie, disparu des collections. Les fleurs sont belles, mais manquent généralement ée tenue; fleurissant facilement et très-rustique, cette variété se rencontre plus communément dans les jardins du nord de PËurope.

Esp. R. ae Fraqefikrl, r. turbinata, ?Dlg. rose à gros cuK Arbrisseau très- vigoureux, élancé et formant une ball« touffe. Rameaux armés de forts aiguillons» égaux, courts, larges et crochus, non entremêlés de soies. Feuilles par ë et 7 folioles ovales, aiguës, ridées, duveteuses en dessous; pé* tiple et pédoncule munis de soies glanduleuses. Fleurs grandes^ semi-doubles ou doubles, non remontantes, rose vif ets'Quvxant difficilement. Fruit très-gros, turbiné et charnu. Cultivé en Allemagne; rare en France; très-rustique. Cette espèce forme des touffes d'un grand effet, couvertes au printemps de milliers de roses.

Es p. n. de Damas, r. damascena.

Introduit de Syrie en 1575. Arbrisseau de 1 à 3 mètres, touffu et assez vigoureux. Rameaux vert tendre, grisâtres ; nombreux aiguillons courts et forts^ inégaux, entremêlés de soies; quelques-uns très-petits. Feuilles ordinairement composées de $ et souvent 7 folioles ovales, fermes» ondulées, v§rt obscur en dessus, pubescentes en dessous, et teintées de rouge brun sur les bords. Fleurs solitaires ou en corymbe de 5 à 7 fleurs, supportées par un pédoncule ressortant des feuilles et hérissé de poils glanduleux. Fleurs plus ou moins pleines, variant du blanc pur au rose vif. Floraison en juin et juiUot; quelques pousses refleurissent en septembre* Sépales réfléchies sur le calice, lequel est allongé, évasé au sommet, \elu ^t visqueux* Odeur U'Qs-agréable et prononcée. On ne cultive à présent qu'un petit nombre de variétés de cette sec«-

-/wf ...

24 BSPBCF.S mDIGÀNES ET EXOTIQUES.

(ion^ la seule grande rose blanc pur connue^ madame Hardy, en fait partie.

Le damas est la souche des variétés suivantes.

VâR. R. de Belftiquo ou de Pute«ux^ r. des quatre -saisons^ r. belgica.

Arbrisseau touffu de 50 centimètres à 1 mètre. Rameaux minces^ durs^ irréguliers^ vert teinté de brun. Aiguillons rares, crochus, inégaux, ne se rencontrant pas sur le pédoncule, qui est allongé et soyeux. 11 conserve longtemps ses feuilles, qui sont par 5 et 7 folioles ovales, larges, pubescentes en dessous et munies de soies glanduleuses sur les bords.

Fleurs semi-doubles, non remontantes, rose vif et trèsodorantes. Fruit renflé au milieu, diminuant aux deux extrémités. Cultivé en plein champ, au Mont-Valérien, près Paris, et à Montreuil, pour ses fleurs, qui sont vendues aux parfumeurs. Les rosiéristes achètent du plant de celte variété en hiver, et s'en servent, comme sujets, pour la greffe forcée. Ce rosier gèle parfois jusqu'au collet des racines.

Var. r* portland ou perpétuelle, r. portlandica.

Variété de damas, citée, pour la première fois, à la fin du xvni® siècle, et se distinguant par des caractères assez tranchés; les premières variétés horticoles de cette race étaient peu recommandables, lorsqu'un type admirable, la rose du roi, parut et prit une importance exceptionnelle, au pqint-de vue de la culture.

Arbrisseau de moyenne vigueur et assez rustique. Rameaux gros, assez charnus, verticaux, légèrement ondulés, verdâtres, s'emportant peu et entièrement couverts d'aiguillons fins, inégaux et tellement serrés que les rameaux en paraissent grisâtres. Feuilles par 3, 5 et 7 folioles arrondies, gaufrées, à nervures accentuées. Le caractère le plus saillant de cette race est le peu de longueur du pédoncule, vertical, duveteux, charnu et renflé, ce qui fait paraître les fleurs enfoncées dans les feuilles, ordinairement très-serrées. Ses fleurs sont solitaires ou par 2 ou 3, de forme aplatie, et se tiennei^ horizonta-

lement sur leur pédoncule^ lequel se renfle insensiblement vers le calice^ dont les sépales sont fort longues et dépassent souvent les pétales^ qui ont une teinte rose carminé plus ou moins vive. Fruit rouge, allongé. Cette variété doit être greffée de préférence, car elle reprend difficilement de boutures et marcottes.

Les portlands remontent franchement pour la plupart, et fleurissent sur tous les rameaux; ils sont particulièrement recommandables pour la culture en pots. Quelques variétés fleurissent mal au printemps.

Yar. R. hybridcti rcmoiit«iil« de portlaad ci benc*!®.

Variétés nombreuses et de caractères très-divers, quoiqu'elles aient entre elles une certaine analogie dans le port et la floraison. On suppose, avec plus ou moins de raison, qu'elles proviennent de l'hybridation des hybrides de benglae avec les portlands; elles ont des rapports avec les hy-.. brides de beugale, pour le bois et le feuillage, et avec les portlands, pour la tenue et l'aspect de la fleur.

La série des hybrides non remontants de bengale a fourni, vers 1830, quelques excellents porte-graines, entre autres, Malton et Athalin, Guérin, rosiériste à Angers, en obtint de semis la gloire de Guérin, le premier hybride remontant qui ail paru dans les collections. Il fut également obtenu de semis, à cette époque, quelques rosiers remontants du même genre, nommés petits remontantSy pour les distinguer des rosiers franchement remontants, dont les preniiers furent obtenus, en 1836, par M. Lafl'ay, du semis de leurs graines. Ces variétés remontantes furent multipliées depuis à l'infini; aussi portc-t-on à plus d'un millier le nombre des belles variétés obtenues dans cette série.

Arbrisseaux généralement vigoureux et rustiques. Rameaux forts, droits, verticaux et formant une tête bien arrondie. Écorce vert clair et parfois rougeâtre. Aiguillons nombreux, ëpare, fins, serrés et inégaux, rarement entremêlés de soies. Pédoncule fort et raide, ressortant de la touffe du feuillage et supportant une fleur solitaire sur les faibles brindilles, ou

un corymbe de 3 à îi fleurs, en moyenne, à rexlrémité des forts rameaux. Feuilles par 5 ou 7 folioles d'un beau vert foncé et Iros-étofTées, plus luisantes et plus fermes que celles des portlands. Fleurs généralement grandes et bien faites. Teintes franches, variant du rose carné au pourpre foncé : elles fleurissent en juin; puis, il se développe, à la base du pédoncule des rameaux qui ont fleuri| d'autres rameaux de moyenne vigueur, qui donnent une seconde floraison fin août. Elles sont pour la plupart très-odorantes.

EsP. n. pinip.enollc^ vArcs^épincux, i\ pimpinellœ foiia*

Arbrisseau peu élevé, très-rameux, étalé, à racines traçantes et drageonnanl beaucoup. 11 a été nommé ainsi par Linnée, parce que ses feuilles imitent celles de la pimprenelle. Hameaux minces, courts, raides, rougeâtrcs et complètement garnis d'aiguillons très-fins, droits, aigus, tombant la troisième année et parfois entremêlés de soies brunes. Feuilles menues, rapprochées en faisceaux ; elles sont ordinairement par 7 folioles arrondies, planes, lisses, vert clair, plus pâle en dessous, simplement dentées. Pétiole soyeux et aiguillonné. Pédoncule lisse; petites fleurs s'épanouissaut des premières ; elles sont blanches ou roses, à onglet jaunâtre; le plus souvent solitaires, ou par 2 ou 3. Sépales plus courtes que le bouton. Fruit arrondi, cartilagineux, noirâtre, à sépales persistantes. Demande le soleil; ne fleurit pas à l'ombre.

Le pimprenelle se i^encontre dans toute l'Europe et particulièrement dans la forêt de Fontainebleau et dans les Ar-dennes; il est très-rustique et demande peu de soins. Quelques touffes tranchent agréablement dans les plates-bandes. On a abandonné la culture de la plupart des variétés de pimprenelles, dont quelques-unes étaient fort estimées. En 1818, Dupont vendait 300 fr. une de ses meilleures variétés, la belle Laure^ On citait surtout Miss Lawrence et Estelle. On ne cultive plus guère, de nos jours, que deux ou trois variétés

remontantes. Greffe sur églantier en basse lige, le pimpreneite foroie une tête arrondie et entièrement couverte de fleurs, à une époque où les roses ne s*ëpanouissent pas encore dans les jardins.

Var. R* piiMprcnollo baIii, r. spinosissima.

Petit arbrisseau touffu et étale. Aiguillons serrés» droits et horizontaux. Feuillage extrêmement petit. Fleurs petites^ simples, blanc veiné de rose. Collines et buissons. Non cultivé.

Var. R. a mille épincMi, r. myriacantha.

Petit arbrisseau, qui diflcre du précédent par ses aiguillons plus nombreux et ses folioles doublement dentées. Rameaux bruns, nombreux. Aiguillons faibles et droits. Pétiole soyeux et glanduleux. Fleurs solitaires, blanches et en coupe* Découvert par Decandole sur les montagnes du Dauphiné.

ESP. R. tlcfl Alpos, r. afpina.

Arbrisseau de 2 mètres. Rameaux lisses, vert foncé brunâtre. Quelques rares aiguillons à la base des rameaux. Feuilles par 7 et, plus souvent, par 9 folioles ovales, allongées, à pointe obtuse et fortement dentées. Pétiole violacé, garni de soies glanduleuses et muni, à sa base, de stipules largos et dilatées au sommet. Fleurs ordinairement solitaires et inclinées, rouge vif. En mai. Sépales persistantes, égalant la corolle en hauteur. Fruit ovale, rouge brun. Ce charmant arbrisseau se rencontre sur les Alpes, les Vosges et les Pyrénées. On a obtenu de semis quelques variétés, cultivées dans les jardin6> mais peu recherchées.

Es p. R. cABtictIé, r. cinnamomea.

Vulgairement rose du Saint-Sacrement. Arbrisseau de 2 mètres, se reproduisant de drageons. Rameaux forts, raides, luisants, brun cannelle; les rameaux florifères sont sans aiguil-

2o ESPECES INDIGENES ET EXOTIQUES.

Ions; ceux des jeunes rameaux sont inégaux et enlremêlésde soies; quand ils se trouvent à la base des feuilles^ ils sont plus robustes et recourbés. Feuilles rapprochées par 5 et, plus rarement, par 7 folioles rugueuses, simplement dentées, ovales, vert bleuâtre, et pubescentes en dessous, non glanduleuses ; larges bractées à leur base. Fleurs petites, simples ou doubles, rouge pâle, odorantes. Fruit rond, de la grosseur d'un pois. Collines du Midi. Est cultivée dans certaines provinces et recherchée à cause de son odeur spéciale et prononcée.

6* SECTION. — Bosî'ers cynorrhodons ou faux églantiers. Esp. K. «les chicn«, vulg. églantier sauvage, r. canina.

Arbrisseau très-vigourcux. Rameaux forts, élancés, lisses et s'inclinant en arc vers l'extrémité. Aiguillons peu serrés, forts, crochus et non accompagnés de soies. Feuilles distantes, par 5 et 7 folioles, planes, lisses en dessus, pubescentes en dessous, ovales, allongées et vert frais. Fleurs solitaires, simples, de moyenne grandeur et blanc carné. Sépales pointues et tombant avant la maturité du fruit, qui est allongé et couleur écarlale.

Ce rosier, connu sous le nom d'églantier, est très-commun en Europe, dans les haies et les bois, et recherché comme sujet propre à la greffe : il est parfois atteint d'une afl'ection particulière : le bcdeguar, excroissance moussue provenant de la piqûre d'un insecte.

Esp. n . «•oiiillé, vulg. églantier odorant, cgi. rouge, r. rubiginosa.

Rosier indigène, peu difTérent du précédent, qui se rencontre plus particulièrement dans les sols secs et calcaires; il est moins élevé et plus* touffu. Les rosiéristes le distinguent en ce que les greffes d'un grand nombre de rosiers ne reprennent pas sur lui ; cependant, on en excepte les roses moussues, le persian Yellow, le gméral Jacqueminoty et quelques variétés à rameaux allongés. Aiguillons serrés, inégaux et crochus.

Feuilles par 5 et 7 folioles, qui se distinguent de celles du

EJikcES IXDIGKNES ET EXOTIQUES. 29

r. canina, en ce qu'elles sont arrondies, rugueuses, d'un vert terne foncé et doublement dentées; le dessous est duveteux, muni de soies rousses et glanduleuses, lundis que les feuilles de l'églantier ordinaire sont lisses; de plus, si on froisse les feuilles du rubùjinosa enire les doigis, elles exhalent une odeur prononcée de pomme de rainelle. Fleurs simples, solitaires, ou par i ou 3, rose pâle et en coupe. Fruit presque rond, couronné par les sépales, et d'un rouge orangé.

Es p. n. pomifèro, r. velu, r. villosa.

Fortes tiges de 4 mètres, atteignant la grosseur du bras. Rameaux glauques (fiirineux). Aiguillons rares, recourbés et élargis à la base. Feuilles par 5 grandes folioles cendrées, cotonneuses sur les deux faces, rugueuses et très-inégales. Fleurs supportées par un pédoncule soyeux, visqueux et très- court. Pétales roses, bordés d'un léger duvet. Pédoncule soyeux, ainsi que le tube du calice. Fruit très-gros, arrondi, orangé, violacé, et couronné par les sépales dressées et de couleur brun foncé. Chair pulpeuse, molle, et propre à confire. Indigène; se trouve dans les bois montucux.

Esp. R. cotonneux, r. lomentom.

Diffère peu du r. canina et se distingue du précédent par ses rameaux grisâtres, ses feuilles plus petites, cendrées, cotonneuses, et ses aiguillons plus robustes, droits, horizontaux et sans soies. Fleurs rose vif, en coupe et supportées par un pédoncule soyeux. Fruit rond et déprimé, pulpeux, rouge, soyeux et dressé à la maturité. Indigène; se rencontre dans les bois de Meudon.

Esp. K. blanc, r. alba.

Espèce voisine du r. canina. Arbrisseau de 3 mètres, vigoureux, étalé. Rameaux divergents, vert clair. Aiguillons droits, minces, rougeâtres, légèrement agjués vers la pointe, plus faibles que ceux du r. canina. Feuilles par 5 folioles, ovales, simplement dentées, pubescentes en dessous et vert terne. Fleurs gi*andes, simples ou doubles, blanc pur ou carné, souvent odorantes. Fruit oblong, écarlate, brusquement arrondi à la base.

Le rosier blanc se trouve dans le midi de la France; c*est une espèce remarquable, qui a fourni quelques variétés non remontantes, estimées il y a quarante ans, et maintenant peu cultivées; cependant, on admire encore, dans quelques jardins, la charmante rose cuisse-de-nymphe, remarquable par la délicatesse de ses nuances, la princesse de Danemark, Sophie de Marsilhj et princesse de Lamhalle,

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