‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 432 sur 466 · Let. du 13 août 1664, M. CG. 123, f · texte numérisé non relu

Let. du 13 août 1664, M. CG. 123, f

En même temps qu'on travaillait à la liquidation du passé, on améliorait la perception du courant. Chaque année de nouvelles réformes étaient accomplies, les contribuables étaient enrichis et l'impôt diminué. Dans le préambule des commissions des tailles pour 1664, le roi disait :

« La paix dont par la grâce de Dieu nous jouissons présentement nous donnant le temps de nous occupper à la réformation des abus que la licence de la guerre avoit causé au préjudice de nos sujets, notre principalle pensée est de travailler à leur soulagement. C’est pourquoy après leur avoir accordé la remise des restes des tailles de dix années et des diminutions considérables sur les trois années dernières, nous voulons encore leur augmenter nos graces pour la prochaine, en telle sorte que par cela il y aura lieu d'espérer que les contribuables aux dites tailles ressentiront un soulagement sensible, pourvu que le régallement en soit fait avec soing en faveur des paroisses qui ont été sans protection. Aussy est-il raisonnable que les dits contribuables satisfassent au payement des sommes auxquelles ils seront imposezt. »

Colbert commentait ce texte dans une circulaire aux intendants du 20 août 1663 : « La diminution ne vous paroistra peut-être pas fort considérable, [mais] il sera bon de remarquer qu'elle a esté si grande les années dernières, que la taille est presque diminuée d’un tiers, et que la partie employée pour le remboursement des esleus tournera au soulagement des peuples... de sorte que, par ces deux raisons, il y a lieu d'espérer que les impositions estans bien faites, les peuples les acquitteront avec facilité ? ».

L'année suivante, les commissions des tailles vantent encore les réformes entreprises, et les diminutions d'impôt accordées :

« Encore qu'après.la paix nous nous soyons trouvé chargé de beaucoup de despences, nous avons néanmoins diminué nos tailles de notables sommes capables de soulager les contribuables, mais à nostre grand regret ils ne s’en sont pas ressentis au point que nous l’aurions souhaité à cause de la disette des bledz et autres fruicts arrivée es années 4660 et 1661 et des maladies qui ont fait mourir quantité des dits contribuables. C’est ce qui nous a fait resoudre d'accorder encore quelques diminucions d’une année à autre selon que l’estat de nos affaires le pourra permettre, désirant avec passion (après la refformation des abus de nos finances) de rétablir le commerce et les manuffactures dans nostre royaume, de telle sorte que les marchands et artisans

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