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de Rouen éprouvait de ce fait une surcharge accablante, comme si l’on n'avait pas dû réduire en conséquence son chiffre d'impôt‘. L'élection fut donc, pour ces raisons ou pour d’autres, supprimée, par une déclaration d'août 1661?; l'élu particulier, détaché du siège de Gisors, y fut rétabli, et le pays continua à dépendre de la cour des aides de Paris.
À la suite de toutes ces opérations, le nombre des élections et de leurs officiers était devenu excessif. Après la paix des Pyrénées, le gouvernement résolut d'en supprimer quelquesunes. Un édit d'août 1661 supprima toutes celles qui avaient été créées depuis 1630, excepté celle de Mayenne. En Normandie, l'élection de Saint Lô était seule dans ce cas; les paroisses dont elle était composée furent restituées aux élections dont elles dépendaient avant 1639. Mais la mesure n'eut pas pour résultat de soulager sensiblement les contribuables, comme le roi l'annonçait, car le remboursement des officiers fut laissé à leur charge; pendant quatre ans, on leva chaque année en sus de la taille la somme nécessaire pour y pourvoir, soit de 40 à 60 000 L.*.
Cette modification fut la seule que Colbert apporta dans Îles élections de la province. Ou peut compter parmi ses grandes réformes,. avec l’abandon des créations d'offices, la stabilité introduite dans toutes les circonscriptions administratives *.
Le tableau suivant donne le nombre des paroisses dont chaque élection était composée en 1677* :
1. Sans doute les élats avaient pour eux d’autres raisons qu'ils n’osaient pas dire, parmi lesquelles la diminution du ressort de la cour des aides, et par conséquent la réduction du nombre des procès appelés devant la cour.
2. Elle ne reparaîtra plus pendaut le ministère de Colbert, mais lorsqu'on battra à nouveau monnaie avec des ventes d’offices, on la rétablira par édit de mars 1691 (Xègl. de Normandie, p. 285). Voir aussi la déclaration du 14 avril 1691 portant échange de paroisses entre les élections de Pontoise et de Paris, dans le deém. alphab. p. 520. Les plaintes des Etats et la promesse de suppression du roi se trouvent dans de Beaurepaire, Cahiers, règnes de Louis XIII et de Louis XIV, Supplément, p. 6.
3. Arrêts du conseil des 9 août 1663, 3 mai 4664, 7 juin 1665, et état de remboursement aux officiers de l'élection (A. D. Galv. bureau des finances, registres de commissions des tailles de 1661 à 1672, f° 364 et 400). L'élection demeurera supprimée pendant toute l’époque de Colbert, mais, comme celle de Pontoise, elle sera rétablie en mars 1691. C’est l'intendant Foucault qui proposa ce rétablissement (Mémoires, p. 270). Dans le préambule de l'édit, le roi déclare vouloir remédier à « l’incommodité » que souffraient les habitants « de l'éloignement des villes de Bayeux, Coutances et Carentan où sont les sièges de leurs élections », et céder aux sollicitations des habitants eux-mêmes (Règlements de Normandie, p. 580). Mais la préoccupation de se procurer de l'argent par les ventes d’offices ne fut certainement pas étrangère à ce rétablissement. à
4. Il y eut cependant quelques exceptions, mais hors de Normandie. Ainsi, en 1673, il rétablit les élections de Thiers et de Salers sur la proposilion de l’intendant de Clermont, qui fait valoir surtout l’argent que rapportera celle « affaire extraordinaire » (Clairamb. 795, p. 245), En mars 1667, il supprime l'élection de Franc-alleu, qui était trop petite, ne comprenant que 30 paroisses (CG. d. T. IL, 22).
5. D'après les registres déjà cités des Cinq-Gents Colbert, 259 et 260.
Gêénéralité de Rouen !,
Paroisses.
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Généralité de Caen 2.
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Généralité d'Alençon 3.
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Ce tableau montre qu'il existait une grande inégalité entre les élections : Ârques est quatre fois et demie plus grande
1. Cf. d'autres chiffres de paroisses un peu différents, dans mon éd. du Mémoire de Voysin de la Noiraye, p. 129. Dans le même ouvrage j'ai publié la liste des paroisses de chaque élection en 1665 (p. 164-182). Des listes analogues, mais se rapportant au xvin® siècle, se trouvent dans Duplessis, Description de la Haute-Normandie, à l'article de chaque élection. V, aussi B. N. fr., 14 089, fol, 228; 4 286, fol. 26, et 11 385, et l'atlns de La Mothe, 1683 (tbid., cartes géographiques, GeDD, 2 023).
2. Cf. d'autres listes : B. N. mss. fr., 22 613 (état dressé pour Dangeau en 1668), T4 089 (pour 1690), et 11 385 (pour 1713).
3. Of. d’autres listes : À, Nat. G7 71 (1° sept. 1683), B. N. fr., 14 089 (pour 1690), et 11385 (pour 1713).
Les mémoires des intendants en 1698 donnent également de ces chiffres de paroisses pour les trois généralités, Voir aussi les listes de Saugrain, Nouveau dénombrement du royaume, 1709, empruntées aux rôles de taille,
que Lyons, six fois plus grande que Domfront; un pays pauvre et peu peuplé n'a que la petite élection de Mortain; le riche pays de Caux a par contre les grandes élections d’Arques et de Caudebec. La même circonscription, Caen ou Vire par exemple, embrasse des terroirs très différents. Certaines paroisses sont très éloignées du chef-lieu et communiquent difficilement avec lui, tandis que d’autres chefs-lieux sont plus voisins et d'accès plus commode. Enfin, les frontières entre élections sont indécises, certaines paroisses formant enclaves, Colbert avec son amour de l’ordre, fut frappé de ces défauts et voulut y remédier. Il forma le projet de refondre les élections et les greniers à sel, en les « composant... des paroisses plus proches ».
À son habitude, il procéda par enquête préalable; dans sa rande circulaire de mars 1664, il demanda aux intendants l’état de leurs circonscriptions, « le nombre véritable des villes, bourgs et paroisses dont chacune... est composée? »; en août 1665, il leur fit dresser un tableau des paroisses par élections, avec leurs impositions®; ce tableau fut à nouveau dressé en 1677“. Toutes les irrégularités lui sont signalées ÿ.
Il entreprit parallèlement un grand travail cartographique, qui avait pour premier et principal objet de reconnaître sur le terrain les limites de ces circonscriptions, avant de les modifier. Sa circulaire du 20 juillet 1679, dont le texte nous est perdu, donnait la direction du travail aux intendants; des géographes furent mis en campagne dans toutes les généralités. Leur besogne était ardue : aux instruments imparfaits, aux mauvais chemins, à l’inexpérience des graveurs, s’ajoutait la difficulté d’avoir des renseignements exacts. L'un d'eux, le P. Lubin, écrit en 1678 qu'ils sont souvent trompés « à dessein » par des gens qui « ne veulent pas que leur village ou château soit sur la carte, afin d'éviter les logemens des gens
1. Clém., VH, p. 265. Ce projet était très ancien : l'ordonnance d’août 1452 prescrivait déjà d'établir les sièges des élections « de cinq en cinq lieues près l’un de l’autre, affin que nos dits subjects peussent plus aisément venir et retourner en leurs maisons en ung mesme jour ». Elle avait été reprise par les lettres patentes du 8 août 1573 (De Beaurepaire, Cahiers, règne de Charles IX, p. 305-306). Le P. Lubin écrit en 1678 dans son Mercure géographique : « On nous promet depuis fort longtemps des cartes de la France divisées par élections » (p. 388).