Ci-dessus, p
3. Lettre de Leblanc, 17 juillet 1680, et placet de 19 habitants de Pontoise, 29 octobre, A. N. GT 491. Sur les brigues et cabales ordinaires à Pontoise, voir ci-dessus, p. 243. Parmi les motifs qui ont déterminé le gouvernemeut à faire faire les rôles par des commissaires royaux au lieu des collecteurs, au début du xvin° siècle, figure celui-ci, d’après l'intendant d'Aube : « Quelques intendants ont trouvé des communautés dont les membres divisés entr’eux par des haines violentes et invétérées formoient des partis pour se faire une espèce de guerre intestine, d’où il arrivoit que quand il y avoit plus de collecteurs d’un party que de l’autre tout le party qui avoil pour lui le moindre nombre de collecteurs étoit écrasé de tailles. Il en résultoit une telle multiplicité d’injustices que l’action en comparaison d'imposition et l’action en surtaux n'’étoient plus des moyens praticables d'y remédier, » (Mémoire sur les fonctions d'intendant, 1738, B. N. fr. 21812 p. 101), cf. une lettre de l’intendant de la Rochelle, 11 décembre 1684 : dans certaines paroisses « les religionnaires y étant les plus forts surchargeoient les catholiques pour se soulager eux-mêmes ». (De Boislisle, Correspondance, t. I, n° 137).
L, Let. de Marillac, 29 janvier, A. N. GT 492,
5. Let. de Leblanc, 23 février 1681, cbid., 491. Voir ci-dessus, p. 179 et 308-310. Sur les cabales d'habitants, voir encore le mémoire de Richer d’Aube : « des communautés dont les membres étaient divisés entr’eux par des haïines violentes et invétérées formoient des partis pour se faire une espece de guerre intestine d’où il arrivoit que, quand il y avoit plus de collecteurs d’un party que de l’autre, tout le party qui avoit pour luy le moindre nombre de collecteurs éloit écrasé
, La , L INEGALITE DANS L’ASSIETTE. 357
« Comme le maistre collecteur vit que c’estoit autant de non-valleurs dont il demeureroit responsable, il fit un autre rolle et les eleus en connaissance de cause le verifierent. Fossé s’est pourveu [contre ce rôle] au Conseil et a la Cour des aydes; il demande 600 L., quoyque ceux qui estoient de sa cabale eussent chacun contribué de 15 et 20 1. pour l'obtention dudit arrest !. »
Si l'on ne décharge pas la ville du paiement de ces 600 I., écrit ensuite Leblanc, elle sera ruinée par les procès qui s'ensuivront, et il n'y aura « point de parroisses à qui les collecteurs de l’année presente et des precedentes n'en fassent, car sur une pretention mal fondée, on fait en cette province des procez qui ne finissent jamais? ». Heureusement, Colbert fit expédier un arrêt du conseil qui terminait l'affaire au gré de l’intendant*.
Des collecteurs, fâchés d’avoir été élus, surchargent ceux qui les ont fait désigner, à ce point qu'en certaines paroisses les habitants ne veulent plus venir à l'assemblée‘. Le type du collecteur qui profite de ses fonctions pour molester son sei-
neur, pauvre hobereau sans influence, à été décrit plusieurs fois dans la littérature du temps. Dancourt dans sa comédie, fait dire à un paysan jaloux de son seigneur :
« Il n’est, Morgué, pas plus gentilhomme que nous; je sis collecteur, moi, Dieu marci, cette année, palsanguenne ! J'aurai le plaisir de mettre notre nouviau seigneur à la taille. »
Un des nombreux recueils de Caractères de l'époque dépeint ainsi le paysan :
.… Collecteur de paroisse, Vrayement il fait bien d’autres coups :
Comme chacun le craint, chacun est dans l’angoisse, Et cherche à le gagner, mais il se rit de tous;
da taille; il en resultoit une telle multiplicité d’injustices, que l’action en com- AE d'imposition et l’action en surtaux n’étoient plus des moyens praticables
*y remédier »; c'est pourquoi on a créé des commissaires pour dresser les rôles (B. N. fr. 21 812, p. 101). Dans la généralité de La Rochelle, les protestants surchargent les catholiques dans les paroisses où ils ont la majorité (Corresp. des contr. généraux, t. I, n° 137); il est à penser que les catholiques ne manquaient pas de prendre leur revanche là où ils étaient les plus nombreux.