Ci-dessus, p
à la recette des tailles de Gisors, « comme le plus proche bureau de recepte‘ ». Mais elle ne cessait pas pour cela de relever de la cour des aides de Paris, devant laquelle était interjeté appel des sentences des élus. L’édit de mars 1451 autorisant les élus à détacher de leur siège principal quelques-uns d’entre eux pour administrer les circonscriptions trop éloignées, un de ces « commis » ou élu particulier, comme on dira plus tard, fut mis à Pontoise?, En janvier 1648, le besoin d'argent fit transformer cette élection particulière en élection « en chef? », et elle fut adjointe à la généralité de Paris; puis, sur les plaintes des Normands, cet édit fut rapporté, et le Vexin français demeura rattaché à la Normandie. Ce fut alors aux habitants à n'être pas satisfaits : en 1654, ils demandèrent à être « maintenus en leur droit et privilège de l’exemption de la juridiction de Normandie », donnant pour motif principal que si on les laissait en l'état, ils « se trouveroient assujettis, au préjudice de leurs droictz et privileges, et contre leur inclination, à des juges: estrangers, officiers de Normandie, de la dépendance desquels ils se sont toujours exemptés jusqu'à présent; et il est indubitable que dans l'antipathie qu'il y a entre les uns et les autres, 1l ne naistroit de ce meslange qu'un continuel trouble et désordre dans la justice, une infinité de procès et differendz ». Ils sont appuyés dans leur demande par la sœur du chancelier Séguier, la Mère Jeanne, prieure des Carmélites de Pontoise. et il est fait droit à leur requête. Un édit de décembre 1654 établit enfin l'élection de Pontoise en la rattachant, comme en 1648, à la généralité de Paris. Les Etats de Normandie ne manquèrent pas de renouveler leurs protestations en 1655 en donnant pour motif cet argument singulier que la généralité
1. Préambule de l'édit de janvier 1648 (B. N. fr. 18 479, f° 144). Cf. Voysin, Mémoire sur la généralité de Rouen, p. 8 et 153,
2. Au cours du xvi° siècle, les élus de Gisors qui, comme tous les autres officiers, avaient tendance à multiplier les affaires appelées devant leur juridiction, avaient attiré à eux les procès de l'élection particulière de Pontoise, de sorte que la sentence étant rendue à Gisors et non plus à Pontoise, l'appel devait être normalement porté devant la cour des aides de Rouen. C'était un double inconvénient pour les contribuables du Vexin francais : d’une part, il leur fallait parcourir 9 lieues pour aller plaider à Gisors: d'autre part, ils se méfiaient de la cour des aides de Rouen, dont ils craignaient l'hostilité parce qu'ils ne faisaient pas partie de la Normandie, C’est pourquoi, en 1579, ils demandèrent à former une élection à part; les états de Normandie protestèrent et la demande n'eut pas de suites.
3. Faite des 43 paroisses composant l'ancienne Châtellenie de Pontoise, paroisses prises à Chaumont, et 28 prises aux élections voisines de la généralité de Paris (14 à l'élection de Paris, 4 à Beauvais, 5 à Senlis et 5 à Mantes), au total 75 paroisses, De Beaurepaire, Cahiers, règne de Henri III, Pp67
k. Voir le texte de l'édit de janvier 1648 (B. N. fr. 18 479, £ 144, papiers de Séguier).
5. Kerviler, Le chancelier Séguier, 2 64., p- 177. Voir le placet : B. N. fr. 18 &79, f°Ma5:
6. C. d. T. I, 445 et suiv. Cf, ci-dessous, P. 91 sur les privilèges obtenus par la ville à la même occasion,