‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 134 sur 466 · Clém. VII · texte numérisé non relu

Clém. VII

abitans dans la dernière nécessité, qui fest, Monsieur, que je vous suplie d’avoir la bonté de les fere descharger à la taille, ils serons tenus de prier Dieu pour votre conservation, je Les et for amonesté de vous randre come à leur seigneur toute sorte d'obéissance! ». La même année un billet anonyme (dont l’auteur est sans doute l'intendant), apprend à Colbert que ses deux paroisses de Contilly et les Auneaux ont été réduites de 50 1. (550 au lieu de 600) chacune, et l’auteur ajoute : « vous voyés... que je n’ay pas accordé grande diminution aux paroisses qui vous appartiennent... Si vous désirés que les vostres reçoivent quelques grâces, il vous plaira me le prescrire au bas de ce billet, et j'exécuteray ponctuellement vostre ordre par le moyen des 15 000 I. qu'il m'est permis de diminuer? ». Dans l'élection de Joigny où se trouvent Seignelay et d’autres paroisses appartenant à Colbert, un M. de Beauchamps est chargé du département de la taille, et se vante de diminuer « considérablement » les paroisses du ministre’. Ces paroisses ne sont pas ménagées seulement au département, mais aussi dans la perception. Le receveur de Joigny écrit à Colbert le 14 avril 1665 : « Le respect que j'ay pour tout ce qui vous regarde m'a empesché de faire aucune poursuitte à l'encontre des collecteurs des paroisses qui vous appartiennent dans l’eslection de Joigny, mais. Mor, vous trouverez bon, s. v. p. que je vous die que depuis qu'elles sont à vous, les collecteurs n’ont apporté aucuns deniers à la recepte des tailles... Je vous supplie très humblement, Mgr, d'avoir la bonté de vouloir me faire seavoir vostre volonté, pour l’exécuter avec soubmission“ ». Cette protection si ouverte encourageait même les paroisses voisines qui n'appartenaient pas au ministre à solliciter ses faveurs : en 1668, les échevins de La Charité viennent le trouver à Seignelay et obtiennent pour leur ville une diminution de 1 500 L. sur ja simple promesse d'établir des manufactures, qui ne furent, du reste, pas établies. Spécialement en Normandie, Colbert protégea soigneusement les paroisses qui lui appartenaient : en 1672, il achète Hérouville, près de Caen; la paroisse avait, jusque-là, payé au moins 1500 I. de taille: il

introduit des améliorations considérables, il construit des halles, une hôtellerie, des routes d'accès, un pont, y crée une foire, fait redresser par Vauban le cours de l'Orne, ce qui permet de convertir plus de 1 500 acres de marais en prés; cependant la

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