‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 93 sur 466 · I. — LES PAROISSES · texte numérisé non relu

I. — LES PAROISSES

La distribution de la taille entre les paroisses ‘ de chaque élection forme le troisième degré de la répartition. L'opération est habituellement désignée sous le nom de « département »?. Ce degré ne peut pas être évité : « Personne ne peut estre distrait ni se distraire de sa paroisse pour payer à part et séparément la taille et autres charges ». dit Lebret*?. C’est pourquoi on employe communément la maxime : « Les tailles suivent les clochers “ ».

La paroisse est bien antérieure à l'établissement des impôts royaux; C'est une circonscription d’origine ecclésiastique *; elle consiste essentiellement dans la portion de territoire confiée à un curé. L'administration royale avait adopté ce cadre, de même

1. La paroisse n’est pas simplement un groupe d'habitations; le mot a un sens plus précis : il y a des groupes d'habitations (bourg, ville) qui comprennent plusieurs paroisses, inversement plusieurs groupes peuvent ne former qu’une paroisse. Le président Labarre distingue formellement les termes village et paroisse : il est défendu aux élus, dit-il, « de ne faire leurs assiettes par les hameaux ou villages, ains par les parroisses pour obvier aux fraiz et regarder au soulagement du peuple ». (Formulaire, p. 9.) Elle n’est pas partout usitée pour la répartition de la taille; l’intendant d'Amiens, dans son mémoire de 1698, observe qu’en Artois le terme paroisse est employé uniquement dans le sens ecclésiastique, et que politiquement on se sert du mot de communauté. (Boulainvilliers, Etat de la France, éd. in-f°, 1727, t. I, p. 105.)

2. « Ce qu'on appelle département est l’acte par lequel on impose chaque paroisse ou communauté. » (Remontrances de la Cour des aides de Paris, 6 mai 1775, dans Auger, Mémoires sur le droit public, p. 659.)

3. Dix-huitième action, 1596, dans ses Œuvres, p. 482. Cependant les taxes d’office, on le verra plus bas, étaient une dérogation à cette règle.

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