‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 379 sur 466 · L4S LA TAILLE EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

L4S LA TAILLE EN NORMANDIE

pleine de gens pour les tailles; il les consomme en frais et misères, et je ne sais si le roi en est mieux servi. C'est un enfileux de beaux mots que ce Lempereur. 11 est devenu extrêmement riche au métier qu'il fait et l'on s'en plaint fort dans le pays; nos collecteurs des tailles n’osent sortir d'ici et ils ont payé plus que la ville ne payait l'année passée. Il faut patience et miséricorde car il est impossible que les pauvres gens qui font leur argent denier à denier l’aient si fort fourni.»

La fortune amassée par ce malfaiteur était évaluée à 800 0001. La Chambre de Justice eut connaïssance de son cas, et fit instruire son procès. Le dossier, qui à été en partie conservé ?, nous détaille ses crimes. Tous ses comptes étaient falsifiés ; 1l avait détruit ses registres de 1637 à 1644, vraisemblablement pour cacher ses irrégularités ; pour les années suivantes, 1l avait deux comptabilités différentes, présentant, pour une seule année, un écart de chiffres de 21 000 I. Un seul de ses livres était paraphé, et il l'était par le sieur Aubery, « son ancien serviteur domestique et son sergent », devenu président en l'Élection. Il avait pu ainsi commettre toutes les exactions sans qu'il en parût rien sur ses comptes : une paroisse redevable de 44 1. est portée comme redevable de 144; une autre marquée pour 400 I. ne doit que 4 L., une autre, «en reste de 17 sols seulement » est portée en reprise pour 2 300 I. 10 s. Il réclame 56116 L. aux paroisses de son élection pour leurs restes de taille de 1637 à 1646, alors que, d'un autre de ses comptes, il ressort qu'elles redoivent seulement 1985 L., lesquelles il a données à ses huissiers en paiement de leurs gages, à charge de les percevoir comme ils l’entendraient. Il a fait emprisonner les collecteurs d'Hérouville faute de paiement de sommes remises par le roi; le Bureau des finances, saisi d'une plainte, a fait élargir les prisonniers et ordonné la restitution du tropperçu, mais Hallot n’a jamais rien rendu. Maintes fois 1l a exigé des contribuables plus que leur dû : « ce desordre estant si ordinaire dans sa conduite, il seroit... ennuyeux d'en vouloir rapporter tous les exemples », dit l'accusation; en 1640, après avoir exigé de la paroisse d'Ecos 1! 140 I. en sus de son impôt, « il ne laissa pas encore d'employer la mesme paroisse en reprise dans son compte pour la somme de 678 1. 14 s. ». Il a inventé des droits pour les percevoir à son profit, prélevé pour lui les 6 deniers par livre attribués aux collecteurs, omis d'inscrire maintes recettes sur ses livres; enfin « il paroist par ses

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