Mémoires du P. Rapin, t. I, p
2. Mémoires de Mme de Motteville, éd. Riaux, t. IV, p- 310. CF. Saint-Simon, Ecrits inédits, publ. par Faugère, t. IV, p. 437; Mémoires de La Porte, p. 266, etc. Choisy rapporte un mot de La Meilleraye à Villeroi en 1661, qui peindrait bien le rôle du maréchal : « Tu seras le chef des finances, mais en idée, comme je l’ai été, moi qui te parle, et Colbert en sera le chef véritable; mais que t'importe, tu auras de gros appointements et n'est-ce pas assez? »
3. Mémoires d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, éd, Chéruel, t. 11, p. 421. Il n'apparait dans ses fonctions que quand il signe des états de finances, ou assiste à des cérémonies d’apparat, par exemple lorsqu'il va enregistrer à la Cour des aides de Paris, accompagné du prince de Condé et de Messieurs de Sève et d’Aligre, des lettres de jussion du roi, le 29 décembre 1663 (Gid'T4,2532).
4. Mémoures, éd. de Boislisle, t. XX, p. 171. Cependant M. de Beauvilliers, qui lui succédera, pourra jouer un rôle effectif.
5. Kerviler, Le chancelier Séguier, 2 éd. Paris, 1875, p. 400.
6. « Les minutes des ordonnances, édits, déclarations et règlements qui se rendent au conseil royal des finances ne sont point signées du roy à moins que ce ne soit une affaire de grande conséquence; il suffit qu’elles soient signées de M. le chancelier. ensuite elles sont signées du chef du conseil royal et des trois conseillers au dit conseil ». Ensuite, les secrétaires d'Etat intéressés « font faire des expéditions sur les minutes sur du parchemin timbré qu'ils signent Louis ou le font signer par le commis qui l'écrit » (Mémoire sur le réglement du conseil, un peu postérieur à 1709, B. N. fr. 7 495, ms. non folioté). Le contrôleur général, ne peut donc pas faire lui-même l’expédition d’un arrêt du conseil. Sur le rôle du chancelier en l’absence du roi, cf. le règlement du conseil des finances du 10 avril 1674, B. N. Clair. 647, f° 131. A
7. De Sève meurt en 1673: son successeur Poncet de la Rivière, en 1681. D’Aligre, étant passé chancelier en 1672, fut remplacé par Pussort, qui conserva la fonction jusqu’après 1683 (B. N. fr. 7 654, f° 37-43),
ordinaire, qu'il comparoit à la nature humaine, et les ministres, qu'il regardoit comme les dieux de la terre! ».
Quant à l’intendant des finances, qui est Colbert, il n’a en apparence qu'un rôle subalterne, son titre et son rang étant inférieurs à ceux de ses collègues ; mais en réalité, il est le véri-. table administrateur des finances royales : le règlement du 15 septembre 1661 lui donne en effet l'Epargne dans son département : il « tiendra le registre de toute la recette et la dépense qui sera faite, dont il ne donnera communication à aucune personne sans ordre exprès de S. M. Toutes les ordonnances seront remises entre ses mains pour estre rapportées a S. M. Il fera rendre tous les comptes des fermes, recettes générales, bois, domaine, et autres recettes de toute nature. » Il est donc seul au courant des besoins et des disponibilités du. Trésor, et seul il peut suivre complètement les affaires: tenu au secret, même enversses collègues, il peut demander une mesure sans avoir à la justifier. En outre, il est accrédité auprès des intendants de province et des trésoriers généraux, qui doivent le tenir au courant de toutes les affaires concernant les finances ?. Il a la confiance du roi, qui le consulte particulièrement en maintes circonstances, et le titre de contrôleur général, qui lui sera donné en 1665, achève de le mettre hors de pair ?.
Le Conseil, qui doit se réunir « tel jour qu'il plaira » au roi, se tient habituellement deux fois la semaine, le mardi et le samedi”. Il prend connaissance des affaires qui lui sont transmises, juge des procès, arrête les comptes, rend des arrêts. Son activité nous est mal connue parce qu'aucun procès-verbal des séances n'était tenu. D'après Saint-Simon, il n'aurait été qu'un « mécanisme trompeur », un « vain fantosme »: tous ses membres, à commencer par vous, dit-il au roi dans une lettre anonyme, « ignorent si, pourquoi, quand et comment les choses les plus principales et les plus légères se passent en matière de finances, qui est uniquement dans la main despotique du seul contrôleur général, qui en dit en particulier à V. M. ce qu'il en juge à propos seulement». Mais Saint-Simon est animé par la haine du « despotisme » ministériel, auquel il voudrait substi-