A. D. Calvados, Bureau des Finances de Caen
l'intendant, non seulement les exempte de tout impôt pour leurs biens, mais encore lève sur l'élection une somme de 8000 1. à eux destinée; il faut que Le Tellier le réprimande pour excès de zèle : « Je ne puis, Monsieur, vous cacher, que Jay esté fort surpris d'aprendre que des gens qui ne nous preschent que l'excessif accablement des peuples par les levées que l’on faict sur eux, et la charité envers les pauvres, sollicitent pour leur proffict particulier la diminution d'une grâce que le Roy a accordée à une eslection ruinée par la mauvaise récolte de deux années consécutives! ». Après la mort de l'abbé de Conches, en 1669, la veuve Gersant, qui faisait la recette de l'élection, écrivait à Colbert que « les fermiers de l'abaye dudit Conches ont faict leurs déclarations au greffe qu'ils ne prétandent plus tenir leurs fermes au pris qu'ils les ont tenue jusques icy? », parce qu'ils ne se sentent plus protégés.
En 1669, les fermiers des dimes dans la paroisse de Rots avaient été taxés par les collecteurs à 50 L., mais les habitants réunis en assemblée le 2 février, décidèrent, nous ne savons sous quelle influence, de modérer cet impôt à 30 I. et de se recharger eux-mêmes de la différence *; en 1671, l'assemblée réduit pareïllement leur cote à 40 L.*, et en 1672, elle la fixe à 60 1%. Toutes ces modérations de taux ne peuvent guère être considérées que comme des faveurs accordées aux dimeursf.
L'importance du privilège accordé aux ecclésiastiques ne pourrait être mesurée que si l’on connaissait exactement, non seulement le nombre des personnes qui en bénéficiaient, — ce qui est très difficile, — mais encore la quantité de biens dont chacune jouissait, ce qui est impossible”. Mais il semble bien que les ecclésiastiques étaient très nombreux et très riches en Normandie® et la médiocre somme qu'ils payaient au roi pour
1. Arch. des Aff. Etr., Mém. et doc. 915, f° 4. Les 8 000 1. avaient été remises par le roi à l'élection, et Dugué voulait quand même les percevoir pour les missionnaires.