‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 8 sur 69 · DEUXIÈME DIVISION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DIVISION

ROSIERS DES INDES (r. indica) , DE l'aSIE OGGTDliNTALE, DE LA CHINE ET DU JAPON.

Arbrisseaux ordinairement élancés. Rameaux dressés, presque grimpants, se développant sur le collet de la tige, mais ne drageonnant pas des racines, comme dans la division précédente. Us sont plus tendres et moins ligneux, leur écorce est plus lisse, plus épaisse et d'un vert plus foncé, parfois teinté de rouge vineux; Textrémilé des jeunes bourgeons est souvent rougeàtre, ainsi que les aiguillons, qui sont rares, épars, égaux, lisses, charnus et renflés à la base. Yeux non écailleux, qui se développent souvent immédiatement. Végétation continue, qui n'est arrêtée que par les froids de nos contrées. Feuilles par 3 ou 5 folioles, lisses, épaisses, planes, coriaces et vert foncé; elles ne tombent ordinairement qu'à la fin de la deuxième végétation, ce qui les fuit paraître persistantes; mais la gelée cause parfois leur chute sous notre climat. Floraison tardive, ne s'arrêtant qu'aux gelées.

Fleurs souvent en corymbe et inclinées, pétales larges, étamines infléchies. Nuances tendres, blanches, rouges ou jaunes; rarement pures et souvent plus ou moins teintées de jaune de chrome; jamais jaune jonquille pur. Sépales rabattues sur le fruit. Pédoncule lisse et divisé. Fruits lisses.

ESPÈCES ÏNPIGEHES ET EXOTIQtES. 31

Oaeur nulle ou prononcée^ mais différente de celle de la première division. Espèces peu rustiques sous notre climat. Quelques hybrides, provenus de leur croisement avec les espèces d*Europe, sont moins sensibles à la gelée.

Esp. R. bengale, r . semper florens.

Var. R. lawrence, r. lawrenceana,

Var. R. hybride du bengale, non remontant.

Var. R. île-bourbon, r. burboniana. Supposée hybride.

Var. R. hybride d'île-bourbon.

Var. R. noisette, r. noisettiana. Supposée hybride.

Var. R. hybride de noisette.

Esp. R. thé, r. fragrans.

DESCRIPTION

Esp. VL* hen^aMe, r. toujours fleuri, r. semper florens.

Arbrisseau généralement vigoureux, surtout s'il est franc de pied. Quelques variétés peu élevées^ d'autres plus élancées. 11 pousse des rameaux vigoureux du collet de la tige. Rameaux droits^ charnus, forts, vert glauque, parfois inermes ou mu* nis de quelques rares aiguillons assek forts, rougeâtree, crochus, larges à la base. Feuilles par 3 et, plus rarement, par 5 folioles, lancéolées, aiguës, planes, souvent ondulées et simplement dentées, allongées^ coriaces et d*un beau vert luisant, assez foncé, souvent lavé de rouge,ainsi que les jeunes pousses.

Floraison très-hàtive, durable et qui n'est pas même arrê-^ tée par la gelée. Fleurs par 2 ou 3, ou solitaires sur les faibles rameaux, ordinairement de moyenne grandeur, simples ou doubles, rarement pleines^ et variant du carné au cramoisi foncé. Étamines allongées et contournées, odeur presque nulle. Fruit pourpre, arrondi, soudé au pédoncule et se délâchant à la maturité ou par l'effet des gelées ; ce qui le distingue des autres espèces. Ce fruit est très-long à mûrir et ne contient, sous notre climat, que des graines en grande partie infertiles.

32 ESPÈCES INDIGÈNES ET E&OTlQUES.

Introduit de Canlon (Chine) en Angleterre^ en 1780^ par le voyageur anglais Kee, puis, en 1800, au Jardin des Plantes de Paris, le bengale fut alors cultivé par un amateur distingué, le D^ Cartier, de Paris, qui obtint de semis, le premier, quelques belles variétés à fleurs doubles.

Les nombreuses variétés de bengale, obtenues et cultivées il y a trente ans, ont, en grande partie, disparu de nos collections : cela tient à leur peu de rusticité, à leur manque d'odeur et aux faibles dimensions des fleurs. Cependant, certaines variétés franches de pied sont fort estimées pour bordures et massifs peu élevés. Nous citerons, entre autres, le bengale ordinaire et surtout le cramoisi supérieur, d'un effet splendide. Les rameaux périssent quelquefois par la gelée. Plus approprié au climat du Midi et de Tltalie, le bengale y végète avec une vigueur extrême et y fonme des haies à floraison perpétuelle, des berceaux, des arcades de verdure, etc. 11 a le mérite de peu souffrir de la sécheresse et de donner, dans ces contrées, une floraison des plus abondantes.

Vâr. R. lawrcnee, Tulg. bengale pompon, r. lawrenceana.

Diffère du bengale par la faible dimension de toutes ses parties : c'est la miniature du genre rosier, quelques variétés ne dépassant pas 15 centimètres. Rameaux nombreux, minces, coudés, armés de nombreux aiguillons, droits, larges, assez forts et rougeàtres. Feuilles par 3 et 5 folioles très-petites^ lancéolées, aigués, planes, lisses, étroites, finement et simplement dentées. Stipules étroites et glanduleuses. Fleurs très-petites et de toutes les plus remontantes, doubles, rose vif et sans odeur. Les rameaux périssent par des froids modérés.

Introduit, au commencement de ce siècle, en Angleterre, par miss Lawrence, auteur d'un bel ouvrage sur les roses; elle le fit venir de File Bourbon; mais c'est de la Chine que cette variété y avait été transportée.

Yar. B. hybrides de bengale.

Groupe de variétés obtenues de 1820 à 1840, et qui paraissent provenir du croisement du bengale avec les provins;

elles ne remontent pas, mais se font remarquer par leur vigueur extrême et leur rusticité. Elles fleurissent abondam-* ment pendant deux mois, et leurs fleurs sont remarquables par la vivacité du coloris.

Ces hybrides, non remontants, sont d'un grand intérêt pour la culluro, puisqu'ils sont la souche de nos hybrides remontants. De plus, certaines variétés font de superbes sujets, entre autres MaJton, Brenyms, etc. Une variété, Vindica-major, est communément cultivée dans le Midi et en Italie : elle forme de superbes touffes et y remplace avec avantage l'églantier comme sujel, celui-ci supportant difficilement les fortes sécheresses de ces contrées.

VAn. R. Ilo-boiirlion*

Los navigateurs qui, à leur retour de Chine, relâchaient à l'ile Bourbon, y introduisirent les rosiers indica : ceux-ci s*y multiplièrent et servirent à former les haies des plantations. En 1817, M. Bréon, directeur du Jardin bolanique de l'île, découvrit un rosier d'un aspect particulier dans la haie d'une plantation de l'ancienne compagnie des Indes, et le supposa un hybride du bengale et du rosier bifère, espèces dont la haie était composée. Ce rosier fut nommé par lui rosier Edouard, nom de M. É.Périchon, propriétaire de la plantation. En 1 81 9, il en envoya quelques graines à M. Jacques, jardinier du château de Neuilly, qui les sema et en obtint quelques variétés, souche des île-bourbon, maintenant cultivées. En 1824, M. Neumann, chef de culture au Muséum, rapporta de l'île Bourbon un pied enraciné du rosier Edouard.

Arbrisseau généralement vigoureux; sa tête est plus ramassée que celle des thé et bengale; les rameaux sont plus gros , même vers l'extrémité , toujours terminée par des fleurs; les rameaux de longueur moyenne, par une fleur solilaire; d'autres, beaucoup plus longs, par un corymbe de 3 à 7 fleurs. Écorce épaisse, lisse et d'un beau vert. Aiguillons courts et forts, plus nombreux que sur les espèces précédentes; quoique assez écartés, ils se distinguent des derniers en ce qu'ils sont entremêlés de soies glanduleuses vers le pc-

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doncule ; il en est de même du pëtiole des feuilles, lesquelles 8ont ordinairement par 7 folioles rapprochées, unies, d'un vert terne et foncé; elles sont grandes, ovales et bordées de dents profondes et aiguës. Floraison assez hâtive chez quelques variétés et se continuant toute la belle saison. Les fleurs sont plus belles et plus nombreuses en automne. Sépales bordées de soies glanduleuses et tombant avant la maturité du fruit, qui est renflé et arrondi.

Cette variété tient une belle place dans les collections; elle est très-florifère, les fleurs sont de premier ordre et riches surtout en coloris pourpre foncé; les jaunes sont rares; elles sont supportées par des rameaux courts, formant une tête parfaitement arrondie. Mais le rosier île-bourbon est peu durable s'il est greffé à haute tige, sur églantier; sa tête n'est belle que les trois ou quatre premières années; aussi est-il bon de le renouveler souvent; de plus, ses fleurs sont quelquefois défectueuses, surtout par les sécheresses, et n'ont que peu ou point d'odeur.

Var. R. hybrido d*tle-lM»ttrl»oii.

Série importante d'hybrides remontants qui offrent quelque ressemblance avec les île-bourbon, mais les caractères qui peuvent servir 5 les distinguer sont fort incertains, et la classification de ces variélés est purement du ressort de l'horticulture. On les distingue par leurs rameaux, qui sont plus minces que dans les île-bourbon; ils végètent horizontalement, sont courts, raides et ligneux; les aiguillons sont rougeâtres, prononcés, aplatis, aigus et crochus; les feuilles sont moyennes, luisantes, elles ont les nervures saillantes et sont fortement dentées; la floraison, Ircs-abondanle, est parfaite au printemps et remonte franchement à l'automne; elles n'ont pas toujours leurs pé laies de forme parfaite, mais se distinguent par la vivacité du coloris, ordinairement cramoisi et pourpre vif.

Les hybrides remontants de celle race, qui sont à fleur foncée, ont pour souche un bel hybride à fleurs semi-doubles, mais d'un pourpre velouté éblouissant, la gloire-des-rosomanes.

ESPàcBS INDiGBNBS BT BXOTIQL'ES. 35

Certains rosiëristcs ajoutent aui hybrides d ile-bourbon^ a?cc plus ou moins de raison, certaines variétés remontantes à feuilles lisses, dont le calice est plus arrondi et renfle à la base que celui des hybrides de portland.

Var. R. nuîiêeiUi,

En i8t4, un horticulteur distingué de Paris, Noisette, reçut cette variété de son frère, Philippe Noisette, établi à Charlcstown, aux États-Unis. Elle lui était annoncée comme un hybride du r. indica et du r. musqué, obtenu de ses semis. Depuis cette époque, M. Robert, directeur du Jardin botanique de Toulon, obtint une rose identique d*une graine du rosier musqué semée par lui. Quoi qu*il en soit, le rosier noisette a formé une race remarquable, rustique, très-vigoureuse et qui se distingue par ses fleurs, en nombre considérable sur le même pédoncule.

Arbrisseau fortement développé et d*une vigueur remarquable, quelques variétés incertaines sont délicates et se dis* tinguent difflcilement de la rose thé. Rameaux élancés, arqués, parfois divergents, presque sarmcnlcux; ils prennent moins de développement sur un sujet greffe; Técorce est lisse et vert foncé ou violacé. Aiguillons plus nombreux que sur les ben^r gales et thés, ils sont épars, crochus, assez forts et teintés de violet. Feuilles rapprochées par 5, souvent 7 et rarement 9 folioles très* étoffées, ovales, aiguës et d*un beau vert luisant en dessus, blanchâtres en dessous, parfois violacées, simplement et finement dentées, et supportées par un pétiole velu et glanduleux.

Fleurs grandes ou moyennes et en corymbe, elles sont doubles et d'une bonne tenue, pétales de la bordure échancrés, ceux du centre sont entiers. Teintes très-variées, depuis le blanc pur jusqu'au cramoisi vif et jaune de chrome. Elles font un bel effet en masse, mais sont généralement peu odorantes* La floraison commence assez tard, fin juin, et dure jusqu'aux gelées. Styles libres, saillants, velus ou lisses, blancs ou pourpres.

Les rosiers noisette réussissent étant greffés, mais font de

plus belles touffes francs de pied ; quoique assez rustiques^ il est prudent de butter le pied en hiver. Cette race est précieuse parce que sa première floraison parait après celle des rosiers remontants. Elle possède principalement les couleurs blanc pur et jaune saumoné.

Var. n. hybride de noisette.

Les rosiéristes désignent avec plus ou moins de raison sous cette dénomination certains hybrides remontants qui se rapprochent des noisette par leurs fleurs qui sont réunies en gi-and nombre sur le même pédoncule, et des hybrides remontants par leurs rameaux et leur feuillage. Cette classification n'a rien de fixe puisqu'elle repose sur des analogies douteuses. Ces variétés sont généralement rustiques et florifères.

Esp. B. thé, r. indica fragrans.

Arbrisseau élégant, mais délicat, qui supporte difficilement nos hivers et exige un abri dans cette saison ; sa végétation est surtout remarquable dans le centre de la France, à Angers particulièrement. Rameaux peu nombreux, lisses, arqués, sans soies ni glandes. Écorce épaisse, verl sombre, parfois teinté de rouge vineux. Aiguillons rares, épars, forts, lisses, rouge vineux, crochus et comprimés à la base. Feuilles I par 3, 5 et rarement 7 folioles allongées, distantes^ épaisses,

\ aiguës, luisantes, souvent bombées, vert foncé.

j Fleurs le plus souvent en corymbe de 5 à 7 fleurs suppor-

I léespar un long et faible pédoncule; aussi sont-elles forle-

i ment inclinées. Larges pétales, centre formant le cœur. Coloris

î varié et délicat, rarement rouge vif, le plus souvent pâle et

j de nuances mélangées; rose clair ou blanc lavé de jaune, ou

I jaune de chrome plus foncé, plus ou moins teinté de cerise.

j Odeur spéciale, parfois prononcée, comparable à celle du thé.

j Les sépales tombent avant la maturité du fruit, qui est un des

t plus gros du genre; il est globuleux, rouge sombre, puis

I noirâtre à la maturité; il réussit mal à Paris, car ses graines

I y mûrissent rarement. La floraison est tardive et dure jus-

j qu'aux gelées; les temps couverts de l'automne lui sont

j darticulièrement favorables.

Cette espèce élégante n'est pas assez répandue dans les jardins^ où elle forme un charmant contraste avec nos roses remontantes^ d'un aspect différent ; mais^ par suite de l'habitude contractée de la greffer sur églantier^ elle gèle souvent jusqu'à la greffe^ ce qui la fait peu à peu disparaître de nos jardins. Cultivée franche de pied^ il suffit de butter la touffe en hiver^ pour que les racines et la base des branches se conservent intactes et fassent développer une nouvelle tête au printemps.

Le rosier thé a été introduit de Chine en 1789^ mais ce n'est qu'en 1810 qu'il s est répandu dans les jardins.

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