À. N. GT
de 2430 000 1. à 2515000, sans que le nombre des contribuables ni leur fortune eussent notablement changé".
Les renseignements de cette nature étaient les moins imparfaits que le Conseil pût avoir pour fixer la quote-part d’une généralité. Mais ils étaient loin de suffire. D'abord, on peut se demander si l’intendant avait des éléments d'information suffisamment exacts et s1l prenait la peine de se renseigner avec précision avant d'écrire. Les chiffres ne doivent pas être pris en eux-mêmes, il faut les interpréter; une circonscription payant en moyenne 15 1. par feu pouvait n'être pas plus surchargée qu'une autre payant 10 L., si la première était en pays riche et la seconde en pays stérile. En second lieu, il fallait tenir compte des autres impôts, très inégaux suivant les provinces : il eût été injuste de faire payer autant de taille à une généralité de grande gabelle et à une généralité de petite gabelle; à une élection accablée par les logements de troupes et à une élection exempte de soldats. Enfin, les réclamations des intendants n'étaient pas toujours désintéressées : il était naturel qu'un administrateur cherchât à faire soulager sa circonscription pour se faire bien voir de ses administrés : Foucault se vante d'avoir fait accorder une diminution de 30000 I. de taille à la généralité de Caen en 1705 et une nouvelle réduction de 40 000 I. en mai 1706?. Les fréquentes plaintes de tous les intendants sur la surcharge de leur généralité par rapport aux voisines doivent nous mettre en éveil#. En 1679, Colbert réprimande l'intendant d'Auvergne à ce sujet : « Je vous vois, lui dit-il, un grand penchant, en toutes occasions, pour favoriser la province d'Auvergne, ce qui ne s'accorde pas du tout avec le service du roy“. » Nous avons du reste l’aveu de l’un d’entre eux : en 1732, Lallemant de Lévignen, intendant d'Alençon, écrit :
« Le conseil est prévenu que lorsque les intendants demandent des diminutions, c’est dans la vue de s’attirer la considération des provices confiées à leurs soins 5, »
LAUN. GT 492.