M. C. 33, fol
9. « Maistre Gabriel Dufour, sergeant, propriétaire d’une maison », est imposé à 10 sous sur le rôle de St-Saens, pour 1670 (A. D.S. Inf. C 2692); dans la même paroisse, « Maistre Gabriel Romard, controlleur au grenier a sel du Neufchastel » ne paye pas davantage; la même année, au Candeau, Jean Marquet « garde de Monseigneur de Sainct-Luc » est imposé à 1 sou (sbid. 2676); à Saumont la Poterie, en 1673, Arthur Brunet, « garde aux bois de Son Altesse Longueville », est coté pour 5 sous, mais il apparaît par le rôle cueilloir qu’il ne paye rien de son imposition (ibid.). A Saint-Loup-Hors, en 1663, Thomas de Bauny, noble dérogeant, est même taxé à néant (A. Mun. Bayeux, rôles de 1663). {
3. B. N. fr. 7771, f° 181 : « La paroisse, dit-il, évite des frais qui luy seroient plus préjudiciables que le désavantage de faire porter à ces gens aisés une pistolle de plus, ou peut-être deux, dont ils seroient chargés, d’où il suit que le recouvrement des impositions se fait plus aisément ». ke
4. « Les scribes employez à la confection des rolles sont sollicitez par beaucoup de cottisables pour estre soulagez en leur taux, ce qui leur est facile de permettre et d'exécuter impunément, attendu que le plus souvent les asséeurs collecteurs ne scavent lire ny escrire. » (M. C. 33, f° 288). L'intendant de Rouen, en 1676, défend aux greffiers de s’entremettre dans la confection des rôles, pour des motifs analogues (B. N. fr. 8761, f° 27).
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ennemis. On les désigne d'un terme générique, très fréquent : ce sont les cogs de paroisse *. « Dans chaque parroisse, écrit le conseiller d'Etat De la Marguerie en 1665, il y a tousjours quelque particulier plus riche, plus esclairé ou plus capable d’affaires que les autres; celuy-la s’en rend maistre, fait tout ce qui luy plaist dans la communauté, a quelque esleu pour amy, auquel il donne annuellement des marques de sa gratitude afin qu'il l'exempte des tailles et ses amis en vérifiant le rolle et choisissant quelques fois d'office des collecteurs à sa poste?, faict descharger par son credit ceux qu'il veut de la collecte des tailles, y en faict mettre comme il luy plaist, d’où vient l'insolvabilité et la ruine de la parroisse*. »
Colbert connaissait bien ces personnages, et attira plusieurs fois sur eux l'attention de ses subordonnés : Veillez, écrit-il à De Sève en 1672, « que les principaux habitans, que l'on appelle coqs de paroisses, ne soyent point soulagés aux dépens des pauvres“ ». Et l’année suivante, à Marillac : « Surtout,
l'intention de Sa Majesté est que vous donniez une entière .
application à empescher que les plus riches et ceux qu'on appelle coqs de paroisses se fassent imposer à peu de chose pour rejeter toute la charge sur les pauvres” ». Empèchez, dit-il encore dans une circulaire, que la Cour des aides ne casse vos taxes d'office, car ces arrêts « augmentent la hardiesse des coqs de paroisses, qui se déchargent de la taille par toute sorte de moyens, la rejettent sur les pauvres, et chargent toutes les communautés des frais qu'ils font dans la poursuite de ces arrests® ».
Jusqu'à la fin de son ministère, il se préoccupe de la question. Parmi les deux points « très importants » qu'il signale aux intendants le 28 mai 1681 se trouve le fait que « dans toutes les paroisses les principaux habitans et les riches trouvoient facilement moyen de se décharger des tailles et d'en surcharger les moyens et les pauvres habitans, et mesme que
1. « Coq, dit le Dictionnaire de Trévoux, signifie figurément un notable bour-
geois ou habitant d’une paroisse qui s’y est mis en autorité, qui gouverne tous -
les autres ». (Dictionnaire universel François et Latin, éd. 1704, art. Coq). L’éd. de 1771 a modifié cette définition : « Coq signifie figurément en style familier un notable bourgeois ou habitant d'une paroisse qui est distingué par son crédit, par ses richesses ». Le mot aurait-il perdu à la fin du xvir* siècle le sens péjoratif qu’il avait au début? En Peu le mot avait un sens particulier, | désignait les gens de loi qui habitent les villages et se font protéger par les juges locaux. (Girardeau de Noseroy, Histoire H dix ans, Besançon 1742, cité par Beaulieu, La Gabelle, p. 34, n. 3). L'expression se rencontre même dans des actes officiels; un arrêt du conseil du 27 novembre 1641 vise « les principaux et puissans appellés coqs de paroisses », (Néron t. II, p. 664).