Mémoire de Méliand, 26 janvier 1679, A. N. G
9, Même pratique est signalée dans le Recueil d'Orsay. Habituellement les huissiers « n’ont qu’un records qui leur sert ordinairement pour aller advertir les dits collecteurs des parroisses de venir trouver l'huissier au lieu marqué, qui bien souvent est dans un cabaret ou maison de quelque coq de parréisse qui sert de gardien ordinairement des biens simulez saisis, auquel lieu les dits collecteurs le vont trouver pour faire de concert la saisie de leurs biens et même la vente, dont ils laissent les dattes en blanc, pour les ajuster ainsi qu'ils jugeront à propos, en sorte qu'il y en ait pour chacun jour ». (B. N. fr. 11096, f° 20.)
de l’eslection, ilz m'on assuré qu'ils ne pouvoient me dire ce qu'il leur en cousteroit, parce que la plus grande partie des diligences n’estoient pes encore taxées, a ce qu'on leur avoit dit, quoyque quelques-unes des dites parroisses eussent entierement acquité l’imposition, et mesme ilz m'ont adjousté qu'ils payoient ce qu'on leur demandoit, sans sçavoir seulement si les diligences avoient esté faites ». La vérification par les élus est inutile, car « comme les huissiers ne laissent aucune coppie, et que les receveurs ne rendent point aux collecteurs les originaux des procez-verbaux taxez, ils sont maistres de leur faire payer ce qu'’ii leur plaist ».
Dans l'élection de Mortagne,
«il n'y a pas plus d'ordre pour les frais que... dans celle d'Alençon, a l'exception que les commis a la recepte ont des registres de frais paraphez, mais j'ay connu par la visite que Jay faite dans le greffe que, comme les frais ne sont taxez que rarement, il en est deu par beaucoup de collecteurs qui ont acquitté l'imposition, et que par les suites les commisles ont donnez en payement aux quatre huissiers qu'ils employent, de mesme que quelques restes deubz par les parroisses, ce qui a donné lieu a bien des vexations, et mesme a des procez qui m'en ont fait avoir la connoissance. Enfin les collecteurs, que j'ay quazy tous entendus, se plaignent fort des grands frais qu'on leur fait, dont ilz ne peuvent justifier. »
Dans l'élection de Verneuil,
« Les frais sont taxez... comme dans les autres [eslections], c’està-dire fort loin à loin, par un seul officier, et les collecteurs m'ont de mesme assuré qu'ilz payent ce qu’on leur demande, sans sçavoir s'ils doivent ou non. »
Dans celle de Conches,
« les huissiers exécutent sur la mesme contrainte pendant tout le recouvrement et ne font taxer les frais que rarement par un des officiers, et au surplus ils suivent le mauvais usage des huissiers des autres eslections !. »
Après Colbert, on trouve les mêmes pratiques. On lit dans le Recueil d'Orsay :
« Ilse fait beaucoup de friponneries et exactions par les huissiers et porteurs de contraintes contre les collecteurs... Quel est le procureur du roy ou receveur d’une élection qui fera faire le procès à tant de gens et qui les suivra a la Cour des aydes? Pour une preuve que ce n'est pas facile, c'est que jusqu'a présent on n’en a pas veu d'exemple. Comme les taxes des dits frais se font differement, et que meme les huissiers ou sergens employez au recouvrement des tailles font leurs diligences chacun a leur fantaisie, ou plutôt a celle des receveurs, ne