‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 165 sur 466 · Mém. alphab., p · texte numérisé non relu

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2. Voir la déclaration du 1° août 1716, dans C. d. T. INT, p. 108 et le Mémoire

de d’Aube (B. N. fr. 21 812, p. 89).

vables ou bien « font des concurrences telles que, de dix ou vingt qui auront esté esleuz, chacun n'aura qu'une voix ». Si par hasard on voit des volontaires se présenter aux suffrages de la paroisse, «il ne faut point douter que ce sont gens louez à prix faict par des meschans pour leurs donner leurs voix aux fins ci-devant déclarez, ou eslire des malheureux à la sollicitation des riches qui appréhendent le choc ». « Cela se sait, conclut Pescheur, publie et ne se preuve pas, tous ceux qui en peuvent déposer sainement estant du monopole, bien repeuz et payez pour se taire !. »

Il est à peu près certain que dans la majorité des paroisses le choix des habitants n’était pas entièrement libre : les « coqs », qui avaient souvent assez de pouvoir pour se faire exempter d'impôt, trouvaient, à plus forte raison, le moyen de ne pas se faire élire, non seulement eux-mêmes mais aussi leurs parents et leurs fermiers. L’intendant de Berry écrit à Colbert le 6 août 1682 qu'en général les habitants « n’ozent pas nommer ceux qui sont accommodez, à cause de leur autorité dans les paroisses, se faisant mesme descharger [de collecte] quand ils sont nommez? ». Pareil abus est signalé dans le Recueil de l’intendant Orsay : Dans les paroisses, dit-il, « les seigneurs et les curés empêchent par leur crédit que la communauté ne nomme leurs parents, leurs procureurs, receveurs ou fermiers collecteurs dans leurs rangs et degrés, et même les principaux habitans ménagent entre eux par brigues des nominations de manière qu'il se trouve un ou deux de leurs plus proches parents et amis du nombre des collecteurs de chacune année pour conserver leur intérêt, à la charge d'en faire autant à leur tour ? ». Spécialement en Normandie, l'intendant Lallemant de Lévignen signale en 1732 des fraudes commises à la faveur des échelles : non seulement certains contribuables arrivent à se faire effacer des listes ou à faire reculer leur tour de nomination, mais encore des collecteurs exigent des pots-de-vin des contribuables: le porte-bourse fait des brigues pour que l'assemblée lui désigne des COMpagnons à sa convenance, et si elle s'y refuse, il intente un procès devant l'élection, ce qui est une autre source de ruine *.

Les élus aiment à intervenir dans les nominations de collecteurs. Parmi les « abus de finances » relevés par Colbert en 1661 figurent « les vexations des élus par la décharge des plus riches pour collecteurs et nomination des plus pauvres moyennant présens * ». Dans un mémoire sur la réformation de la justice,

HAMACNSIMNISNT.

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