‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 209 sur 466 · À. D. Seine-Inf. C 2 673 et suivants · texte numérisé non relu

À. D. Seine-Inf. C 2 673 et suivants

4. Il y a cependant lieu de conjecturer qu'il ne l'était pas, puisque le rôle de taille de la paroisse pour l’année 1691 qui se trouve dans le fonds de l'élection de Caen et qui donne avec beaucoup de détail les occupations de chaque contribuuble ne porte pas les fermiers de la dime., L'abbaye de Saint-Etienne-de-Caen possède 102 acres, l’abbaye d'Ardaine, 1 acré, le trésor de Bretteville, 6 acres, le curé de l’abbaye de Bretteville, 21 acres, les obits du même lieu 14 acres, un ancien curé de la paroisse 3 acres, un curé d’une paroisse voisine, 1 acre et un vicaire 4 acres. (

les inconvénients de cette multiplication excessive des prêtres et des moines, on signale les exemptions qu'ils font accorder aux terres en leur possession. À Dieppe, les Carmes déchaussés sont établis par le duc de Longueville malgré la « répugnance » de la population *?. Les habitants de Bargemont n'autorisent les Augustins à s'établir dans leur village que sur l'engagement pris par les religieux de payer la taille pour les biens qu'ils feraient valoir®. À Gisors, en 1682, les habitants résolvent d'imposer les communautés religieuses pour acquitter les dettes de la ville, et Colbert, consulté, les y autorise, quoique les autres exempts ne soient pas taxés {.

Le procureur du roi à Vernon écrit à Colbert le 17 avril 1666 :

« Le devoir de ma charge m’oblige de vous donner advis que contre l'intention du roy et au préjudice de sa desclaration qui deffend tous establissements de maisons religieuses depuis 1640, l’on aye voullu entreprandre d’en faire; vous scaurez, s’il vous plaît, Monseigneur, qu'il y a huict jours que le grand vicaire de Mgr l'Evesque d'Evreux, par son ordre, vint avecque madame l’abbesse de Saint-Jean d’Andely et trois autres religieuses en un petit village distant d’un quart de lieue de Vernon, lesquels plantèrent une croix sur la porte d’une maison appartenante à M. de Brécourt pour y establir trois filles qui estoient avec elle; et comme j'ay seu que tel establissement estoit contraire aux vollontez du Roy s'ils n’estoit appuyé sur ses lettres patentes, je m'y suis opposé; elles n’ont pas pour cela laissé de se mettre en possession, et c'est ce qui me donne subjet de vous importuner pour vous informer de l'importance d'un tel establissement, en un pauvre petit village de cents feux au plus, chargé de deux mille livres de taille, lesquelles vont présentement en occuper la plus belle et saine partie, sans ce qu'elles feront à l’advenir, c’est là un véritable moyen de rendre ce lieu inutille puisqu'il sera entièrement desnué d'habitants et qu’il n'y aura que ceux qui y resteront qui en seront les plus malheureux. Ils implorent votre protection par ma bouche*. »

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