Girculaire du 4 février 1683, déjà citée
6. Let. du 9 juillet 1683, À. N. GT 213. Cependant il écrivait le 23 novembre suivant : Pour faire les taxes « utilement, il seroit a propos d’avoir des memoires
bien exacts et bien fidelles, ce qui est tres dificile en ce païs icy particulierement » cbid.
pris le temps de voir les taxes d'office, que je fais moy-mesme, entrant autant qu'il m'est possible dans la connoissance des mémoires qui me sont donnes a cet effet »; jamais, ajoute-t-il, une de mes taxes n’a été infirmée par le Conseil‘. L'intendant d'Alençon a décrit comment il procédait habituellement :
« Pendant mes visites, j'oblige les receveurs des tailles et les officiers des eslections de me donner les mémoires de ceux qu'ils veulent faire taxer d'office, dans lesquels ils marquent leurs biens, leurs commerces, et la somme a laquelle ils sont imposés; après quoy j'ay le loisir jusques au departement de m'informer de la vérité de ces mémoires, et comme souvent ces officiers menagent leurs parens et leurs amis, qu'ils ne comprennent pas dans leurs mémoires, je fais venir pendant mes visites les collecteurs de toutes les paroisses, tant de l’année courante que de la précédente, comme j'ay fait en Bourbonois, et après les avoir interrogés, tant sur la conduite des huissiers que sur celle des officiers et autres gens d’authorité qui ont du bien dans leurs paroisses, je me fais representer les roolles des tailles, et par ce moien Je connois
souvent que des gens riches sont tres modiquement imposés 2» Celui de Rouen a une autre méthode :
J'ai dressé, dit-il, « un mémoire de ceux qui s'exemptoient, et j'ai taché de leur faire connoistre qu'il falloit qu'ils contribuassent aux charges comme les autres; j'ai taxé le sieur de Rouvray * à 30 1. pour commencer à l'y accoustumer, comme beaucoup d’autres de la même ville, ce qui leur a semblé rude aux uns et aux autres... J'ay obligé les taxes qui se plaignent de faire lire leurs requestes au prosne de la messe parrochialle affin de donner par les habitants à l'yssüe d’icelle leur advis, mêmes l'estat des facultez et occupations desdits taxez, affin de pouvoir estre plus éclaircy des surprises *. »
La diversité même de ces précautions, — à supposer qu'elles aient toujours été prises, — montre l'embarras dans lequel se trouvaient les agents du roi.
Leur rôle ne se bornait pas, d’ailleurs, à fixer les taxes : il fallait aussi en assurer le paiement, et déjouer les ruses des taxés : une circulaire de Colbert du 10 février 1683 nous apprend que souvent « les esleus ou les collecteurs des tailles, pour éviter les taxes d'office faites par MM. les intendans et commissalres départis, imposent dans leurs rolles plus qu’il n’est porté par les mandemens des esleus, jusqu'a concurrence des taxes d'office qu'ils ne veulent pas faire payer, et par ce moyen deschargent les taxez d'office ». Il faut, ajoute le contrôleur général, « que vous y preniez garde, et en cas que vous trouviez que les