B. N: fr. 21812, p
3. Tous les écrits relatifs à la taille, à partir de Vauban, reviennent sur ce point. Leur énumération formerait une liste démesurée. Les cahiers de 1789 contiennent presque tous des doléances sur ce sujet.
L. Mémoires présentés au due d'Orléans, éd. 1727, t. I, P. 96; cf. p. 106. Boulainvilliers est hostile aux intendants.
5. « Cet arbitraire n’a presque point d’inconvénient » dit Turgot, parce que l’intendant redoute l'opinion publique (Œuvres, éd. Daire, I, P. 477). Mais à notre époque, il n’y avait pas d'opinion publique.
Les contribuables n'étaient pas seuls intéressés au département. Tout exempt possédant des terres dans une paroisse désirait que celle-ci füt le moins imposée possible : il obtenait en échange la protection des collecteurs pour ses fermiers, qui payaient plus cher leur ferme, si bien qu’en fin de compte le dégrèvement était à son profit. Quand un particulier arrive à faire soulager une paroisse, écrit Boisguilbert, il « a pour sa récompense l’'exemption de ses fermiers ou receveurs, qui sont taxés à rien ou très peu de chose, mais qui, par une espèce de contre-échange lui payent la taille... et si les autres fermiers ou détenteurs de fonds à louage les tiennent à 8 1. l’arpent, ceux des seigneurs les prennent à 10 et 11 1... On épargne ou l’on considère (ce qui est le mot en usage), les fermiers du seigneur de la paroisse à proportion que l’on croit qu'il s’est employé lui-même... pour faire considérer la paroisse! ». Certains personnages allaient même plus loin : ils se faisaient payer par les paroisses pour les protéger : un mandement de l'intendant de Caen en 1676 dénonce « aucuns gentilshommes et personnes puissantes qui... exigent des corvées et font des levées sous prétexte de récompense de leur protection, soit pour les exempter de logement des gens de guerre, diminuer leurs impôts ou autrement? ». À Pont-l'Evêque, en 1670, le marquis de Silly assomme le receveur des tailles qui prétend faire payer ses paroisses ?.
Le résultat de cette pratique était que. la taille imposée sur l'élection devant être payée malgré tout, c'étaient les autres paroisses qui supportaient la diminution accordée aux protégées *;
1. Détail de la France, 64, 1707, I, p. 22-23. Cf. le mémoire d’Auber, cité plus haut, p. 136. Ces faveurs étaient devenues presque régulières, par exemple le 2 février 1631, un sieur de Monferville adresse une lettre aux Elus de Caen pour obtenir une diminution de taille pour la paroisse de Cabourg qui lui appartient : il leur demande de le faire par « considération » pour lui, et à cause de la misère des habitants : « Je vous puis jurer sur mon honneur qu'à moins d’une diminution très considérable, ce seroit offencer Dieu de les y forcer [à payer leur taille] ». (A. D. Calv. Election de Caen, correspondance.) Cf. le Mémoire de Colbert à Mazarin, 1659, Clém. VII, 177.