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instances du Procureur général’, a rendu un arrêt « en vertu duquel vous pouvez et devez maintenir l'authorité de vos charges, non seulement en ce chef, mais aussi en tout autre et en la conservation de vos privilèges ». Mais la Cour n’a rétabli le privilège des élus qne pour un an, et elle y a mis comme condition qu'ils emploieraient tous leurs soins « pour bien faire payer les deniers du roy ». À la suite de leurs instances, elle prolonge ce délai de deux ans, malgré les protestations des trésoriers?, mais les élus ne cessent d'être tracassés par leurs adversaires.
Le retour de Mazarin en 1653 mit un terme à cette querelle. L'épreuve avait montré que n1 les trésoriers ni les élus n'étaient capables de répartir l'impôt avec zèle et désintéres-
sement; un gouvernement fort ne pouvait employer ces agents
dénués de zèle et d’honnêteté. Tandis que l’on travaillait à dissoudre les deux syndicats, les intendants étaient réinstallés dans les provinces*, et prenaient la place des deux adversaires.
Ce rétablissement des intendants, on l'a vu, n’alla pas sans difficultés. Tandis que les trésoriers leur contestaient le droit d'intervenir dans la répartition de la taille entre les élections, les élus voulaient leur enlever le département. A la fin de 1661, ils adressèrent au roi un long mémoire où la conduite de ces intrus était sévèrement jugée. Tant que les impôts ont été « tant soit peu réglés et modérés », disaient-ils, il n’y a pas eu de non-
1. Il faut adresser des remerciements particuliers à Mgr le Procureur général, « qui s’estant rencontré en cour avec nosseigneurs des Finances, ausquels les sieurs trésoriers de France vouloient persuader qu'ils avoient droict d’aller par les paroisses de l'eslection de Paris et par les eslections de la généralité pour informer des dommages et degasts faits par les gens de guerre pendant les troubles derniers et faire le régalement de la somme de 700 000 1. dont S. M. veult et entend faire remise aux contribuables des tailles de ladite eslection de Paris, et de la somme de 200000 1. sur les autres paroisses de la généralité de Paris qui ont pareillement souffert pendant lesdits mouvemens ; ausquelles prétentions desdits sieurs trésoriers Mgr le Procureur général se seroit opposé, et remontré qu'iceux n'ayant aucune jurisdiction contentieuse, ils ne pouvoient faire lesdites informations ny procéder audit régalement, que cela dépendoit de la fonction des officiers des Eslections. De quoy nosdits seigneurs du Conseil sont demeurez d'accord, et dont nous estimons nécessaire de vous donner advis. »
9, Les trésoriers de France publient un mémoire à la fin de 1649 pour expliquer que leur droit de présider au département a été supprimé « la présente année pour quelque motif particulier, sans tirer à conséquence », parce qu'il n'y avait qu’à « suivre celuy [le département] de l’année passée à la diminution près de 1/5 de remise sur chaque paroisse, suivant la déclaration du roy ». L£35 12; les élus répliquent que « ce qui a esté trouvé bon en une année ne peut estre vicieux et défectueux l’année prochaine ny les suivantes ». Pendant les deux années 1650 et 51 encore, certains bureaux des finances refusent de leur délivrer les commissions des tailles et les gardent à leurs greffes. (Circulaire des syndics, 25 mars 1652, L(38 14.) ï
3. Une réorganisation de l'administration centrale était également faite dans les finances : Servien et Fouquet étaient nommés surintendants des finances et Menardeau-Champré, directeur; les élus espéraient que ces nominations leur seraient favorables : cf, les harangues flatteuses qu'adressèrent aux nouveaux promus leurs syndics (B. N., Lf38 15) mais ils ne tardèrent pas à être détrompés.