Mémoires, t, XV, p
L. Billet du 19 mai 1673, publ. dans la Revue des chefs-d'œuvre, 1884, p. 499.
5. Règlement sur l'administration des finances en l’absence du roi, du 22 avril 1672 (A. Nat. O!, 16, f° 246-7). C'est la reine qui, théoriquement, tiendra
répond : « Vous ferez ce que vous voudrez sur les ordonnances;
. , . . . , 7 quand je m'y applique, je vois pourquoy elles sont expédiées'. » Le 9 mai 1670, 1l écrit :
« Voici le temps que Vostre Majesté a accoustumé de régler le brevet de la taille. Vostre Majesté me fera sçavoir, s’il luy plaist, si Elle veut que les impositions de 1671 soyent pareilles à celles de 1670, ou si Elle voudroit soulager ses peuples d’un million de livres. »
A quoi le roi répond par retour du courrier : « Il faut faire les impositions et soulager les peuples d'un million ?. » De la même façon est arrêté le brevet de la taille en 1673 ?. En mai 1677, Colbert demande au roi à quelle somme il veut arrêter le brevet de la taille, et le roi lui répond : « Je eroys qu'il faut faire le brevet de la taille comme celuy de cette année, à moins que vous ne jugiez, par les connaissances que vous avez, qu'il y faille changer quelque chose‘. » En ces billets intimes, Louis XIV se montre à peu près indifférent aux finances; lui qui donnait tant d'attention aux marches des armées, aux constructions, au cérémonial, n'a jamais arrêté son attention sur les problèmes économiques; 1l n’a vu en Colbert qu'un approvisionneur du Trésor; 1l a été le spectateur beaucoup plus que l’auxiliaire de son œuvre.
Colbert fut le maître non seulement par la confiance que lui accorda le roi, mais aussi par le soin qu'il mit à s’entourer de collègues et de subordonnés à sa dévotion. Les deux conseillers des finances nommés en 1661, De Sève et D’Aligre, sont ses amis particuliers ; ils seront remplacés l’un par Pussort, qui est son oncle, l’autre par Boucherat, qui est son protégé *. Des deux intendants des finances qui eurent la taille dans leur département, l’un, Marin, lui doit sa fortune, et à épousé une cousine de Colbert ‘; l’autre, Desmaretz, est son propre neveu : il l’a pris dès son jeune âge dans les bureaux, où il l’a formé,
la place du roi, mais c’est Colbert qui présentera toutes les affaires au Conseil et arrêtera personnellement les registres de recettes et de dépenses « attendu que la reyne ne pourroit pas escrire les arrestez desdits registres de sa main ainsi que $. M. a accoustumé de faire ». Ce règlement avait été préparé par Colbert, ainsi qu’en font foi ses notes autographes non publiées par Clément (B. N. Clair. 647, f° 124-195). Cf. la commission donnée à Colbert le 30 avril 1673 pour signer les arrêts du Conseil en commandement (A. N. O1 17, f° 75) et le règlement du 18 avril 1674 (Clairamb. 647, f° 131).