M. C., 141, le
3. M: GC, 4420 ,fo 508-599. On ne peut cependant pas ajouter une confiance aveugle à de pareilles affirmations : il est possible que nous soyons ici en présence d’une dénonciation simple, il faut ajouter que le sieur du Carouge fut quelque temps après accusé de concussion dans ses fonctions de receveur et pour-
suivi (voir ci-dessous, chap. vii), mais le fait n'étant pas isolé, on a le droit d'en tenir quelque compte.
tage et le public tout le soulagement que l'on s'estoit promis de la recherche des usurpateurs, je puis vous assurer que ceux qui travaillent auprès de moi ne commettent rien de contraire à mon instruction, mais j'aprens de toutes parts que le traffic est ouvert à Paris, et le prix des compositions pour lesquels les plus signalés usurpateurs obtiennent des décharges est public, »
Il faudrait, ajoute-t1l, laisser les intendants juger en dernier ressort, quitte à les rendre responsables de leurs jugements {. Pareillement, en août 1664, un sieur de la Vallée-Corné informe Colbert que « le sous-traittant de Normandie aiant voulu faire dégrader environ 30 usurpateurs dans la ville de Rouen, où il y en a très grand nombre, et qui s'épendent dans toute la province, ils ont député quelques uns d’entr’eux [à Paris] dans la créance d'obtenir de Monseigneur une décharge des poursuites que le sous-traittant fait par-devant les commissaires de la Cour des aydes ? ».
Colbert lui-même intervint pour faire accorder des faveurs à certaines personnes auxquelles il s’intéressait; voici un billet qu il écrit à Marin, intendant des finances, le 2 novembre 1667 :
« Le sieur Geoffroy, maistre particulier des eaux et forests de Compiègne et lieutenant des chasses, estant un fort bon officier, lequel sert avec affection et exactitude, il est poursuivi pour avoir pris la qualité d’escuyer. Je vous prie de m'informer par qui ces poursuites se font afin de voir après ensemble si l’on les fera cesser®. »
Pareillement il adresse, le 19 juin 1664, une recommandation
à l'avocat général à la Cour des aides de Rouen, en faveur d’un
sieur de Saint-Germain : J'en ai parlé aux commissaires, lui répond l'avocat, et je les ai trouvés « en ce rencontre comme en tous autres, entièrement disposés à exécuter vos ordres »; en conséquence, conclut-il, « je n’ay pas eu grand paine à faire donner au sieur de Saint-Germaîn le temps que vous m'ordonnez pour la production de ses tiltres * ». Le grand nombre d’arrëéts du conseil que l’on trouve pendant les années 1666-1670 relatifs à des confirmations de noblesse, montre l'importance de ces recours au conseil, et de l'intervention des ministres; il est bien à penser que tous n'étaient pas inspirés uniquement par la justice.
En définitive, l'opération n'aboutit pas aux résultats cherchés; elle était vexatoire pour les gentilshommes et mettait plus d'argent dans la bourse des traitants que dans les coffres du roi; enfin elle aboutissait autant à créer de nouveaux nobles qu'à supprimer des usurpateurs; c’est pour ces motifs que