Décl. du 16 avril 1643, art
GANT p.547:
nellement advient qu'en faisant par eux l'assiette et département de nosdites tailles ils ne scavent par où en prendre et foulent ceux qu'ils devroient soulager et en ostent où il en faudroit mettre, tellement qu'égalité n'est gardée esdites assiettes ! ».
Même après qu'aux élus on eut adjoint l’intendant et les trésoriers de France, ces chevauchées conservèrent leur importance, car personne ne pouvait mieux que les élus prendre une connaissance détaillée des ressources de toutes les paroisses. L'intendant d'Alençon, de Marle l’a expliqué après une tournée dans sa généralité où il était récemment arrivé :
« J’ay pris quelques mémoires dans la province dont j’ay faict deux fois le tour, mais je ne me flatte pas assez pour croire qu’en huict mois j'en puisse avoir appris autant que tous les esleux ensemble, dispersez en différentes eslections et dans différentes paroisses, desquelles leur bien particulier [leur] donne des connoïssances et des lumières plus asseurées; je puis tousjours vous dire que la pensée de faire grâce et de déférer à la recommandation n'entrera point dans mon esprit ?. »
La difficulté était la même pour les trésoriers généraux, qui d’ailleurs négligeaient complètement leurs fonctions.
Les intendants auraient voulu trouver dans les élus des auxiliaires utiles. Maintes fois ils les engagèrent à faire soigneusement leurs chevauchées pour les renseigner sur le détail de tout; Barin de la Galissonnière écrit à Colbert le 5 juin 1664 : « J'ay dict aux esleus de ceste eslection d'’aler faire leurs visites, et je leur donneray une ample instruction, afin qu'au premier département on puisse esgaler la taille avec plus de justice? ». Des circulaires leur furent adressées, des recommandations inscrites dans les commissions et dans les règlements. Mais on ne put guère obtenir d'eux. Beaucoup s’abstinrent complètement de faire des chevauchées. Pescheur écrit à Colbert en 1665 que « les esleuz ne font plus de chevauchées parce que le quart des droitz qui leur reste n’est pas suffisant pour les fraiz de leurs voyages * ». En 1685, l’intendant de Bordeaux écrit que dans sa généralité les ‘élus « se dispensent de faire leurs chevauchées et ne veulent marcher et faire de procès-verbaux qu'autant qu'ils sont payés” ». Souvent leurs gages sont suspendus par les Bureaux des finances parce qu'ils n'ont pas remis de procèsverbaux; lorsqu'ils font leur inspection, ils s'en acquittent
comme d'une corvée; ils la considèrent comme une simple formalité pour être payés.
LAC ENTEUET,
2. L. à Colbert, Alençon, 30 sept. 1666. M. C. 140, f 512, Il était arrivé dans la généralité le 11 janvier précédent,