‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 132 sur 466 · A. D., Calv., Election de Caen · texte numérisé non relu

A. D., Calv., Election de Caen

3. Clém II, 77. Cf. la lettre de Barin de la Galissonnière, du 10 nov. 1670, et son procès-verbal, M. C. 155, [°° 358-561. ,

4. La protection ne s’étendait pas seulement aux impôts, mais à toutes les affaires du ressort des élus et des trésoriers de France. L’accablement venait aux paroisses non protégées de toutes les manières : Barin de la Galissonnière écrit d'Orléans à Colbert le 21 novembre 1665, qu’il a trouvé près de Châteaudun des paroisses qui étaient ruinées par les saisies et les frais de justice, la raison en est que « les communautez ne se deffendent jamais et perdent toujours leurs procès parce qu’elles n’ont point de protection ». (M. C. 133, f° 497.)

la décharge des unes entrainait la surcharge des autres, et par conséquent leur ruine; les non-valeurs étaient augmentées d'autant; c'était le Trésor qui, finalement, payait les faveurs ainsi faites.

L’« arbitraire » de la taille donnait cependant aux répartiteurs la liberté de les distribuer à leur gré. Maintes fois avant 1661 le reproche avait été adressé aux élus et aux trésoriers généraux de protéger indûment les paroisses où ils avaient des biens, eux, leurs parents et leurs amis. Parmi les motifs de l’établissement des intendants figurait le désir de supprimer cet abus. Colbert s’appliqua à réaliser ce PTE : dans de nombreuses instructions il ordonna aux inten ants d'empêcher toutes protections illicites, et de n’écouter eux-mêmes les recommandations de personne. Travaillez, leur dit-il en 1663, « sans avoir esgard aux recommandations de qui que ce soit, estant certain que la cause des grandes non-valeurs du passé provenoit de l’accablement des uns par la descharge que l’on donnoit aux autres qui estoient fortement appuyés! ». « Il n’est rien, écrit-il encore en 1670, qui soit plus contraire aux intentions du roi, ni à quoy vous deviez donner plus d'application, qu'à empescher qu'aucune paroisse ne soit soulagée à l'oppression des autres? ».

Les protections illégitimes des élus, trésoriers généraux et receveurs disparurent le jour où l’intendant eut la haute main dans le département; ce fut du reste une des causes de l’hostilité de ces officiers contre le commissaire du roi: cette hostilité, très vive au début, durait encore en 1683?.

À cette date, le président de l'élection de Neufchitel refuse de signer le département en déclarant, dit l'intendant. « qu'il en usoit ainsy parce que nous n'avions pas suivy son advis sur quelques paroisses qu'il vouloit faire augmenter ou diminuer », et l’intendant demande au contrôleur général une punition sévère pour cet officier, dont la conduite serait d'un fâcheux exemple aux autres“. Les intendants soutenus par Colbert étaient de taille à résister à ces puissances locales. Celui d'Alençon écrit au ministre le 16 octobre 1666 : « Je scais que dans les départemens des tailles j'auray peut-estre désobligé plusieurs personnes, mais en faisant mon debvoir Je suis asseuré de l'honneur de vostre protection et que vous aurez la bonté de

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