‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 307 sur 466 · Let. du 12 août, coid., f° 62, verso · texte numérisé non relu

Let. du 12 août, coid., f° 62, verso

%. Cf. le mémoire de Pescheur, ci-dessus, p. 185, et un mandement de l’intendant d'Orléans, 31 août 1667 : Plusieurs paroisses, y est-il dit, « ont esté refusantes de nommer des collecteurs, attendu que ceux qui ont esté nommez et choisis pour collecteurs [les années précédentes] surtaxoient par une pure hayne et animosité les scindicqs, juges et habitans qui ont assisté à la nomination et donné leurs suffrages à des sommes excessives, ce qui cause la ruine entière des dits particuliers, et qui donne lieu à des rejets et solidités et un notable retardement aux deniers de S. M. ». Mais l’intendant, pour l'empêcher, ne peut que prononcer une vaine interdiction (M. G. 140, f° 68).

5. Œuvres de Dancourt, éd. 1760, t. V, p. 160 (Les Vacances, 1696).

Et par provision en tire Autant comme il en peut tirer, Argent, labeur, harnois : l'ordonnance a beau dire, Il n’est pas pour luy déferer.

Enfin il a l’âme si bonne, Qu'il augmente la taille à qui le plus luy donne.

Le fermier, gêné par la présence de son maître au village, ne craint pas de lui dire :

Monsieur, vous faites trop icy de résidence, .… Vous devez belle chandelle à Dieu De n'avoir point été cette année à la taille ; Monsieur nôtre marquis ne l’a pas échapé

. La taille est une rude charge, Et dont malaisément le plus fin se décharge :

Vous pouvez prévenir un si rude soucy En venant un peu moins icy {.

Mais ce type n'est pas purement imaginaire : on le trouve à notre époque en Normandie. L'intendant d'Alençon écrit dans un rapport du 1° septembre 1683 :

« Il est Juste et on ne peut empescher que les privilégiés ne jouissent des exemptions qui leur ont esté accordées quoy qu'elles soient fort à charge aux parroisses, mais il est bon de donner un frein à la liberté que les collecteurs autorisés. par les habitans ont de les imposer soubs prétexte de dérogeance ou de défaut de service, parce que cela donne lieu à une infinité de procès et à des rejets considérables? ».

En 1681, Leblanc raconte les misères faites par un collecteur de Bourneville, nommé Lamarre, à son seigneur, M. de Brotonne, qui « est sy timide qu'a peine oze-t-il se montrer » :

« I l’imposa en 1680 à la somme de 400 1., quoy qu'il ne fist valoir que 175 acres de terre, qui ne sont pas les trois charues que les gentilshommes peuvent faire valoir par leur main; s’estant° pourveu à l'Eslection et à la Cour des aydes par sentence qui fut confirmée par arrest, il fut ordonné qu'il seroit rayé du rolle et la somme reimposée. Au département, je luy fis remettre 150 1. de principal et tous les dépens et n'ordonnay la reimposition que de 300 I. en deux années; depuis ce temps, il n'y a point d’insulte que Delamare ne lui ayt faites ; il a fait tirer sur ses pigeons par son fils qui a esté condamné en dix livres de dommages et intérêts, il a laissé courir ses pores dans ses bleds; ayant esté adverty plusieurs fois de les retirer et ne l'ayant

1. Les vérités plaisantes, ou le monde au naturel, Rouen, Maurry, 1702, in-12, p. 121 et suiv.

2. À. N. GT 71. L’intendant propose, comme remède, de faire taxer d'office par les commissaires départis tous les privilégiés dérogeant.

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