‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 191 sur 466 · Clairamb. 792, p · texte numérisé non relu

Clairamb. 792, p

5. Arrêt du conseil du 8 novembre 1666, A. D. Calvados, Election de Caen,

Registre d’'Ordonnances 1664-74, f°° 161-164.

Mais le plus grand obstacle à la recherche vint du Conseil lui-même. Le président de Hocqueville écrivait à Colbert le 13 mai 1665 : « Les parties, pour éluder une juste condamnation, se pourvoient au Conseil qui leur donne arrest de descharges ou les renvoie à la Cour des Aydes de Paris. Le traittant m'est venu donner advis qu'il y a 18 instances au Conseil de pretendus nobles, vrais usurpateurs, et qu'ayant voulu faire payer quelques particuliers, lesquels ayant demandé à estre ouys devant moy, ils ont declaré vouloir mettre au commerce‘. » Le 13 octobre 1666, l'intendant de Caen écrit de son côté :

« Je vous dois donner advis que les usurpateurs de noblesse que je condamne tous les jours se promettent beaucoup des habitudes qu'ils ont à Paris, dont j'ay connoissance par les recommandations fréquentes que je reçois en leur faveur, mesmes de la part de quelques-uns qui sont commissaires, ce que je ne dois pas vous dissimuler, et il seroit de la derniere conséquence d’en admettre aucun dans le catalogue de la noblesse sur leurs productions. Un seul exemple autoriseroit une infinité d'usurpateurs, qui n’ont osé paroistre, à produire de faux titres, auxquels on travaille aussy hardiment en cette province que l'on a faict autrefois à la fausse monnoie ?. »

Même, à en croire certaine information, un véritable trafic aurait été organisé à Paris pour vendre les exemptions ou dispenser des poursuites; le sieur Du Carouge, receveur des tailles à Pont-l'Evêque et subdélégué de l’intendant de Rouen pour la recherche, écrit à Colbert le 10 décembre 1666 « qu'il y à présentement à Paris un certain ministre de Normandie, nouvellement converty, lequel abusant du crédit qu'il a auprès de quelques personnes de considération, fait donner pour trois ou quatre mille livres que l’on lui paye des certifficats pour Monsieur de Louvoy auxdits nouveaux anoblis portant que le Roy les confirme dans leur noblesse » ; il eite le cas d’un nommé Brument sieur de Boisflamets, habitant la paroisse de Bautot près de Rouen, qui est « un véritable paysan dont le père estoit chapelier en un village, n'ayant en sa vie sorty de sa maison ny veu que sa charue et ses granges », et qui cependant à obtenu « des certifficats de service dans les armées du roy »; et beaucoup d’autres sont dans ce cas * : L'intendant de Caen dénonce à Colbert les mêmes manœuvres, le 22 avril 1667 :

« Comme vous me marquez que le Roy ne recevra pas tout l’advan-

1, M. C., 129, fe 387-8.

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