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avec les receveurs des tailles, les deux receveurs généraux et leurs commis, et en outre, pour l'élection de Mortagne, « un commis à la recepte des tailles, nommé Rouillon, qui peut en avoir cognoissance ! ». Les receveurs attachaient un srand prix à cette du parce qu'elle leur permettait de défendre leurs intérêts. L'intendant de Rouen décrit dans une lettre du 10 septembre 1682? comment il procède habituellement avec eux : « J'escrivis, en recevant les commissions des tailles, aux receveurs particuliers de faire leurs projets, et à M. Aubry, receveur général, de se rendre icy; il m'a mandé que dez quil auroit receu vos ordres et signé son prest, qu'il partiroit ? ».
L'intendant préside la commission *. Il domine tous les autres officiers, par sa qualité éminente, par l'appui que lui donne le Conseil, par les faveurs qu'il dispense. Les élus, qui seuls ont qualité pour délibérer avee lui, lui sont expressément subordonnés par les ordonnances qui lui donnent voix prépondérante. C’est lui qui choisit les trésoriers, et fait payer leur gratification ; il est libre de consulter ou non les receveurs, et nest tenu de suivre l'avis de personne. Il est vraiment le maître.
Cependant, il ne peut tout faire par lui-même : il n’a pu, dans ses chevauchées, visiter toutes les paroisses, à beaucoup près; personnage étranger au pays, homme de loi qui, avant son entrée en fonctions, n’a guère vécu qu'à Paris, il ne peut savoir en détail les ressources d’une région. Force lui est de s’en rapporter à ses subordonnés. Mais ceux-ci, mieux en état de tout approfondir, travaillent mal et sont suspects; l'intendant ne doit pas les croire sur parole. Richer d'Aube l'explique clairement au jeune homme qu'il veut former : les élus, dit-il, ont trop « de crainte, de haine ou d'affection » et d’« intérêt personnel » pour qu'on s'en rapporte à eux; c'est précisément pour empêcher leurs injustices que les intendants on été chargés de ce travail. Les trésoriers généraux ont pareillement montré leur partialité : « c’est parce qu'on à découvert que, quand les trésoriers de France avoient la principale influence sur les départemens, la taille n'étoit pas assez bien départie, qu'on a mis au-dessus d'eux les intendans, qui, revestus d’une plus grande autorité, et plus à portée d'obtenir du roy tous les secours nécessaires pour parvenir à faire d'assez justes dépar-