Clém. II
2. Lettre du 16 octobre 1670 à Hachette, Trésorier de France à Paris, chargé du département dans la généralité à la place de l’intendant: Clém. IL, 75; cf. la réponse de Hachette, Clairamb. 792, p. 333.
3. En 1665, les élus de Saint-Jean d Angely refusent de signer le département parce que, dit l’intendant, « j'ay augmenté de taille leurs paroisses et celles qu'ils protégeoient, qui ne pes ent rlen presque, à comparaison des autres, ses officiers s’estant donné plus d’authorité que tous ceux des aultres eslections, et surtout l’ancien président qui n’a pu supporter que j’aye augmenté sa paroisse de 500 1.» Lettre de Barentin à Colbert, 30 nov. 1665, M. C. 133, f 730.
4, L. du 25 oct. 1683, A. N. G7499.
faire connoistre au roy aveq quel zèle je me conduis dans toutes les choses qui regardent son service! ».
Mais les intendants n'étaient pas pour cela à l'abri de toutes les sollicitations : ils étaient dans la dépendance de personnes puissantes, grands seigneurs, courtisans, ministres, auxquels ils étaient obligés d'accorder satisfaction. Celui de Rouen écrit en 1667 à Colbert : « Ordinairement, ceux qui ont moins de raison de se plaindre sont presque toujours en possession de crier plus hault et de chercher par des voyes obliques des protections qui très souvent nous désarment et nous ostent le courage de faire nostre devoir? ».
En tête de ceux qui font protéger leurs terres et celles de leurs parents, se trouve (Colbert lui-même. Il est vrai qu'un jour il bläma l’intendant de Rouen d’avoir exempté du quartier d'hiver les terres du jeune Louis Colbert son fils : « Ceux qui ont l'honneur de servir le roy, disait-il, et qui approchent de sa personne aussy près que nous doivent montrer l'exemple à tout le monde... il n y a rien de si important dans l'Etat ». Mais quatre ans après, 1l écrivait au même intendant : Je vous adresse « un remerciement particulier pour tout ce que vous voulez bien faire dans tout ce qui peut me regarder et particulièrement dans le soulagement que vous avez donné aux terres de mon fils, auxquelles je vous prie d'ajouter encore celle de Marais-Vernier pour luy accorder sa part de diminution que le Roy a faite à la généralité de Rouen sur les tailles* ». A quoi l'intendant répondait en réduisant de 2050 I. à 950 l'imposition du Marais-Vernier*. En réalité toutes les terres de Colbert, de ses parents, amis et protecteurs furent soigneusement ménagées pour la taille. Ayant acquis la terre de Chateauneuf en Berry, le premier soin qu'il prend est de s'informer auprès de son homme d’affaires « de quelle eslection sont les paroisses qui composent cette terre et à combien elles ont esté imposées à la taille depuis sept ou huit ans ». Après avoir acheté sa terre d'Ormoy, près de Seignelay, il la fait visiter par une certaine dame de la Rivière qui lui écrit le 9 octobre 1664 : « Jay trouvé ses pauvres
1. M. C. 141. f° 395. Il écrivait le 30 sept. précédent : « Je puis vous dire que la pensée de faire grâce et de déférer à la recommandation n’entrera point dans mon esprit » quand je ferai les départements. (M. C. 140, f° 512.)
2. L. du 18 nov. 1667, Depping, t. IT, p.1x. Cf. Vauban, Œuvres, éd. de Rochas,l, 623.
ë. L. à Leblanc, 29 nov. 1675 ; Clém. II, 371.
4, L. du 19 oct. 1679, Clém. II, 117.
5. Leblanc à Colbert, 1‘ oct. 1679 : « Le Marais- Vernier estoit imposé en 1679 à 2 050 1.; pour luy donner moyen de se restablir, j'ay creu qu’il estoit à propos de luy donner 1 100 1. de diminution; pour Blainville j’en auray un soin particulier ; je vous supplie d’estre persuadé que je feray tout ce qui me sera possible pour mériter vos bontez ». (A. N. G7491). En 1662, le Marais-Vernier payait 3553 1., et en 1665, 3 513, pour 155 feux. La taille de l’élection était passée de 259 600 1. en 1665 à 281 900 en 1679 et 273 400 en 1680. D’autre part Colbert avait notablement enrichi cette terre en y faisant dessécher des marais, sous la direction du receveur général de Rouen, Cousin (Clém. VIL, 138 et note).