‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 216 sur 466 · Clairamb. 795, p · texte numérisé non relu

Clairamb. 795, p

4, À. D. Seine-Inf. Cour des Aides, registre du Conseil, & février 1662.

Les offices des Maisons royales étaient en nombre indéfini. Les différents Etats de la France ne donnent que les principaux d’entre eux ; tous les offices subalternes y sont omis. L'état de 1653 énumère entre autres 319 maîtres d'hôtel du roi, 50 médecins et chirurgiens, 50 portiers, 310 peintres et gens de métiers, 77 valets de chambre! Et à cette date la Cour n’est pas encore à Versailles! La plupart de ces offices avaient été vendus par le roi pour en tirer de l'argent et ne correspondaient à aucune fonction réelle, le roi le reconnaït lui-même dans le préambule de la déclaration d'octobre 1680 : les offices de notre Maison et autres maisons royales, dit-1l, ont été pris « non pas tant pour y servir que pour s’acquérir un titre d'exemption ? ». L'intendant de Caen signale, en 1680, des officiers de judicature qui ont acheté à vil prix des charges chez le roi pour avoir le privilège que leur office ne leur confère pas : ils s'absentent trois mois par an pour exercer la charge et sont ainsi dispensés d'impôts. Les diverses suppressions et rétablissements accordés moyennant finance à différentes époques ne permettaient pas la discussion des titres de chacun. « Si tous ceux, dit Lebret, qui aportent des lettres de provision d'office des maisons des princes estoient rendu francs et exempts, on ne verroit autre chose, vu qu'il n'y a rien qui s'obtient plus aisément, et d'où proviendroit l'entière perte et ruine des tailles et des aides du roy“. » On se demande alors comment on pouvait reconnaître le droit de ces officiers à l'exemption si leurs titres ne prouvaient rien. Enfin le grand développement pris par la Cour à Versailles amena la multiplication des commensaux; on s'en rend aisément compte en comparant entre eux les Etats de la France successifs.

Colbert travailla à réduire le nombre de ces officiers; dans le préambule d'une déclaration du 30 mai 1664, le roi reconnaît que « parmi les abus et les désordres qui se sont glissés pendant la guerre et les troubles de cet Etat, l'augmentation des officiers inutils et supernuméraires employez dans nos états et ceux des Maisons royales n’a pas été le moindre pour la surcharge que cela a causé tant à nos finances qu'à nos sujets contribuables aux tailles qui s'en sont trouvés d'autant plus foulez 5 ». En conséquence, il se déclare résolu à réduire leur nombre à ceux qui font un service effectif, « afin que le nombre des contribuables étant par ce moyen augmenté, les pauvres en puissent estre soulagez », mais 1l se borne à rappeler les prescriptions anciennes, ce qui prouve simplement qu'elles n'étaient

. B. N. Le?5, 93,

. Règlements de Normandie, p. 207.

. Lettre du 15 août 1680, À. N., G17 213.

. 21° action, mai 1596, Œuvres, p. 490.

-Néron, t. IT, p: 76.

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pas respectées. Le seul moyen de réaliser la réduction eût été de rembourser la plus grande partie des offices, et le roi n’en eut jamais le moyen.

En ce qui concerne la Normandie, il est difficile de savoir au juste combien de ces privilégiés y demeuraient; mais ils semblent y avoir été très nombreux. Ils pouvaient sans inconvénients habiter loin de la Cour, puisqu'ils n'étaient tenus presque à aucun service. On trouve dans mainte paroisse des gendarmes de la reine, des huissiers de bouche de la Maison de Monsieur, des gentilshommes de la Fauconnerie du roi, des gardes du corps du roi, des cavalcadours de Mademoiselle, de nombreux secrétaires du roi...:; dans la plus petite paroisse on rencontre quelqu'un d’entre eux!.

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