‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 310 sur 466 · Gi-dessus, p. 118 et suiv · texte numérisé non relu

Gi-dessus, p. 118 et suiv

leur influence : Leblanc écrit le 1° mai 1682 que ceux de Pont de l'Arche refusent de poursuivre les informations faites pour malversation dans les rôles de Louviers'. Son collègue Méliand écrivait quatre ans auparavant :

« Les officiers des eslections de la generalité de Caen rendent journellement des jugemens par lesquels non seulement ils accordent des décharges ou moderations de taux sans adjuger la provision?, mais mesme, pour favoriser ceux à qui ils veulent donner protection, font des deffences aux collecteurs de les comprendre dans leurs rolles avant qu'ils soient faits, ou les y rayent lorsqu'ils les y trouvent employez, le tout a l'oppression des pauvres collecteurs, lesquels, aux termes des déclarations, ne pouvans demander les rejets de descharges et moderations qui ne sont jugées que l’année suivante, se trouvent obligez d'avancer a la recepte lesdites descharges et modérations dont ils ne peuvent faire le recouvrement que longtemps après, au moyen de quoy ils sont detenus dans les prisons. »

Il propose de renouveler par un arrêt du Conseil la déelaration d'août 1677, qui n’est pas exécutée, mais, dit-il, « ce payement par provision ostant et faisant cesser presque toutes les affaires des Elections, les officiers, surtout ceux qui se trouvent eloignez dans le fond de la province, ne s’y reduiront que par authorité et par crainte’. »

Il n'y avait pas davantage à compter sur la justice de la Cour des aides : ses membres, bien connus pour leur partialité, aceordaient ou confirmaient des réductions de taille à leurs amis, parents ou clients, comme ils l’entendaient. En 1682, Leblane est obligé de solliciter un arrêt du Conseil pour casser un arrêt de la Cour réduisant de 100 à 60 I. la cote d’une dame de Machy « qui a plus de 1200 I. de rente et qui fait valoir plusieurs occupations * ».

Toutes sortes de gens trouvent le moyen d'obtenir des faveurs dans l'imposition, pour eux ou pour leurs protégés. En tète viennent les seigneurs des paroisses, dont on à vu la puissance . Les huissiers et sergents vendent à ce prix leurs bonnes grâces :

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