‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 298 sur 466 · De Bouville à Colbert, 5 juillet 1683, ibid · texte numérisé non relu

De Bouville à Colbert, 5 juillet 1683, ibid

3. Il était conseiller au présidial des Andelys. ; n 4. Barin de la Galissonnière à Colbert, 18 décembre 1666, M. C., 142%, f° 778.

officiers des eslections qui auront calculé et vériffié ces rolles ne les ayent pas réduit à la somme contenue aux mandemens, S. M. interdira ces officiers sur les procès-verbaux que vous en ferez »!. Les trois intendants de Normandie assurent en réponse que cette pratique n'existe pas dans leurs circonscriptions ?; cependant elle avait été signalée dans la généralité de Rouen en 1666 : « Quelques-uns des receveurs, écrivait Barin de la Galissonnière, nous ont proposé lors des départemens d’augmenter plusieurs de leurs paroisses sous prétexte de ces taxes d'office, lesquelles ils ont depuis consenty estre tirées a néant* ».

Au début de son ministère, Colbert n'attacha pas une grande importance aux taxes d'office : il recommanda plusieurs fois aux intendants d'en faire « le moins possible‘ »; « vous ne devez jamais en faire que lorsqu'il vous paroist clairement par la modicité des taux precedens, que les collecteurs n’ont pas eu la hardiesse de les faire ». Veillez à ne pas troubler l'assiette et la perception de la taille; changez le moins possible l'ordre régulier de l'imposition; laissez faire les taxes par les élus quand vous le pourrez, tel est l'esprit de ses instructions. Mais dans la suite, ses idées changèrent. Souvent les intendants lui avaient vanté l'excellence du procédé, qui, en même temps qu'il donnait de l'extension à leur pouvoir, leur permettait de mieux surveiller la répartition. « Il n'y a rien de si avantageux pour le recouvrement que les taxes d'office », lui écrivait celui d'Auvergne°. « Jay trouvé tant de misères parmy les peuples, disait celui de Limousin, que je me suis appliqué à... les soulager sans qu'il en couste rien au roy {par le moyen] des taxes d'office

que j'ay faict sur les coqs de paroisses, qui se montent dans les

trois élections a plus de 30 000 1.7. » D'autre part, Colbert constatait les mauvais résultats de la taxation par les élus, auxquels elle servait surtout pour exercer leurs protections ou leurs vengeances. Il résolut donc, sur la fin de sa vie, de multiplier les taxes, et de les confier aux intendants seuls. « S. M. vous ordonne, écrit-1l à ses subordonnés en 1681, de faire beaucoup de taxes d'office.…, jugeant qu'il n'y à rien qui soit plus avantageux a ses peuples pour l'égalité de la taillef. » L'année suivante il leur

1. B. Mun. Amiens, ms. 508, t, IV, pièce 93 (non publiée dans Clém.).

2. Lettres de Bouville, 5 juillet 1683, A. N. G7 71; de Morangis, 9 juillet, ébid., 213, et de Méliand, 11 février, zbid, 492.

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