‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 9 sur 69 · ROSIERS SERPENTANTS ET GRIMPANTS · texte numérisé non relu

ROSIERS SERPENTANTS ET GRIMPANTS

Les espèces de cette série sont généralement d'une vigueur extrême; leurs rameaux dépassant quelquefois dix mètres de longueur. La plupart sont originaires de l'Asie orientale et diffèrent peu comme végétation de la division précédente. Sur presque toutes ces espèces, les styles de la fleur sont soudés en une colonne saillante; les fleurs sont généralement petites^ en corymbe et de teintes peu vives; le blanc pur s'y rencontre communément. Les feuilles persistent le plus souvent le premier hiver et tombent à la Un de la deuxième végétation ; elles sont généralement petites et étroites. Peu d'espèces sont assez rustiques pour supporter nos hivers.

£sp. R. des champs, r. arvensis.

Var. R. ayrshire.

Esp. R. toujours vert, r. sempervirens.

Esp. R. multifloro, r. multiflora.

Esp. R. de Banks, r. banksiœ»

88 itSFàcSS INDIGÈNES ET EXOTIQUES.

Esp; R. à fldurs d'anémone^ r. anemonœflora,

Ësp. R. à feuilles de ronce> r. rubifolia.

£sp. R. musqué» r. mosc^oia.

fisp. R. bractéolé^ r. 6ractea(a.

ilap. R. à petites feuilles» r. tnicrophylla.

Esp* incertaine^ rose jaune de Fortune.

DESCRIPTION

£sp. R* des ehampfl^ r. arvensis.

Arbrisseau rampant, désigné communément sous le nom d'églantier des champs; indigène, il se rencontre souvent sur la bordure des champs et fossés. Rameaux grêles, allongés, rampants sur le sol^ et imitant ceux de la ronce; teinte violette ; aiguillons épars, rougeâtres, robustes, presque égaux, comprimés à la base et légèrement recourbés; feuilles semi-persistantes, épaisses, écartées, par cinq et sept folioles vert terne violacé; fleurs simples, assez grandes, en corymbe bu solitaires, de une à quinze fleurs blanches à onglet jaunâtre et peu odorantes; styles soudés en une longue colonne lisse; fruit rond, brun cramoisi.

Cette espèce doit être rejetée pour former des sujets propres à grefTer, à cause de la faiblesse de ses tiges.

YàR. r. ayrahire.

Cette magnifique variété a été trouvée en i768, dans le jardin du château de London, comté de Ayr, en Ecosse. Une notice à ce sujet a été envoyée à la Société d'horticulture de Londres en 1823, par un jardinier voisin, qui dit se rappeler parfaitement que ce rosier provenait du Yorkshire, d'où il suppose qu'il y avait été introduit d'Allemagne. Selon les uns, ce serait peut-être une espèce américaine, selon d'autres, on doit le considérer comme un hybride du rosier arvensis et de quelque espèce exotique.

Rosier grimpant^ précieux à cause de sa beauté, son dé*

ESPECES INDIGÈNES El EXOTIQUES. 39

Teloppement considérable et sa rusticité. Rameaux trèslongs^ dix mètres, vert bleuâtre, munis d'aiguillons assez nombreux, allongés, aigus, légèrement recourbés, et teintés de rose; feuilles ordinairement par sept folioles allongées; fleurs nombreuses, en corymbe, moyennes^ doubles^ blanc ou rose, plus ou moins teinté de cramoisi.

11 est parfait pour former des colonnades, berceaux, etc. Plusieurs de ses variétés sont cultivées plus particulièrement en Angleterre ; il est à regretter qu'elles ne soient pas plus répandues dans nos jardins.

Es p. R. l«iyoar« Tert, r. sempervirens ,

Arbrisseau grimpant et de hauteur variable, rameaux forts, allongés^ divisés en un grand nombre de faibles brindilles ; écorce vert clair lavé de rouge ; aiguillons assez nombreux, minces, épars, rougeàtres, légèrement recourbes et comprimés à la base; feuilles par sept folioles, moyennes, persistantes, planes, épaisses, aiguës, simplement dentées et vert foncé luisant; fleurs nombreuses, petites, blanches, simples et en corymbe; styles soudés en une colonne velue; fruit ovoïde, rouge orangé.

Cette espèce se rencontre en Afrique, dans le midi et le sud-est de la France. Elle a donné quelques variétés cultivées.

Ësp. R* mulliflore, r. multiflora, . Bel arbrisseau grimpant, vigoureux et susceptible de couvrir une grande étendue de muraille. Rameaux minces, trèslongs, sarmenteux, en grand nombre, lisses et flexibles, quelques aiguillons par paires à la base du pétiole, fins, crochus^ peu apparents; bractées et stipules profondément incisées, pétiole très-velu, feuilles par 3 et 7 folioles rapprochées, molles, duveteuses en dessous, profondément gaufrées et vert jaunâtre. Long pédoncule velu, très-divisé et supportant une multitude de Oem-s en corymbe, rose carné, petites, bien faites, doubles > et se développant en juillet^ styles velusy soudés en une colonne, fruit turbiné, hérissé, rouge clair et non couronne par les sépales.

Le multiflore fait un effet splendide^ placé au levant et au midi sur la façade d'une maison, qu'il garnit complètement de guirlandes de roses. Malheureusement il gèle à 8 degrés sous notre climat, à moins d'être palissé à bonne exposition abritée. 11 doit être franc de pied, car il fait peu d'effet étant greffé. Introduit. du Japon en Angleterre en 1804, ce ne fut qu'en \ 820 qu'il fut cultivé en France.

Es?. R« de BaDks, r. banksiœ.

Rosier d'une vigueur extrême, alteignant dans le Midi la cime des plus hauts peupliers, qu'il finit par étouffer sous la masse de son feuillage et de ses fleurs. Rameaux de plusieurs mètres de longueur, de force moyenne, à écorce épaissey lisse, vert foncé, et fortement géniculés en zigzag, sans aiguillons, jeunes pousses rougeâlres. Feuilles par 3 et 5 folioles étroites, aiguës, luisantes, à pointe obtuse, finement dentées et vert sombre parfois bordé de rouge; elles sont persistantes et ne tombent sous notre climat que dans les hivers rigoureux; les fleurs se développent à l'extrémité de minces brindilles qui sortent le long des rameaux de l'année précédente et fleurissent de mai à juillet; elles sont supportées par un pédoncule grêle et divisé, chargé d'une quantité prodigieuse de petites fleurs de 3 centimètres de diamètre ; doubles, bien faites, blanc pur, odeur de violette ; fruit ovale arrondi.

Cette espèce gèle à 10 degrés sous notre climat, aussi doiton couvrir la souche d'un paillis en hiver. Elle fut introduite en 1807 de Chine en Angleterre par M. Keer, et dédiée à lady Joseph Banks, femme d'un amateur anglais, qu'il ne faut pas confondre avec Banks, compagnon du capitaine Cook. M. Boursault, célèbre amateur, l'introduisit en France en 1819.

Une variété plus rustique, la banks épineux, fut introduite de Chine, il y a une vingtaine d'années, par le voyageur Fortune ; elle se distingue par ses aiguillons accolés à la base des feuilles et par ses fleurs solitaires, de 5 centimètres de diamètre, doubles, à pétales blancs teintés de jaune et légèrement chiffonnés.

ESPACES INDIGÈNES ET EXOTIQUES. il

Le banks à fleurs jaunes se couvre d'une multitude de petites fleurs doubles jaune beurre frais, tournant au nankin, de 3 centimètres de diamètre. Il fut présenté, en 1823, à la Société d'horticulture de Londres, par J. Damper.

Es p. R. h flcars d'anénono, r. anemonœflora. Celte espèce a été introduite de Chine depuis quelques années; elle est remarquable par la régularité de ses charmantes fleurs blanches, que l'on a comparées à des anémones. Rameaux lisses, sarmenteux, assez élevés ; feuilles petites, aiguës; fleui*s petites, nombreuses, en corymbe. Espèce peu commune dans les jardins.

Es p. R. A feailles de ronee, r. rubifolia, ' Arbrisseau sarmenteux de 2 mètres. Rameaux droits, lisses, vert clair et munis de quelques aiguillons recourbés. Feuilles distantes, par 3 et 5 folioles ovales, aiguës, vert clair, duve* teuses en dessous et simplement dentées. Fleurs petites, en corymbe de trois fleurs rouge pâle, supportées par un pédoncule lisse. Styles velus, groupés en une seule colonne. Fruit lisse, de la grosseur d'un pois. Cette espèce assez jolie est originaire de l'Amérique du Nord ; un petit nombre de ses variétés sont cultivées dans les jardins.

Esp. R. nmaqaé» r. moschata.

Belle espèce orginaire des parties de l'Afrique qui bordent la Méditerranée et particulièrement du Maroc. Elle se rencontre également en Perse, en Espagne et dans le Roussillon; quelques variétés sont cultivées dans les jardins du Midi; elles supportent difficilement les froids de notre climat et leur végétation y est faible.

Arbrisseau vigoureux, qui devient un petit arbre dans son sol natal. Rameaux droits, forts, vert terne teinté de pourpre vers l'extrémité des pousses. Aiguillons nombreux, inégaux, larges, crochus, rouge lie de vin. Feuilles par 7 et 9 folioles, ovales, aiguës, simplement et finement dentées, blanchâtres en dessous ; la nervure médiane velue. Pédoncule rougeâtre et velu, supportant de nombreuses fleurs en corymbe; elles

sont blanches^ à onglet jaunâtre , simples ou doubles. Styles réunis en une colonne lisse. Cette rose répand une odeur pro« noncée de musc; aussi est-elle entre toutes la plus odorante. La floraison est tardive^ en août et septembre. Fruit petit et rougeâtre.

Es p. R. Iiraeleolé, r. braieata.

Arbrisseau touffu, rameaux droits, longs, flexibles, duveteux, munis d'aiguillons par paires, très-forts, recourbés et entremêlés de soies. Feuilles par 5, 7 et 9 folioles, ovales, luisantes, légèrement duveteuses en dessous et en partie persistantes. Fleurs solitaires, de juillet aux gelées, moyennes, doubles; pétales ovales, blanc pur, odeur douce d'abricot. Le tube du calice est recouvert en tout ou partie de bractées ou feuilles florales à pétiole très-court. Fruit rond, duveteux, rouge orangé.

Celte espèce élégante a été introduite en Europe par lord Macartney, en 1793, à son retour d'ambassade en Chine ; elle ne supporte pas nos hivers rudes ; aussi faut-il couvrir la souche; elle convient pour berceaux, et elle est cultivée dans quelques jardins d'amateurs.

Esp. R. à petites feailles, r. microphylla.

Sous-arbrisseau touffu et peu élevé ; rameaux grêles, sarmenteux, vert clair ; aiguillons à la base du pétiole. Feuilles par 5, 7 et 9 folioles, très-petites, ovales, luisantes, aiguës, et finement dentées. Fleurs doubles, pleines, en coupe, solitaires, rose carné et munies d'une bractée étroite au calice, qui est fortement duveteux et hérissé. Jolie petite espèce, qui convient parfaitement pour vases d'ornement; elle est originaire de Chine et des montagnes de l'Himalaya.

Espèce incertaine. R. de Fortune à fleurs doubles.

On ne connaît de cette espèce que la variété à fleurs doubles. Elle fut découverte par le voyageur anglais Fortune, dans le jardin d'un riche mandarin à Ningpo ; elle y tapissait un vieux mur. Fortune l'envoya à Londres en 1 845.

Espèce vigoureuse et grimpante; rameaux sarmenteux ,

HISTORIQUB DB LA CULTURR DU ROSftil. 43

forts^ lisses^ vert sombre^ feuilles moyennes^ étroites^ aiguës^ épaisses^ persistantes et vert foncé. Fleurs assez grandes^ doubles^ d*un jaune indécis^ fond gomme gutte lave de carmin; nuance remarquable^ mais qui manque de vivacité. Les fleurs se développent tardivement, et se trouvent à Textrémitë de faibles brindilles, sorties le long des rameaux de Tannée précédente.

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