‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 123 sur 466 · Lettre du 31 octobre 1672, M. C. 162, f · texte numérisé non relu

Lettre du 31 octobre 1672, M. C. 162, f

2. En septembre 1672, le receveur général de Rouen prie Colbert « de donner ordre à M. de Creil [l'intendant] de ne pas travailler au département qu'il ne soit près de luy » (Clairamb, 793, p. 151).

3. L. à Colbert B. N., fr. 8 761, f° 67, il presse en conséquence Colbert d'envoyer ses ordres au receveur général.

&. On a vu plus haut, p. 45, comment leur pouvoir s'était établi. Il fut confirmé, en ce qui concerne le département, par l'arrêt du Conseil du 25 août 1663 et le règlement d'août 1664.

temens, sont presumés devoir les faire mieux qu'eux. Les trésoriers de France n'ont plus aucun moyen d'acquérir la connoissance de la force des communautés : il n'y auroit pas de justice à ce que leurs suffrages pussent balancer ceux des intendans, faits pour tout approfondir! »., A l'égard des receveurs, la même méfiance est nécessaire : « Il ne conviendroit ny par raport à leur qualité de comptables, ny en esgard à l'intérest personnel, qui pourroit leur faire désirer aveuglément que les communautés les plus exactes à payer la taille fussent les plus chargées, qu'ils eussent influence sur le département autrement que par la persuasion résultant des représentations bien appuyées qu'ils peuvent faire? ». Conclusion : « le projet de distribution de la taille que les officiers assistant à des départemens présenteront ne devra estre suivy qu'autant que ce qu'il y sera proposé pour chaque communauté se trouvera solidement apuyé ? ». C’est à la même conclusion qu’un autre intendant, Lallemant de Levignen, aboutit : « Ce qui arrive de la part des seigneurs et des officiers des elections [au département] n’est pas moins commun du côté des receveurs des tailles pour leurs fermiers ou ceux de leurs amis par l'espérance que les collecteurs forment u'ils leur donneront du tems et les épargneront dans les frais“ ». Colbert recommandait lui-même la méfiance aux intendants comme un devoir professionnel : il ne faut pas, dit-il, trop « autoriser » les trésoriers généraux; gardez-vous de toujours suivre les avis des élus, afin de faire « connoistre aux peuples qu'ils ne sont pas les maistres de l'imposition Ÿ ». Après lui, le contrôleur général Le Pelletier conseillera à l’intendant d'Auvergne de se faire informer « par quelques personnes sûres et fidèles », sans leur donner une mission publique : des agents d'information secrets et non contrôlés lui paraissent encore préférables aux agents réguliers du gouvernement. Le département fait par de tels moyens ne pouvait être que médiocre.

1. B. N.fr. 21 812, p. 60-61. Cf. une lettre de l’évêque de Saintes, du 18 mai 1664 : les élus « n’advertissent pas comme ils devroient MM. les intendans de la force des purroisses » (Depping, IIT, 67).

2. B. N. fr. 21812, p.58. Cf. également sur ce point le mémoire rédigé pour l’intendant Orsay : « Pour se rendre nécessaires d'année en autre, ils ménagent beaucoup de changemens dans leurs élections en sorte que bien souvent ils demandent en une année des diminutions considérables pour des paroisses qu’il suppose misérables, et dans l’année suivante il tâche de les faire augmenter disant qu’elles sont très bonnes. » (B. N. fr. 11 096, f° 33) et Boisguilbert, Détail de la France : « Aux départemens les receveurs sont assez les maîtres sous prétexte qu'ils sont garants du recouvrement » (éd. Daire, p. 177).

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