‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 164 sur 466 · SAS · texte numérisé non relu

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taillable‘. » Après une nouvelle expérience, les échelles seront rendues obligatoires dans toutes les paroisses par la déclaration du 1° août 1716. La réforme sera définitive et subsistera autant que l'impôt lui-même. L'intendant d’Aube, en 1738, la trouve excellente et s'étonne même qu'elle n'ait pas été adoptée plus tôt?.

Les charges qui pesaient sur la fonction de collecteur et la liberté qu'avaient ceux qui étaient nommés de faire les rôles à leur guise, incitaient les fraudes dans lés nominations, et l’esprit processif des Normands, joint au désir qu’avaient les juges de multiplier la « pratique », amenait des procès en très grand nombre.

Pescheur, élu de Saint-Florentin, a longuement insisté sur ces abus dans son mémoire adressé à Colbert en 1665 : d'après lui, aucune nomination de collecteur n’est faite sans caleul: le plus généralement, une cabale est constituée dans la paroisse pour faire nommer ceux désignés d'avance par des accords secrets; dans certaines paroisses, on a l'habitude de donner des pots-de-vin aux collecteurs pour être soulagé : alors la charge y

est très recherchée : « Il n'y entre pas qui veut, mais qui peut,

à la faveur des beuvettes et argent que ceux qui sont dans le dessein d'y parvenir pour le pillage donnent à des coquins de la paroisse pour aller à l'assemblée les y nommer, et lorsque les monopoleurs se trouvent au nombre de huict ou dix, ils conviennent entre eux de ceux de leurs compagnons qu'ils désirent faire entrer les premiers esdictes charges, auxquelles ils ne manquent pas de les aller eslire à la prochaine occasion, aux conditions de les soulager tous aux tailles et de les nommer l’année suivante pour faire le semblable. Ce qui est de telle conséquence qu'on a veu des gens affairez et nécessiteux mis esdictes charges par cette voye oblique qui en sont sortis dégagez de leur debtes et aucunement accommodez. » IL est impossible de faire la preuve de ces concussions, qui sont faites sans témoins. Dans les autres paroisses, où cette pratique n'existe pas, continue Pescheur, c'est en vain que l’on convoque l'assemblée, « chacun fuyant la rencontre, dans l’appréhension que leurs voix ayent effect et qu'ensuitte ceux qu'ils auront esleuz augmentent leurs cottes par vindicte »; et si on les contraint de faire la nomination, ils ne choisissent que des insol-

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