Noir ci-dessus, p
valeurs; « mais depuis qu'il n’y a eu plus de régle ni de mesure dans les impositions et qu'on à envoyé des intendants et des commissaires dans les provinces, il y a eu des non-valeurs et restes ».
Les intendants, « estant pour la plupart à la dévotion des traittants qui les choïsissoient et envoyoient dans les provinces, (ils) ont faict et font encore les départemens et assiettes selon leur caprice, sans prendre les suffrages des officiers, et sans considérer les forces des paroisses, chargeant pour l'ordinaire les bonnes qui payent et font leur devoir, et diminuant les mauvaises, afin d'assurer les recouvremens qui estoient en party sans se soucier de ceux de l’advenir : tellement qu’ils les ont toutes réduites à un mesme point, c’est-à-dire hors d’estat de pouvoir payer leur imposition, s’il n'y est pourveu par V, M., au lieu que les officiers avoient coustume d'y procéder tout d'une autre manière, faisant droit à chacune parroisse sur ses pertes et translations de domicile des habitans, et visans plustost a conserver et faire subsister leur eslection qu'à servir aux volontez et à l’avarice des traittans.. On a procédé avec toutes les rigueurs et violances imaginables; on a traitté vos subjects, Sire, non comme subjects, mais comme ennemis ou comme rebelles; on a employé premierement des fuzeliers et carrabiniers destinez expres, puis on a envoyé contre eux les trouppes qui estoient dans les provinces, qui ont vescu à discrétion dans les paroisses, pillé et rançonné les habitans, et n’en sont sortis qu'après les avoir ruynés de fond en comble, ayans bien souvent eux-mesmes mangé et consommé vos deniers, comme il se pratique encore à présent en divers lieux : au lieu qu'auparavant un huissier ou deux les faisoient venir dans vos receptes ?. »
Mais cette opposition fut sans résultats. Les intendants, appuyés par le Conseil, demeurèrent dans les généralités, avec le pouvoir de faire le département de la taille; les élus virent leur nombre réduit par l'édit d'août 1661, et tout rentra dans l’ordre. Trésoriers généraux, élus, intendants, durent collaborer à la répartition des impôts, et l’intendant devint bientôt leur chef incontesté.
L'hostilité subsista pendant bien des années entre les trésoriers et les élus; elle se manifestait surtout lors des chevauchées des trésoriers dans les élections : le 13 juillet 1662, M. du Boscage, trésorier de France à Caen, vient faire sa chevauchée à Valognes; il convoque devant lui le président de l'élection. qui lui fait répondre par deux fois « qu'il alloit en conférer à sa compagnie » et finalement ne comparait pas. M. du Boscage apprend que les élus font, dit-il, « raillerie de nos semorices et du sujet de nostre dit voiage », et il doit se retirer sans rien faire?. Le 20 décembre 1070, les élus de Caen refusent également de comparaître devant M. de Fourmentin, trésorier